83. REMONTEE VERS LES MARQUISES

Le temps passe vite en voyage, et nous nous sommes retrouvés début Novembre (après le départ de nos amis Alain et Martine) en pleine psychose. Cette année est une année El Niño et les prévisionnistes de Météo France annoncent 90% de « chance » d’avoir un cyclone sur Tahiti !! Cela ne laisse pas beaucoup de marge ! Il n’y a plus de corde dans les magasins : partout les gens attachent leur toit !

Donc très courageusementJ, nous décidons de partir vers les Marquises qui sont hors zone cyclonique. Je savais que le trajet serait pénible (je n’ai pas été déçue) mais nous étions motivés (en plus d’échapper aux Pb) par le plaisir de retrouver les Marquises et celui de pouvoir assister au festival des arts marquisiens.

Notre première étape Tahiti- Fakarava est assez facile. La météo avait prévu des calmes sur la moitié du trajet, mais nous avons du vent très vite et avons fait la route sur un seul bord, trois quatre avant. Du coup nous sommes beaucoup plus rapides que prévu et traversons la passe de Faka nord de nuit. Cette passe nous a posé des Pb à chaque passage, alors là de nuit …. On est dans le « fait noir » comme on dit à la Réunion, on serre les fesses, on se fait chahuter mais Ylang passe …ouf, on jette l’ancre une heure plus tard avec beaucoup de soulagement.

Nous retrouvons Fakarava beaucoup plus calme que nous l’avons connu (les bateaux ne font que passer) mais toujours avec cette couleur d’eau que j’aime tant.

Nous ne voulons pas trop trainer sur les Tuamotu qui sont encore en zone cyclonique. Mais malheureusement, un vent nord, nord-est assez fort nous empêche de faire la route directe sur les Marquises. Nous décidons de gagner du terrain par petit bonds.

Première étape Fakarava sud

La traversée de l’atoll se fait avec des vents à 25-30 nœuds.

Nous sommes seuls au mouillage devant les sables roses alors que lors de notre premier passage nous étions plus d’une vingtaine de bateaux !

Les couleurs sont toujours aussi magnifiques.

 

Mais nous ne restons pas, nous profitons d’un moment où le vent bascule Est pour remonter vers l’atoll de Kauehi.

Nous jetons l’ancre vers 17h devant l’église…c’est beau et calme.

Le lendemain, une petite visite à terre s’impose. Les maisons sont très simples, on sent que l’île n’est pas riche. La mairie date de 1884…un vrai monument historique!

Il y a quelques voitures (monuments historiques aussi ?), mais ils ne doivent pas connaitre le contrôle technique J

Ce qui nous frappe très vite, c’est l’extrême gentillesse des gens, il y a beaucoup de chaleur dans leur sourire et leurs bonjours.

Nous allons à la boutique, assez grande de l’extérieur. A l’intérieur, je suis impressionnée par… le vide !

Je bredouille à la dame qui me sourit : vous avez du pain ? Persuadée que non. Elle, toute fière m’ouvre un congélateur et en extrait une baguette qui semblait être là depuis plusieurs saisons !

Son mari la rejoint. Il se présente comme le maire de la commune, et nous engageons la conversation. Oui nous sommes sur le bateau qui est arrivé hier (nous sommes 2 au mouillage et le couple du deuxième bateau vit là à l’année, ils ne peuvent pas nous raterJ), nous venons de France, un long voyage…

De notre coté, nous demandons si il y a moyen de louer des vélos pour visiter l’atoll. Il n’y a pas de loueur de vélos (pas de touristes non plus je crois). Mais Mr le maire se propose de nous prêter le sien, celui de sa femme et pour le 3ieme il empruntera celui de son neveu pas de Pb ! Le rdv est pris pour le lendemain matin. Mais avant de partir, Mr le maire nous offre 2 beaux poissons, qui feront notre repas du midi. Ils n’ont pas grand-chose, mais que de gentillesse !

L’après midi nous faisons un petit tour en annexe…un décor de carte postale.

Il y a des bébés requins qui chassent dans 1m d’eau. Il semble que rien de vraiment méchant ne peut atteindre ce petit paradis.

 

Le lendemain nous échangeons les vélos promis contre des gâteaux au chocolat.

Le mien n’a plus de pédale droite. Mon pied glisse…je finis par bricoler une pseudo pédale avec une canette de coca abandonnée ! C’est Adrien qui fera le retour avec une noix de coco…Ah l’aventure !!

 

 

 

Nous irons jusqu’à l’aéroport sur la seule route de l’atoll.

 

Il fait très trés chaud, Il y a 9 km jusqu’à l’aéroport de faux plat…dur dur.

Nous sommes rejoins par Mr le Maire et un copain à lui, au moment où nous passons devant une ferme perlière. Il nous arrête, va nous chercher des cocos nous les ouvre pour que nous puissions boire l’eau…ouf ça fait du bien. Nous nous mettons à l’ombre et nous faisons un peu plus connaissance. L’île compte 267 habitants. Avant l’atoll était riche, il y a eu jusqu’à 51 fermes perlières ! Mr le maire possède la dernière en activité (devant laquelle nous nous sommes arrêtés) son « paradise ».

Lui a grandit à Tahiti et est venu sur l’atoll car à l’époque il y avait du travail avec les perles. Mais la trop grande concurrence a fait chuter les prix et les fermes ont été obligées de fermer petit à petit. Du coup il a récupéré les bouées des autres fermes et a décoré les cocotiers de sa ferme façon arbre de Noël. Sa ferme et la cocoteraie qui l’entoure sont bien entretenues et décorées avec les moyens du bord : bouées et coquilles d’huitres. Effet garantie (Désolée je n’ai pas de photo j’avais oublié de recharger l’appareilL).

L’atoll peu visité est retourné à une douce léthargie (l’aéroport voit passer un vol par semaine et il n’y a qu’une pension de famille !)

L’atoll de Kauehi reste réputé pour la qualité de du naissain utilisé pour la culture des perles noires.

Malheureusement, nous ne pouvons pas trainer dans cet atoll attachant, nous reprenons notre route dès le lendemain direction Makemo.

Le vent est toujours de nord-est avec de la houle. Le trajet se fait péniblement contre le vent, essentiellement au moteur. La stratégie est de passer sous le vent des 2 atolls pour avancer à l’abri de la houle.

 

 

Nous avions repéré une petite passe à l’ouest de Katiu et nous avons décidé d’y passer la nuit. Cette passe est située à l’opposé de la passe principale et du village. Nous sommes étonnés d’y trouver des pièges à poissons et des installations.

Le lendemain nous repartons toujours au moteur vers la passe de Makemo.

La passe est très belle, sauvage.

 

Le courant est puissant mais la passe est large et nous la passons sans Pb.

 

 

 

Makemo est un atoll qui est très long (33milles) et nous mouillons la première nuit dans un endroit désert bordé d’une jolie plage de corail.

Dès le lendemain, nous repartons pour « Makemo ville » au bord de la seconde passe, toujours au moteur face au vent, des averses en prime.

 

A notre arrivée il y a 3 bateaux au quai, le vent et la mer sont assez forts, nous préférons mouiller que de tenter la confrontation avec un quai en béton.

 

 

 

A peine arrivés le Stella Maris, bateau ravitailleur pointe son étrave. Nous sommes aux premières loges.

Ils sont complètement autonomes pour la manœuvre. A l’approche du quai, ils mettent à l’eau une barge, qui portera les amarres à quai.

 

Ensuite la barge aide le propulseur d’étrave en poussant latéralement le bateau, qui se met à quai en douceur.

 

Mais le plus impressionnant est à son départ et la gite que prend le cargo le temps de remonter sa barge.

 

 

 

Nous resterons une semaine à Makemo coincé par un vent Nord est de plus de 20 nœuds. Nous avons donc eu le temps de se balader.

Le premier jour, je me précipite à la superette à la recherche de carottes. La vendeuse me conseille d’aller directement au bateau Stella Maris. Le bateau passe toutes les 3 semaines et les marins en plus de livrer les marchandises, vendent des fruits et légumes. On y retrouve la moitié du village.

Les produits ne sont pas toujours de bonne qualité et assez chers mais faute de mieux…difficile pour les locaux de respecter la règle des 5 fruits et légumes par jour.

Par contre nous trouvons une boulangerie ! (j’en avais pas vu depuis longtemps) et même si elle ressemble plus à une épicerie qu’une boulangerie telle que nous les connaissons, nous aurons notre baguette fraiche tous les jours.

 

 

Autre surprise est que Makemo possède un collège et une école flambant neuve.

Du coup l’ambiance de l’atoll est assez jeune.

Tous les soirs en face du bateau, sous un préau éclairé des équipes de jeunes jouent au foot en salle, ou dansent avec des cris et des rires.

Un peu plus loin dans un champ nous tombons face à 4 éoliennes échouées.

Nous avons une impression de gâchis.

On discute un peu avec une dame de la mairie : c’est très difficile de faire aboutir des projets, devant les embrouilles administratives, mais ils s’accrochent….entre modernité et austérité.

Makemo a un phare très photogénique.

 

 

Au bout d’une semaine, le temps s’améliore, nous partons en même temps que les 3 autres bateaux direction les Marquises.

 

 

 

La remontée qui dure 3 jours et demi se fait au prés, sous les grains. Martial a compté un jour 25 grains !! cela veut dire : on roule le génois, on descends un ris dans la GV, on subit le vent (jusqu’à 40 nœuds !) la pluie, le manque de visibilité, puis cela se calme, on renvoi la toile et on recommence…

 

à la fin Martial manœuvrait tout seul, bien rodé. Je pense que c’est le trajet le plus pénible que nous ayons fait depuis la Méditerranée!

Le seul coté sympa de cette navigation est que nous avons fait la route en parallèle avec le bateau Funambule avec qui nous avons eu des échanges par VHF, et du coup on a sympathisé.

Evidemment, Ylang étant durement sollicité nous avons eu des casses matérielles heureusement pas trop importantes.

Un matin une manille qui tient la poulie d’écoute de Grand voile se casse ! Heureusement nous en avons une de rechange et le transfert se passe bien.

Nous casserons aussi la latte de la corne de la Grand voile. Il sera impossible d’en trouver une aux Marquises évidemment et Martial devra inventer un système ingénieux pour que l’on puisse l’utiliser.

La dernière soirée, le vent et la houle se calment

 

Nous arrivons vers 23h30 à Tahuata accompagnés par une bande de joyeux dauphins.

La mer est calme, un clair de lune nous permet d’apercevoir l’île verdoyante et montagneuse, et nous sommes accueillis par une odeur sucrée de fruits…même de nuit, les Marquises c’est magique et surtout nous sommes soulagés d’être arrivés.

Le lendemain, nous découvrons le petit village de Vaitahu.

 

Dans ma recherche (éternelle) de fruits, nous mettons pieds à terre le lendemain.

 

On nous indique une maison en haut du village qui accepte de nous vendre des fruits. L’homme, nous ballade dans son jardin et nous cueille un plein panier de fruits : pamplemousses, oranges, mangues, avocats, cocos…

Il essaye de négocier du whisky, mais devant notre refus (nous n’en avons pas) il nous fait payer une somme symbolique. Une fois les « affaires » terminées, il nous offre une coco qui nous désaltère et surtout nous nous asseyons et discutons : les enfants, l’évolution de la vie aux Marquises, le festival à venir…une belle rencontre.

En redescendant au bord de mer, nous tombons devant cette stèle.

 

L’île de Tahuata me surprends, elle est différente des autres îles des Marquises. Elle possède de belles plages de sable blanc avec un petit air de ressemblance avec les Tuamotus !

 

Quand à la face nord, elle conserve ses plages mais perds sa végétation…un petit air d’Irlande ?

Nous reviendrons sur cette île que nous avons fait qu’effleurer, mais pour l’instant nous avons RDV avec le festival des arts marquisiens et nous partons pour Hiva Oa.

78.RANGIROA

Après une nuit d’une douce navigation sous les étoiles, nous arrivons au petit jour devant l’atoll de Rangiroa.

 

Des dauphins nous escortent jusqu’à la passe, que nous passons sans problème…à notre grand soulagement.

Nous jetons l’ancre devant un hôtel de luxe…

en dérangeant une raie Manta !!

Cet atoll est celui des superlatifs : 75 km d’est en ouest et 25 km du nord au sud, il se classe le deuxième atoll du monde par sa superficie. Son lagon est si grand qu’il pourrait contenir l’île entière de Tahiti ! L’essentiel de la vie se situe entre les deux passes.

Nous sommes étonnés car il y a très peu de bateaux au mouillage : nous sommes 4 (quand nous étions plus d’une 20ene à Fakarava !) En discutant avec d’autres voiliers de voyage, nous nous rendons compte que la route « classique » passe de Fakarava ou de Tauo directement à Tahiti. C’est la plongée qui motive un détour sur Rangiroa. « Rangi » est un mot magique pour tous les plongeurs du monde.

A terre le coté Tiputa est « réservé » aux touristes (c’est là que l’on trouve la majorité des hôtels et des clubs de plongée), Avatoru est le village où vivent les locaux. Une route goudronnée presque rectiligne relie les deux villages distants de 10km.

Nous première sortie sera pour visiter « l’île ». La largeur de la ceinture corallienne n’excède pas 200m et parfois moins

Nous alternons vues sur l’océan,

 

et vue sur le lagon.

Le village d’Avatoru n’a pas d’intérêt touristique, si ce n’est le parvis de son église au bord de la passe.

 

 

A la sortie de village nous sommes étonnés : nous découvrons un entrepôt de vin ! Ils fabriquent du vin à l’ombre des cocotiers ? !!

 

 

 

Le pari a été osé et relevé par 2 Français passionnés de vin. Ils ont fait plusieurs tests en Polynésie et ont maintenant plusieurs hectares de vignes, 5km à l’ouest de la passe d’Avatoru. La production annuelle est de 60000 bouteilles.

La dégustation est fermée sniff !

Notre arrêt suivant sera pour visiter la dernière ferme perlière de Rangi.


Nous aurons une visite avec toutes les explications sur la culture des perles.

Cela commence par le collectage.

Aujourd’hui, en Polynésie, la récolte des huîtres adultes accrochées sur les pâtés de corail est strictement interdite. Le seul moyen légal pour se procurer des nacres est le collectage. La technique consiste à immerger des collecteurs à quelques mètres de profondeur, pendant la saison de reproduction et dans les zones favorables de regroupement des larves.

Les collecteurs sont constitués à partir de rideaux d’ombrières en polypropylène que nous avions vu à Apataki.

Les larves de nacres trouvent sur ces collecteurs un support idéal pour terminer leur vie larvaire et se métamorphoser
en jeunes nacres. Il faudra attendre encore au moins un an que les nacres aient suffisamment grossi et soient bien formées avant d’envisager de les manipuler. Efficace depuis les années 90, le collectage est très performant dans les petits atolls et toutes les fermes perlières s’approvisionnent à partir de ceux-ci.

 

Une fois les collecteurs transportés à la ferme, il est rapidement nécessaire de détacher les huîtres fermement fixées. C’est le détroquage puis la mise en élevage afin de les faire grossir jusqu’à la taille où elles pourront être
greffées. Les supports les plus souvent utilisés sont des cordes fines supportant 20 à 50 huîtres. Les cordes sont immergées à 8 ou 10 mètres de profondeur, suspendues par des bouées et accrochées sur le fond du lagon.

Le processus d’élevage peut durer deux à trois ans. Des nettoyages réguliers et des tris, faisant appel à une nombreuse main d’œuvre, sont effectués tous les 6 mois afin de retirer les animaux malades et de calibrer les élevages. On estime à environ 40% la perte du cheptel durant cette phase d’élevage, due essentiellement aux prédations et aux maladies.

L’huitre de Polynésie est la « Pinctada margaritifera » aussi appelée huître aux lèvres noires. Elle est célèbre pour la couleur de son manteau interne, teintées de reflets verts et noirs.

Les perles se développent à l’intérieur de mollusques producteurs de nacres (huîtres, moules, etc…), vivants en eau salée, ou en eau douce. Une perle naturelle naît de la lésion accidentelle du manteau, organe producteur de nacre, qui reconstitue par cicatrisation un sac perlier au niveau de la lésion (situation très rare en milieu naturel).

La différence essentielle entre la perle naturelle et la perle de culture provient de l’intervention humaine avec la greffe d’un nucleus en nacre. Le processus de minéralisation est quant à lui identique et la nacre produite similaire.

Le nucleus, sorte de bille parfaitement sphérique provenant de moules d’eau douce (moules du Mississipi). Ces moules ont la caractéristique d’avoir une coquille suffisamment épaisse et de consistance très proche de la nacre des huîtres perlières marines ( c’est un japonais qui a déposé un brevet et qui en a l’exclusivité mondiale).

Ce nucleus sera inséré dans la poche perlière de l’huître avec un petit bout de manteau appelé « greffon » (provenant d’une huître sacrifiée à cet effet). Ce greffon est à l’origine du sac perlier qui recouvrira totalement le nucleus et produira les lamelles de nacres comme dans le cas de la formation d’une perle naturelle.

Lorsque les huîtres ont atteint la taille adéquate, entre 10 et 12 cm de diamètre, il est possible de les greffer. L’acte chirurgical nécessite une propreté de la nacre mais aussi des outils de greffe ainsi que des nucleus et des greffons.

 

Immédiatement après l’opération qui dure environ 30 secondes, la nacre est placée dans un panier de rétention pendant 45 jours dans une zone protégée du lagon. Au bout de ce laps de temps, un contrôle de rejet du nucleus est effectué.

 

La formation de la perle nécessitera encore entre 18 et 24 mois de soins et d’entretiens avant de découvrir enfin le résultat de ce long processus.

 

La surgreffe, consiste à prélever délicatement la perle sans léser les organes de l’huître, en particulier son muscle adducteur, et à la remplacer par un autre nucleus de la taille de la perle récoltée sans avoir cette fois ci à insérer de greffon, le sac perlier étant déjà présent dans la poche perlière. Cette technique outre le fait de pouvoir utiliser la même huître pour produire plusieurs perles est aussi le moyen d’obtenir de très grosses perles, de diamètre exceptionnel.

4 ans séparent ces deux nacres et plus de 6 ans de travail pour obtenir une perle.

  • Collectage du naissains  (1an)
  • Décrochage et mise en élevage (2 ans)
  • Greffe
  • Contrôle des rejets (45 jours)
  • Elevage des nacres avec perle (2 ans)
  • Récolte et surgreffe
  • Elevage des nacres avec perle (2 ans à nouveau)

 

Les perles doivent présenter une couche perlière suffisante et continue sur au moins 80 % de leur surface, en ne faisant pas apparaître le nucléus, même par transparence. Tout produit ne répondant pas à ces critères, ne pourra avoir la dénomination « Perle de Culture de Tahiti». Les critères qui déterminent la valeur d’une perle de culture de Tahiti sont la taille mesurée en diamètre, la forme, la qualité dépendante de la pureté de la surface extérieure et du lustre et la couleur.

Cette visite a été très instructive (et gratuite) …ensuite il est bien vu de passer au magasin …

 

En dehors de cette ballade nous ferons 2 plongées.

Nous avons choisit le club Yaka Plongée et nous ne sommes pas déçus par l’accueil  et par le lieu: il règne une très bonne ambiance dans ce club

Les plongées nous ont moins émerveillés qu’à Fakarava, mais nous y avons fait de belles rencontres. Une des particularités de la passe de Tiputa, est que l’on peut observer régulièrement des dauphins qui jouent avec les vagues du mascaret. Ils ont d’ailleurs installé le long de la route un petit kiosque d’où on peut les observer, avec un panneau mettant en garde contre les maladies de peau des dauphins, transmissibles à l’homme par contact et des photos peu ragoutantes. On est loin de Flipper…

 

 

Furtivement nous apercevons des raies aigles, une raie manta et quelques requins pointe noire.

 

Sur une des plongées, grâce au courant, nous finissons à l’aquarium.

Nini notre monitrice fait un câlin en passant à la gardienne : une belle murène javanaise.

 

Et juste après nous sommes devant un banc de perches pagaies, côtoyant un banc de fusillés …j’ai rarement vu autant de poissons en même temps, je reste fascinée devant le spectacle.

 

Au retour sur Ylang, après chaque sortie de plongée, nous avions des « inspecteurs » qui attendaient un contre rendu précis sur les bancs de poissons :

Ce sont des Noddi brun, de la famille des sternes, mais contrairement à la plupart des sternes, le noddi se pose : sur l’eau, sur le dos des baleines…et sur Ylang (au désespoir du capitaine). Au moment de la reproduction, le noddi courtise sa partenaire en la saluant. Il pond un œuf à même le sol et le couple élève conjointement le jeune…un vrai gentleman ce noddi. J

Au niveau de l’avitaillement, on retrouve un petit choix, mais toujours lié à l’arrivée de la « goélette ». (Les bateaux ravitailleurs sont maintenant des petits cargos, mais la population a gardé le terme de « goélette » des premiers bateaux qui faisaient les navettes)

Par contre l’accès au wifi est toujours douloureux…

Nous reprenons notre route vers l’ouest et empruntant pour sortir la passe d’Avatoru.

77. TOAU et APATAKI

Nous quittons Fakarava par la passe nord pour l’atoll voisin Toau. Le vent est nord est, la sortie de la passe nord mouvementé. Nous longeons Toau par le sud pour nous rendre à l’anse Amyot.

 

Située à la pointe NW de l’atoll, c’est une fausse passe avec un seuil à moins de 8 m qui donne accès à un bassin fermé de 200 m de large avec des fonds de 25 m.

L’anse Amyot est un bon mouillage.

 

 

A terre on trouve la maison de Gaston et Valentine.

 

La douzaine d’habitants de ce motu, d’ailleurs tous membres de la même famille, vivent du coprah, de la vente de leur pêche et des voyageurs de passage. Ils ont installé des bouées, pour les bateaux, qui sont gratuites pour ceux qui viennent manger à la table de Valentine.

 

Mais voilà, nous sommes samedi et Valentine ne « travaille » pas le weekend. Elle nous accueille dès notre descente de l’annexe, nous fait assoir. Elle parle Valentine, de son enfance, de ses croyances, de sa vie. Elle nous explique que 200 bateaux passent devant chez elle chaque année ! C’est un personnage, une femme assez forte, sans fioritures. Gaston lui est mince, tatoué, très occupé, il ne parle pas, va et vient. Il a un Pb : il manque d’huile pour démarrer son groupe…Martial lui offrira un bidon et Gaston retrouve son sourire. Ils nous autorisent à nous balader sur leur île qu’ils entretiennent et décorent avec les moyens du bord.

Ils ont même construit des petits bungalows qui servent de gites à l’occasion.

La cuisine….avec vue sur le lagon

 

Leur « jardin » est une cocoteraie.

La lumière est magnifique.

Ici rien ne se perd, mais ceux qui sont maitres en matière de récupération sont les Bernard l’Hermite : ici toutes les coquilles sont habitées…

Ils sont à 1 heure à 2 heures de bateau de la première « civilisation » (Fakarava nord, ou Apataki) où ils vendent leur poisson et où ils se ravitaillent. Malgré la beauté sauvage de l’endroit, je me rends compte que ce ne doit pas être toujours facile de vivre là, isolés…

Pour lui par contre tout va bien…

 

Les pièges à poissons de Gaston (et un peu partout dans les Tuamotus) sont des sortes de gros d’entonnoirs, où le poisson rentre avec le courant de marée et ne retrouve jamais la sortie. Le gros avantage est que les poissons sont conservés vivants, le piège peut servir de vivier.

Les bouées de mouillage sont sur 15 à 20m de fond, et sous Ylang Ylang la vie marine est très riche : dés que nous jetons quelque chose à la mer, des dizaines de poissons se précipitent.

Nous feront plusieurs séances de snorkling, où nous pouvons voir en plus des poissons colorés de lagons, des Napoléons, des requins pointes nord et des raies !! magique !! Adrien fera une plongée bouteille avec son moniteur de père.

Martial et moi feront une plongée, à l’extérieur de la passe, (tombant de 12m à ??? en centaines de mètres) à l’endroit où Laurent Bourgnon disparaitra moins d’une semaine plus tard. Nous seront secoués par cette nouvelle.

Nous reprenons notre route vers l’ouest, vers l’atoll d’Apataki. La distance est parcourue en 4h sous les grains…

Ouf ! L’entrée de la passe est calme, nous nous croyons « sauvés ».

Cela ressemble à une ballade fluviale, nous dépassons des petites maisons de pêcheurs sur pilotis

 

Puis nous passons devant le village

Nous devons continuer notre route pour atteindre la zone de mouillage…c’est là que cela se gâte.

Le courant devient violent, Ylang devient difficile à contrôler, Martial est tendu, mais nous passons avec les moteurs quasi au max ……en « serrant les fesses ».

La passe d’Apataki se finit à l’intérieur en une sorte d’entonnoir, où le fond remonte de 25m à 7m et évidement le courant s’accélère à plus de 4 nœuds juste avant d’arriver dans le lagon.

Pratiquement toute la vie de cet atoll se concentre sur une petite île qui est bordée par une petite piste d’aéroport.

A notre visite à terre nous découvrons le village : toutes les maisons sont réparties de part et d’autre d’une « grand » rue.

Toute la vie passe par cette rue : les enfants jouent, des femmes promènent leur bébé, il y a un tournoi de pétanque au milieu de la route…le stress ne semble pas être arrivé jusque là J

J’évalue la longueur de cette rue (et du village) à 500m d’où mon étonnement quand nous découvrons qu’il y a des voitures !! des voitures qui n’existent plus chez nous…le contrôle technique n’est surement pas arrivé lui non plus.

 

L’atoll vit essentiellement de l’huitre perlière. Nous n’avons pas vu de fermes perlières (plus loin dans le lagon) mais pas mal de « collecteurs » à huitres en train de sécher.

Vu de prés cela ressemble à des sacs poubelles déchiquetés attachés sous forme de mèches de rastas. Le but est d’avoir un maximum de surface pour fixer les larves d’huitres perlières : les naissains. Un peu plus tard on nous expliquera que ce n’est pas possible partout (il faut un lagon assez fermé). Apataki semble être spécialisé dans cette récolte et revend ses larves d’huitres à des fermes un peu partout dans les Tuamotus.

Au bout de La rue, il y a un terrain dédié au sport et ce soir là, il y a entrainement au lancer de javelot : une noix de coco est fixée sur un mat de 9.50m et le but est de viser et planter le plus grand nombreux possible de javelots.

C’est impressionnant et l’ambiance est bon enfant.

Le vent et la houle sont assez forts de sud-est et la barrière de corail ne nous protège pas assez. Nous reprenons donc notre route vers l’ouest, mais avant de partir le capitaine ira jauger à plusieurs reprises le courant de la passe pour choisir le moment optimum.

76.FAKARAVA

Nous quittons Ua Pou au sud de Nuku Hiva en direction de Fakarava situé à 530 Milles dans l’archipel des Tuamotu.

L’archipel est composé 78 îles (toutes des atolls) qui représentent une superficie totale de terres émergées de 900 km2 sur une superficie maritime de 20.000 km2. Bien que souvent isolées, elles sont habitées par une population de 11.000 habitants.

Tuamotu signifie en tahitien « les îles au large », leurs habitants sont les Paumotu, mot qui désigne également leur langue.

Seules les îles de l’W ont des passes accessibles par des voiliers de fort tirant d’eau et même pour certaines par de gros navires (paquebots de ravitaillement).

La traversée ne fut pas agréable avec des grains, des changements de temps, de la houle. Seul point positif, Martial pêche un tazard en arrivant

Fakarava est le deuxième plus grand atoll (60Km de long par 25 Km de large) après Rangiroa et sa passe nord Garuae est très large, d’où notre choix.

Le passage des passes, c’est tout un art… que nous sommes loin de métriserL. Il faut bien sûr prendre l’horaire des marées mais encore faut il avoir le bon site (nous apprendrons plus tard que pour Fakarava, le Shom donne des horaires précis). En général vous avez la marée d’un lieu plus ou moins proche…et là comment calculer??? Parce que la marée ce n’est pas comme le décalage horaire (qui a un point zéro à Greenwich), nous ne savons pas d’où « ça » part, dans quel sens et à quelle vitesse ! Et puis la marée ne correspond pas forcément au courant !! Si l’atoll est « trop plein » ( !?) dû à une météo un peu musclée cela peut annuler le courant de marée entrant ! Les courants dans les passes sont de 3 à 4 nœuds mais cela peut aller jusqu’à 6/8 nœuds dans certaines passes!

Bref malgré toute notre bonne volonté, nous avons l’impression à chaque passe d’avoir juste la moyenne mais pas plus.

Nous arrivons à Fakarava le matin, d’après nos renseignements avec une marée rentrante.

En milieu de passe, la mer est démontée, avec des vagues courtes et violentes. Sur le coté c’est plus calme, mais il y a un bateau de plongée avec des gens dans l’eau. Martial les contourne largement et nous met dans le shaker. Ylang tape durement et « s’ébroue », moi je hurle (j’ai mal pour mon bateau). Heureusement Ylang est solide et le passage ne dure pas longtemps…nous apprécions d’autant plus le calme du lagon. Nous avons ensuite une heure de navigation à l’intérieur du lagon pour rejoindre le village principal : Rotoava

 

C’est avec soulagement que nous jetons l’ancre.

La lumière est magnifique

J’énerve Adrien en répétant « wahou la couleur de l’oooh !! » à chaque instant.

La bande de « terre » est de l’ordre de 300m de large et les maisons sont alignées coté lagon. Adrien est surpris (un peu déçu) : un atoll est essentiellement fait de corail et non de sable fin, comme les photos publicitaires le laissent entendre…pas de skimboard.

Et moi je ne me lasse pas de la couleur de l’eau oh oh !

Apéro ?

Ici la vie s’écoule tranquillement. C’est la fin de journée, il y a entrainement de pirogues. 2 équipes féminines (entre autres) passent tous les soirs. Et ce soir là, grosse erreur de tactique : la pirogue jaune est bloquée par Ylang et la pirogue blanche lui passe devant…gros éclats de rire, nous applaudissons.

A terre il n’y a pas grand-chose à voir. Nous avons fait une petite ballade jusqu’à l’ancien phare situé à l’angle nord- est de l’atoll. Le bâtiment en lui-même n’a pas grand intérêt et est désaffecté.

Cela nous a permis de faire un peu d’exercice et de passer par des cocoteraies. Une des ressources est le coprah

Une autre ressource des Touamotu est la perle noire. Mais beaucoup de fermes ont fermé (effondrement des prix dû à la concurrence et à un dollar faible), reste des « artistes »

Le lieu de rencontre de tous les marins est Fakarava Yatht Service. Anciens navigateurs, Stéphanie et Aldric connaissent bien tous nos besoins et nous y accueillent avec sourire et gentillesse. Nous leur louerons des vélos et nous profiterons de leur wifi.

Economie de sous marine.

Pour se nourrir c’est un peu plus compliqué…il y a 2 superettes, avec des produits de base, des oignons et des pommes de terre. Le jour d’arrivée des bateaux ravitailleurs (une fois par semaine) il faut se précipiter au magasin. C’est jour d’affluence, arrivés ½ heure après l’ouverture (la sieste c’est sacréJ), il n’y avait plus tomates et de concombres! Les carottes et les fruits ont du mal à arriver jusque là !!

Pour les snacks, c’est pareil : pas ouverts tous les jours et « il ne reste pas tout » alterne avec « il ne reste plus que… » mais la vue est imprenable.

Un de ces jours où rien n’est ouvert (et où je n’ai pas envie de cuisiner) nous sommes partis en annexe vers le sud. Loin de tout, il y a une paillotte sans prétention qui est un havre de paix.

 

Nous y avons très bien mangé, et pour le même prix nous avons vue sur un aquarium, où passent mérous, requins et toute la faune des lagons. C’est un jeune couple qui est aux fourneaux et qui vend aussi des paréos et quelques bijoux.

 

Mais ce qui fait la réputation de Faka (comme disent les intimes), c’est la plongée. Les plongées se font dans et autour des passes zone de passage de la faune. La passe étant éloignée, nous plongerons avec un club Fakarava Diving Center. C’est une petite structure avec une ambiance sympa et une superbe vue sur le lagon.

Ce qui me surprend le plus ce sont les briefings avant plongées : « on descend sur la piste de ski !? (bande de sable blanc) on avance jusqu’au banc de requins gris, on les suit 5 mn ensuite on tourne jusqu’au banc de perches pagaies, on continue jusqu’au requin nourrice et puis on se laisse dériver dans la passe ». Qui paye tous ces poissons pour être toujours au rendez vous ? En tous les cas, notre émerveillement est bien là.

 

Film
Passe nord Fakarava

 

 

Nous partons ensuite pour la passe sud : une 30ene de milles séparent les 2 passes. Nous avons eu une navigation rapide (moins de 4h) et très agréable : mer plate.

Notre premier mouillage se situe au nord est de la passe, facilement accessible en annexe.

 

Nous sommes une quinzaine de bateaux au mouillage 1 et on aperçoit 2 à 3 maisons, soit beaucoup plus de personnes sur la mer qu’à terre.

Le lendemain, nous partons en annexe « visiter » la passe, munis de nos palmes, masques et tubas.

 

Nous nous mettons à l’entrée de la passe (avec un courant rentrant) et nous nous laissons dériver vers l’intérieur du lagon. Nous sommes surpris par la bonne santé des coraux et la vie qui y foisonne.

 

 

Plus nous nous rapprochons de la seule pension de famille qui est installée en bordure de la passe, plus y a de la vie. Un banc de perches pagaies a élu domicile sous la maison.

De retour sur Ylang, il suffit de jeter un bout (traduction pour les terriens = une corde) pour attirer un requin. Nous n’avons à aucun moment eu peur…non pas que nous soyons très courageux (si ?), ou inconscients (qui a dit un peu ?), simplement ces requins se nourrissent la nuit, ils ont un lagon qui regorge de nourriture et personne ne parle d’accident avec les requins en Polynésie. Et pourtant, ils sont très nombreux (nous en verrons un peu partout), il faut dire qu’ils sont protégés.

L’après midi nous décidons d’aller se balader à terre.

Tetamanu village, situé au bord de la passe Sud, abrite 9 habitants. Pas de wifi, ils allument l’antenne de téléphone (portable) le jour uniquement, mais quel dépaysement, le site est superbe.

Le village est abandonné, à l’exception d’une pension de famille, et de 2 familles de pêcheurs.

 


 

Cet endroit est appelé la piscine par les plongeurs : nous pouvons voir évoluer des requins, des napoléons et toutes sortes de poissons multicolores dans moins d’un mètre d’eau.


 

Pour la pension de famille, ils ont aménagé 3 petits bungalows.


 

Et une salle de sport….pittoresque.


 

Tetamanu est l’ancienne capitale de Fakarava et l’ancienne capitale administrative des Tuamotu !!.

Du village il reste une grande rue tracée au cordeau,


une église en corail très ancienne (1862),


 

un bâtiment qui fut la prison et les murs de la résidence de l’administrateur.

 

 

La pension de famille s’est étendue à l’îlot voisin,

 

Adrien a eu du mal à en repartir

La nuit suivante sera très agitée, le vent est monté dans la nuit. Heureusement, nous n’étions pas sur la trajectoire de ceux qui dérapent. Le lendemain, nous partons nous mouiller plus à l’abri (mouillage 2) face aux « sables roses ». Le site porte bien son nom. Les résidus de concrétions coralliennes prennent des colorations rosées selon la lumière.

L’eau est d’un bleu surnaturel, avec des cocotiers en arrière plan.

 

 

 

Une petite balade s’impose

 

On ne résiste pas à ces petits îlots idylliques…

 

 

Nous referons une plongée dans la passe avec pas mal de courant (merci Adrien pour la sécu de surface J) mais toujours aussi magique.

 

FILM 

Passe sud Fakarava

 

Nous repartirons ensuite vers le wifi (dont je ne peux me passer longtempsL) de la passe nord, avant de poursuivre notre route plus à l’ouest.