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73. TRANSPAC ET HIVA OA

Nous avons mis 18.5 jours pour la transpac (transpacifique pour les voileux) Galapagos-Hiva Oa. C’est une moyenne correcte sachant que les 5 premiers jours nous n’avons pas eu de vent, et un nœud de courant contre. Nous avons même eu une nuit et une matinée de brouillard qui a rendu l’équipage nerveux et humide. Au bout de 5 jours, le vent et la houle de travers sont arrivés, le parasailor est hissé. Là nous avancions (surfs à 14/15 nœuds avec des journées à plus de 200 milles), mais la forte houle (4 à 5 m) nous rendait la vie dure. Petit à petit le vent est passé plus arrière, la houle s’est calmée et la deuxième partie du voyage a été confortable avec des moyennes journalières de 160 à 190 milles.

Les premiers jours nous croisons de loin quelques pêcheurs (de l’Equateur à plus de 1000 miles de chez eux !)

Le 3ieme jour nous sommes plus proches d’un groupe et nous les voyons se diriger vers nous avec une de leur barque.

Le temps qu’ils arrivent c’est la tempête dans nos têtes, mélange de frayeur occidentale (pourtant on ne lit plus les journaux depuis longtempsJ) et de curiosité. Ils sont en fait adorables, nous demandent (en nous mimant la toux et le mal de gorges parfaitement !) des médicaments pour un de leur collègue.

Nous leur offrons en prime un pack de bières, nous nous prenons mutuellement en photo et chacun continu sa route.

Après cette rencontre, nous ne croiserons plus aucun bateau jusqu’à l’arrivée. Nous avons eu l’impression de traverser un grand désert : pas de poisson au bout de la ligne, très peu d’oiseaux et de poissons volants par rapport à l’Atlantique. Les seuls que nous avons croisés sont des petits oiseaux, des Océanites de Wilson qui semblent marcher sur l’eau, ils cherchent leur nourriture à la vue et à l’odorat. A part le moment où ils nichent, ils vivent en pleine mer, malgré leur toute petite taille (15 à 19cm ) !!

 

Nous arrivons de nuit à Hiva Oa, le feu d’atterrissage ne marchant pas ( ?!) nous nous mouillons sur une plage accessible à coté du mouillage-port. Ca y est ! on y est en Polynésie, mais pour l’instant on ne réalise pas, nous ne voyons pas grand-chose (il est 22h quand nous jetons l’ancre), mais nous avons été accueillit par une délicieuse odeur de terre, de fleurs et de fruits trop murs.

Au lever du jour je me lève, impatiente de voir le paysage, et je reste scotchée, bouche bée !

 

 

Martial déjà d’une nature peu bavarde, finit par lâcher « en plus c’est propre !!». Les ordures omniprésentes au Panama sont encore dans nos têtes. Pendant notre petit déjeuner un cheval, monté sans selle passe le long de la plage. Là on y est !! c’est bien l’île de Jacques Brel « belle à crever », sauvage et tranquille.

Le temps est calme et beau, mais nous ne sommes pas abrités (mouillage n°1 sur la carte), nous nous déplaçons donc dans le port abri (mouillage 2)

 

 

 

Nous avons l’impression de rentrer dans un écrin de verdure.

Nous avons des fourmis dans les jambes après tous ces jours de mer et nous ne tardons pas à descendre à terre.

 

 

 

C’est dimanche et il n’y a pas grand monde.

Le port est à 20 bonnes minutes à pied d’Atunoa la petite ville principale d’Hiva Oa. Nous nous perdons un peu à travers les maisons et les routes. Il y a des fleurs partout.

Les maisons ne sont pas pour la plupart riches, mais elles sont souvent décorées avec gout, partout on voit des pamplemousses, citrons, bananes… pour moi qui suis fructivore, cela ressemble au paradis.

Une autre chose qui me frappe : ici les poules et les coqs vivent en liberté, ils n’appartiennent à personne ou plutôt à tout le monde (quand quelqu’un un veut un, il se sert !en prenant soin de laisser en vie les reproducteurs). Et la citadine que je suis, découvre que les poules en liberté volent !! Oh bien sûr rien à voir avec les vols des fous à pattes bleues des Galápagos, mais elles sont capables de voler une bonne minute à 3m de haut et aller se réfugier dans les arbres !

Les arrêts de bus sont à l’image des maisons : simples et beaux.

Nous faisons un petit détour pour rendre visite aux deux personnalités de l’île.

 

Là aussi c’est touchant de simplicité : pas de barrière autour du cimetière, pas de gardien, pas de guide à payer et on nous remercie même de notre visite !

Impression d’avoir changé de monde…Nous sommes bien aux Marquises !

Nous descendons vers la petite ville complètement désertée en ce dimanche.

Nous finirons par trouver un restaurant où nous nous régalons d’une cuisine, raffinée et exotique.

En rentrant au bateau, nous assistons aux entrainements de pirogues, le sport national en Polynésie.

C’est un sport pris très au sérieux avec des championnats inter îles qui passionnent les foules, font la une des journaux locaux.

Le soir, le Taporo se « faufile » entre les voiliers (2 autres sont arrivés) et la digue alors qu’il fait nuit noire… manœuvre impressionnante.

Ils sont 2 cargos à venir toutes les 3 semaines sur l’île pour la ravitailler.

Le lendemain, nous allons déclarer notre arrivée à la gendarmerie : c’est facile, gratuit et rapide. Là aussi cela nous change.

Ensuite nous visitons le musée Gauguin.

Je savais qu’il avait eu une vie difficile, qu’il est mort pauvre et malade, mais je ne savais pas que ses premières œuvres étaient sur la vie bretonne. Et dire que ses peintures se vendent à plusieurs dizaines de millions aujourd’hui !

A la sortie du petit musée, la maison de Gauguin (qu’il appelait « la maison du jouir») à été reconstruite à son emplacement exact.

La porte d’entrée est encadrée par deux maximes

A l’intérieur pas grand-chose à part une statue du peintre façon musée Grévin.

 

 

Nous traversons le jardin et nous entrons dans un hangar consacré à Brel.

Un fond sonore de ses chansons tourne en boucle. Tout le long des murs des panneaux qui évoquent sa vie. Il y avait bien sûr des moments de sa vie de célébrité mais aussi la fin de sa vie à Hiva Oa. Il avait choisit cette ile car ses habitants n’étaient pas au courant de sa célébrité. Il vivait dans une maison toute simple, aimait cuisiner, inviter le postier avec qui il s’était lié d’amitié.

Il y avait Jojo son avion, avec lequel il se rendait régulièrement à Papeete et ramenait des médicaments pour tous les habitants.

Il organisait des projections de films sur un mur blanc du village… il se sentait utile pour tous ces gens simples.

C’est vrai qu’elle est très belle cette île.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain nous louons une voiture pour mieux la découvrir. Nous commençons par rendre visite à un petit « tiki souriant » …apparemment le seul qui se marre de toute la Polynésie !

Nous traversons ensuite l’île

vers Hanaiapa

 

 

 

C’est un petit village dont les maisons ne sont pas riches mais où tout est fleuri, propre et très agréable : nous

sommes sous le charme.

 


La route qui suit une rivière débouche sur une baie, où grâce à la houle nous admirons un souffleur.

Puis nous nous dirigeons vers Puamau pour rendre visite au plus grand Tiki de Polynésie. Et c’est à partir de là que la route se complique : elle n’est plus goudronnée, mais surtout elle zigzag à flanc de colline.

Pourvu que les freins ne lâchent pas !!

 

 

Mais elle nous fait découvrir des paysages magnifiques.

A couper le souffle…

 

 

 

 

Avec des rencontres furtives : ici les chèvres sont sauvages et chassées alors elles courent vite…

nous arrivons à l’heure du repas à Puamau, et tout est désert…nous partons donc visiter le site historique.

C’est un sanctuaire religieux qui s’organise en deux grandes terrasses qui remonterait au XVIII siècle. La principale attraction du lieu sont 5 Tikis monumentaux. Les Tikis sont des statues taillées dans des blocs de basalte (ceux taillés dans du bois ont disparus) avec des visages humains, d’aspect énigmatique. Jambes courtes et fléchis, coudes serrés, bouche démesurée et avec des yeux représentés par de grands cercles, ils sont en général implantés sur ou à proximité d’un site religieux.

Le « tiki couché » représenterait une femme couchée …peut être en couches disent les spécialistes ! Je reste pensive…pour moi cette sculpture tient plus de la grenouille que de la femme enceinte, mais voilà je ne suis pas spécialisteJ. Un peu plus loin Takaii (nom d’un chef guerrier réputé pour sa force) le tiki le plus grand de Polynésie : 2.67m.

Et derrière lui un tiki assis : les spécialistes (toujours eux !) pensent que c’est l’épouse de Takaii (là ils ne se sont pas trop creusés !)

Quand le site a été découvert les statues gisaient sur le sol et elles ont été remises à leur place avec des portiques et des palans. J’ai du mal à imaginer, la vie de l’époque, la mise en place de ce site, les rites religieux, les sacrifices humains, les croyances, etc…

Le retour se fait par la même piste et 2h plus tard nous sommes à Atuona aussi fatigués que si nous avions roulé toute une journée, mais la tête pleine de paysages magnifiques.

Le lendemain nous quittons Atuona pour Hanamenu au nord ouest de l’île, nous nous préparons à quitter Hiva Oa direction Nuku Hiva.

 

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