93.NIUE

Nous quittons Mopélia avec un gout de « reviens-y-vite » pour reprendre notre route plein ouest. Le parasailor est de nouveau de sortie et nous parcourons 130 à 160 milles /jour. Le 3ième jour un gros grain nous oblige à ranger notre voile préférée. Les 24h suivantes seront agitées. Mais heureusement cela se calme et nous relançons le parasailor. Un après midi où nous étions perdus à d’intenses activités (sieste, lecture, musique, jeux vidéo… J), nous entendons un appel à la VHF ! Cela fait 4 jours que nous sommes partis et depuis notre départ nous avons croisé …attendez que je calcule bien…2 oiseaux ! Un grand désert. Branle bas de combat, nous bredouillons un Yes ? un peu étonnés. En fait nous croisons à 1 mille un cargo que nous n’avions pas vu ! Lui par contre nous a bien repérés : merci l’AIS (système qui émet et donne à tout moment notre position dans un rayon de 6 milles) et le Parasailor voile atypique (le notre jaune citron est visible de loin). L’homme de quart doit s’ennuyer, car il entame une conversation : d’où venez vous ? Où allez-vous ? Depuis combien de temps naviguez-vous ?…Ce sera le seul fait marquant de cette traversée.

 

Le 6ième jour après le départ, nous réalisons que nous ne pourrons arriver de jour à Niue d’autant que le vent tombe. Nous finirons avec grand voile, génois, moteur et 2 noeuds de courant contre, évidemment sinon ce n’est pas drôle !…nous serons quand même obligés de faire des ronds dans l’eau pour attendre le lever du jour.

Nous voilà donc arrivés à Niue (prononcez ni-ou-é), qui est une île atypique à plus d’un titre. C’est un État libre (autonome) sous protectorat de la Nouvelle-Zélande. Elle couvre une superficie de 258 km² pour 2000 hab (il y a de la place ! J). C’est donc l’un des plus petits États au monde. La capitale est Alofi, le village le plus important de l’île avec plus de 800 habitants.

Mais Niue est aussi une des plus grandes des îles coralliennes au monde et elle s’est soulevée suite à une « flexure de la lithosphère » (merci Layang J) . C’est donc une île haute, ronde et sans lagon… donc pas de possibilité de mouillage en eau peu profonde.

Heureusement, le Yacht Club de Niue a installé 18 corps morts pour les bateaux de passage. (pour les terriens pas d’images macabres: un corps mort en langage marin est un bloc de ciment auquel on a attaché une corde et une bouée pour que les bateaux puissent s’amarrer dessus)

 

 

Les vents dominants étant d’est, la « baie » d’Alofi est relativement à l’abri…et surtout on a pas le choix.

 

Autre particularité de Niue est qu’ils n’ont pas de port, ni de plage où débarquer. Ils ont installé un grand quai mais il est impossible (trop de houle) d’y laisser son annexe amarrée à l’eau !

 

Descendre à terre est une « aventure » ici. Il faut d’abord s’approcher des escaliers (glissants évidement), sauter hors de l’annexe en calculant bien en fonction des vagues (sinon c’est la douche assurée). Ensuite il faut passer le crochet de la grue à Martial (qui en temps que bon capitaine est toujours le dernier à quitter le navireJ)

 

 

Pendant la saison cyclonique, les bouées sont enlevées et personne ne peut aborder à Niue, et cela se comprend au vue de certaines photos…

 

Le premier jour nous avons rdv sur le quai avec les autorités. Ils sont 3 dans une voiture, mais au moment de faire les papiers, ils ont oublié un tampon ! Du coup ils nous emmènent en « ballade » jusqu’à un bâtiment qui regroupe toutes les administrations de l’île. Les gens sont très gentils et après une 15ene (!!)de pages d’écritures, nous obtenons le sésame d’entrée.

C’est la saison des baleines et à notre arrivée, nous avons pu observer 2 souffles à une centaine de mètres. La première nuit je suis réveillée par des cris, qui ressemblent à des cris de bébé ! Je sors sur le pont, rejointe par Adrien (de mauvaise humeur d’avoir été réveillé)…c’est quoi ça ? beugle-t-il. Je ne sais pas…la nuit est très noire, pas de lune, je n’arrive pas à distinguer l’horizon ! je stresse un peu, les cris continuent sans que je comprenne d’où ils viennent. Et tout à coup à 1m derrière le bateau un énorme souffle…crise cardiaque assurée ! puis deux autres un peu plus loin…Les baleines s’éloignent, et mon stress est remplacé par la frustration de ne rien pouvoir voir…

 

Le matin autour d’Ylang, passent des va’a (appelés vaka ici), mais bien différents des va’a polynésiens. Ici les pêcheurs n’ont pas de bateaux à moteur et c’est en va’a (plus facile pour les mises à l’eau) qu’ils vont pêcher ! Les va’a sont en bois et les pêcheurs rament peu …ils pêchentJ. C’est comme un voyage dans le temps de la pêche polynésienne. Les pêcheurs polynésiens ayant maintenant des bateaux à moteur, le va’a est devenu un sport national.

 

 

 

 

 

Nous avons décidé de passer par un professionnel pour nous faire visiter l’île, l’agence Commodore, et nous ne le regretterons pas. Au delà des lieux que nous visitons, notre guide nous parlera de l’histoire de Niue.

Départ sur le quai à 8h (c’est tôt pour nousJ). C’est un couple de Néo-zélandais qui sont venus s’installer sur l’île il y a une 15ene d’années et font visiter l’île avec cœur. C’est Madame (qui a appris le français à l’école) qui conduit notre mini bus et qui répond à nos questions sur la vie locale. Nous ferons toute la côte ouest de l’île.

 

Niué compte actuellement 1500hab mais ils étaient 5200hab en 1966 !

En 1974, la Nouvelle-Zélande accorda l’autonomie politique à l’île «en libre association avec la Nouvelle-Zélande». Ce statut permettait aux Niuéens d’obtenir citoyenneté néo-zélandaise tout en maintenant l’autonomie dans leur propre pays. Mais surtout d’après notre guide, les Niueens ont pu avoir un passeport (ils n’étaient pas reconnus par la convention de Genève jusque là !). A partir de là les gens ont voyagé, émigré …et c’est la naissance d’une croyance : l’oiseau de fer (l’avion) mange les gens, puisqu’ils ne reviennent pas ! J

Néanmoins, l’île dépend tellement totalement des subventions de la Nouvelle Zélande (six millions de dollars US annuellement pour 2000 habitants !) et notre guide nous explique que les Niueens qui reviennent sur l’île ont une meilleure retraite (une façon pour la Nouvelle Zélande de repeupler le pays).

Niué compte 411 fonctionnaires !

Un candidat à la présidentielle a fait la promesse d’augmenter les salaires des fonctionnaires de 20%. Il a gagné les élections (évidemmentJ) mais n’a pas pu tenir ses promesses (évidemmentJ). Du coup il leur a offert un jour de travail en moins par semaine et les fonctionnaires de l’île travaillent 4 jours ! Cool…

 

Nous commençons par la côte sud, sauvage. Notre guide, nous fait découvrir des petits coins « secrets », des petites plages désertes.

Nous découvrons ensuite un arbre à papillons !

 

 

Nous descendons ensuite dans la « crique » où James Cook a tenté de débarquer en 1774.

 

 

Les guerriers de l’époque se montrèrent très agressifs (lèvres peintes en rouges) et Cook repartit sans vraiment poser le pied à terre. En raison de l’hostilité avec laquelle il y avait été reçu, il la baptisa « île des Sauvages » et décida néanmoins qu’elle serait territoire britannique. Le capitaine Cook avait tracé l’île sur ses cartes.

Évidemment, les Anglais n’ont jamais demandé aux insulaires ce qu’ils pensaient de se faire gouverner par des étrangers! Ils se sont retrouvés devant le fait accompli.

L’eau de la crique comme celle de toute l’île est cristalline et nous permet d’observer des « tricots rayés ».

 

Les tricots rayés sont des serpents marins. Ils se nourrissent en mer [][][] mais vivent la plupart du temps sur terre[][] pour digérer, muer, se reproduire ou pondre.[] Serpents au venin mortel (leur morsure équivaut à dix fois celle du cobra royal), ils ne sont pas du tout agressifs et restent très craintifs. Les morsures sont extrêmement rares. Certains disent que du fait d’une bouche trop petite, le seul endroit où il peut mordre est la peau entre les doigts[][].

En Janvier 2004 le cyclone Heta ravage l’île. Des pierres, des rochers ont détruit les habitations. La population s’est réfugiée sur un point haut de l’île(60m). Seuls 2 habitants repartis pour essayer de sauver leur maison sont décédés.

Les habitants ont dégagé les pierres, et elles sont encore en place sur le bord de la route. C’est impressionnant de voir que de tels rocks ont été projetés par la mer sur l’ile (entourée de falaises de 25m de hauteur !)

La route est bordée coté mer de tombes : cela permet aux esprits de partir plus facilement…

 

 

 

 

Nous suivons la côte vers le nord et des petits sentiers, perpendiculaires à la route mènent à des grottes, des caves avec des vues splendides sur la mer.

 

Ces grottes sont devenues un lieu où les jeunes néozélandais viennent se marier, une façon pour l’île de promouvoir son tourisme.

 

Il y a aussi des criques superbes, avec toujours cette eau cristalline.

 

Des piscines naturelles

Le Matapa Chasm est « équipée » d’un plongeoir réservé aux grimpeurs…

 

Le matin de notre départ un cargo de ravitaillement arrive et jette l’ancre à coté de nous. Ils déchargent des containers avant de les gruter sur le quai : spectacle assuré

 

Nous sommes restés une semaine à Nuié où en plus des paysages nous avons apprécié la gentillesse des gens et …les délicieux plats indiens d’un petit restaurant local.

Fakaalofa lahi atu c’est plus long mais cela veut dire Iorana et le sourire est tout aussi présent.


 

 

Merci à l’équipe Commodore pour sa visite et ses photos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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