83. REMONTEE VERS LES MARQUISES

Le temps passe vite en voyage, et nous nous sommes retrouvés début Novembre (après le départ de nos amis Alain et Martine) en pleine psychose. Cette année est une année El Niño et les prévisionnistes de Météo France annoncent 90% de « chance » d’avoir un cyclone sur Tahiti !! Cela ne laisse pas beaucoup de marge ! Il n’y a plus de corde dans les magasins : partout les gens attachent leur toit !

Donc très courageusementJ, nous décidons de partir vers les Marquises qui sont hors zone cyclonique. Je savais que le trajet serait pénible (je n’ai pas été déçue) mais nous étions motivés (en plus d’échapper aux Pb) par le plaisir de retrouver les Marquises et celui de pouvoir assister au festival des arts marquisiens.

Notre première étape Tahiti- Fakarava est assez facile. La météo avait prévu des calmes sur la moitié du trajet, mais nous avons du vent très vite et avons fait la route sur un seul bord, trois quatre avant. Du coup nous sommes beaucoup plus rapides que prévu et traversons la passe de Faka nord de nuit. Cette passe nous a posé des Pb à chaque passage, alors là de nuit …. On est dans le « fait noir » comme on dit à la Réunion, on serre les fesses, on se fait chahuter mais Ylang passe …ouf, on jette l’ancre une heure plus tard avec beaucoup de soulagement.

Nous retrouvons Fakarava beaucoup plus calme que nous l’avons connu (les bateaux ne font que passer) mais toujours avec cette couleur d’eau que j’aime tant.

Nous ne voulons pas trop trainer sur les Tuamotu qui sont encore en zone cyclonique. Mais malheureusement, un vent nord, nord-est assez fort nous empêche de faire la route directe sur les Marquises. Nous décidons de gagner du terrain par petit bonds.

Première étape Fakarava sud

La traversée de l’atoll se fait avec des vents à 25-30 nœuds.

Nous sommes seuls au mouillage devant les sables roses alors que lors de notre premier passage nous étions plus d’une vingtaine de bateaux !

Les couleurs sont toujours aussi magnifiques.

 

Mais nous ne restons pas, nous profitons d’un moment où le vent bascule Est pour remonter vers l’atoll de Kauehi.

Nous jetons l’ancre vers 17h devant l’église…c’est beau et calme.

Le lendemain, une petite visite à terre s’impose. Les maisons sont très simples, on sent que l’île n’est pas riche. La mairie date de 1884…un vrai monument historique!

Il y a quelques voitures (monuments historiques aussi ?), mais ils ne doivent pas connaitre le contrôle technique J

Ce qui nous frappe très vite, c’est l’extrême gentillesse des gens, il y a beaucoup de chaleur dans leur sourire et leurs bonjours.

Nous allons à la boutique, assez grande de l’extérieur. A l’intérieur, je suis impressionnée par… le vide !

Je bredouille à la dame qui me sourit : vous avez du pain ? Persuadée que non. Elle, toute fière m’ouvre un congélateur et en extrait une baguette qui semblait être là depuis plusieurs saisons !

Son mari la rejoint. Il se présente comme le maire de la commune, et nous engageons la conversation. Oui nous sommes sur le bateau qui est arrivé hier (nous sommes 2 au mouillage et le couple du deuxième bateau vit là à l’année, ils ne peuvent pas nous raterJ), nous venons de France, un long voyage…

De notre coté, nous demandons si il y a moyen de louer des vélos pour visiter l’atoll. Il n’y a pas de loueur de vélos (pas de touristes non plus je crois). Mais Mr le maire se propose de nous prêter le sien, celui de sa femme et pour le 3ieme il empruntera celui de son neveu pas de Pb ! Le rdv est pris pour le lendemain matin. Mais avant de partir, Mr le maire nous offre 2 beaux poissons, qui feront notre repas du midi. Ils n’ont pas grand-chose, mais que de gentillesse !

L’après midi nous faisons un petit tour en annexe…un décor de carte postale.

Il y a des bébés requins qui chassent dans 1m d’eau. Il semble que rien de vraiment méchant ne peut atteindre ce petit paradis.

 

Le lendemain nous échangeons les vélos promis contre des gâteaux au chocolat.

Le mien n’a plus de pédale droite. Mon pied glisse…je finis par bricoler une pseudo pédale avec une canette de coca abandonnée ! C’est Adrien qui fera le retour avec une noix de coco…Ah l’aventure !!

 

 

 

Nous irons jusqu’à l’aéroport sur la seule route de l’atoll.

 

Il fait très trés chaud, Il y a 9 km jusqu’à l’aéroport de faux plat…dur dur.

Nous sommes rejoins par Mr le Maire et un copain à lui, au moment où nous passons devant une ferme perlière. Il nous arrête, va nous chercher des cocos nous les ouvre pour que nous puissions boire l’eau…ouf ça fait du bien. Nous nous mettons à l’ombre et nous faisons un peu plus connaissance. L’île compte 267 habitants. Avant l’atoll était riche, il y a eu jusqu’à 51 fermes perlières ! Mr le maire possède la dernière en activité (devant laquelle nous nous sommes arrêtés) son « paradise ».

Lui a grandit à Tahiti et est venu sur l’atoll car à l’époque il y avait du travail avec les perles. Mais la trop grande concurrence a fait chuter les prix et les fermes ont été obligées de fermer petit à petit. Du coup il a récupéré les bouées des autres fermes et a décoré les cocotiers de sa ferme façon arbre de Noël. Sa ferme et la cocoteraie qui l’entoure sont bien entretenues et décorées avec les moyens du bord : bouées et coquilles d’huitres. Effet garantie (Désolée je n’ai pas de photo j’avais oublié de recharger l’appareilL).

L’atoll peu visité est retourné à une douce léthargie (l’aéroport voit passer un vol par semaine et il n’y a qu’une pension de famille !)

L’atoll de Kauehi reste réputé pour la qualité de du naissain utilisé pour la culture des perles noires.

Malheureusement, nous ne pouvons pas trainer dans cet atoll attachant, nous reprenons notre route dès le lendemain direction Makemo.

Le vent est toujours de nord-est avec de la houle. Le trajet se fait péniblement contre le vent, essentiellement au moteur. La stratégie est de passer sous le vent des 2 atolls pour avancer à l’abri de la houle.

 

 

Nous avions repéré une petite passe à l’ouest de Katiu et nous avons décidé d’y passer la nuit. Cette passe est située à l’opposé de la passe principale et du village. Nous sommes étonnés d’y trouver des pièges à poissons et des installations.

Le lendemain nous repartons toujours au moteur vers la passe de Makemo.

La passe est très belle, sauvage.

 

Le courant est puissant mais la passe est large et nous la passons sans Pb.

 

 

 

Makemo est un atoll qui est très long (33milles) et nous mouillons la première nuit dans un endroit désert bordé d’une jolie plage de corail.

Dès le lendemain, nous repartons pour « Makemo ville » au bord de la seconde passe, toujours au moteur face au vent, des averses en prime.

 

A notre arrivée il y a 3 bateaux au quai, le vent et la mer sont assez forts, nous préférons mouiller que de tenter la confrontation avec un quai en béton.

 

 

 

A peine arrivés le Stella Maris, bateau ravitailleur pointe son étrave. Nous sommes aux premières loges.

Ils sont complètement autonomes pour la manœuvre. A l’approche du quai, ils mettent à l’eau une barge, qui portera les amarres à quai.

 

Ensuite la barge aide le propulseur d’étrave en poussant latéralement le bateau, qui se met à quai en douceur.

 

Mais le plus impressionnant est à son départ et la gite que prend le cargo le temps de remonter sa barge.

 

 

 

Nous resterons une semaine à Makemo coincé par un vent Nord est de plus de 20 nœuds. Nous avons donc eu le temps de se balader.

Le premier jour, je me précipite à la superette à la recherche de carottes. La vendeuse me conseille d’aller directement au bateau Stella Maris. Le bateau passe toutes les 3 semaines et les marins en plus de livrer les marchandises, vendent des fruits et légumes. On y retrouve la moitié du village.

Les produits ne sont pas toujours de bonne qualité et assez chers mais faute de mieux…difficile pour les locaux de respecter la règle des 5 fruits et légumes par jour.

Par contre nous trouvons une boulangerie ! (j’en avais pas vu depuis longtemps) et même si elle ressemble plus à une épicerie qu’une boulangerie telle que nous les connaissons, nous aurons notre baguette fraiche tous les jours.

 

 

Autre surprise est que Makemo possède un collège et une école flambant neuve.

Du coup l’ambiance de l’atoll est assez jeune.

Tous les soirs en face du bateau, sous un préau éclairé des équipes de jeunes jouent au foot en salle, ou dansent avec des cris et des rires.

Un peu plus loin dans un champ nous tombons face à 4 éoliennes échouées.

Nous avons une impression de gâchis.

On discute un peu avec une dame de la mairie : c’est très difficile de faire aboutir des projets, devant les embrouilles administratives, mais ils s’accrochent….entre modernité et austérité.

Makemo a un phare très photogénique.

 

 

Au bout d’une semaine, le temps s’améliore, nous partons en même temps que les 3 autres bateaux direction les Marquises.

 

 

 

La remontée qui dure 3 jours et demi se fait au prés, sous les grains. Martial a compté un jour 25 grains !! cela veut dire : on roule le génois, on descends un ris dans la GV, on subit le vent (jusqu’à 40 nœuds !) la pluie, le manque de visibilité, puis cela se calme, on renvoi la toile et on recommence…

 

à la fin Martial manœuvrait tout seul, bien rodé. Je pense que c’est le trajet le plus pénible que nous ayons fait depuis la Méditerranée!

Le seul coté sympa de cette navigation est que nous avons fait la route en parallèle avec le bateau Funambule avec qui nous avons eu des échanges par VHF, et du coup on a sympathisé.

Evidemment, Ylang étant durement sollicité nous avons eu des casses matérielles heureusement pas trop importantes.

Un matin une manille qui tient la poulie d’écoute de Grand voile se casse ! Heureusement nous en avons une de rechange et le transfert se passe bien.

Nous casserons aussi la latte de la corne de la Grand voile. Il sera impossible d’en trouver une aux Marquises évidemment et Martial devra inventer un système ingénieux pour que l’on puisse l’utiliser.

La dernière soirée, le vent et la houle se calment

 

Nous arrivons vers 23h30 à Tahuata accompagnés par une bande de joyeux dauphins.

La mer est calme, un clair de lune nous permet d’apercevoir l’île verdoyante et montagneuse, et nous sommes accueillis par une odeur sucrée de fruits…même de nuit, les Marquises c’est magique et surtout nous sommes soulagés d’être arrivés.

Le lendemain, nous découvrons le petit village de Vaitahu.

 

Dans ma recherche (éternelle) de fruits, nous mettons pieds à terre le lendemain.

 

On nous indique une maison en haut du village qui accepte de nous vendre des fruits. L’homme, nous ballade dans son jardin et nous cueille un plein panier de fruits : pamplemousses, oranges, mangues, avocats, cocos…

Il essaye de négocier du whisky, mais devant notre refus (nous n’en avons pas) il nous fait payer une somme symbolique. Une fois les « affaires » terminées, il nous offre une coco qui nous désaltère et surtout nous nous asseyons et discutons : les enfants, l’évolution de la vie aux Marquises, le festival à venir…une belle rencontre.

En redescendant au bord de mer, nous tombons devant cette stèle.

 

L’île de Tahuata me surprends, elle est différente des autres îles des Marquises. Elle possède de belles plages de sable blanc avec un petit air de ressemblance avec les Tuamotus !

 

Quand à la face nord, elle conserve ses plages mais perds sa végétation…un petit air d’Irlande ?

Nous reviendrons sur cette île que nous avons fait qu’effleurer, mais pour l’instant nous avons RDV avec le festival des arts marquisiens et nous partons pour Hiva Oa.

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