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29.TRINIDAD

 


Nous partons le 3 Avril en fin de matinée de notre mouillage de Kourou .Petite pause aux iles du salut pour déjeuner et nous repartons avec une bonne houle de travers qui nous accompagnera jusqu’au lendemain matin.

Les trois premiers jours la navigation sont assez calmes, nous ne croiserons personne dans ce coin d’océan. Par contre à l’approche de Trinidad le 6 avril après midi et surtout la nuit suivante plus question de piquer du nez pendant notre quart.

Il faut dire que Trinidad est entourée de plates formes pétrolières et gazières (avec chacune sa cour de bateaux) et de plus l’Amérique du sud déversant pas mal d’alluvions dans cette zone, les eaux sont riches en poissons …et en bateaux de pêche évidemment.

Ces dernières années, ce pays s’est beaucoup développé dans le secteur énergétique à la suite de découverte d’importantes réserves de gaz et de pétrole.

Au XXIe siècle, le secteur pétrolier et gazier lui permet de se placer cinquième producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que premier fournisseur en GNL pour les États-Unis ! (une si petite ile qui fournit en gaz un pays aussi grand que les US incredible isn’t it ?)Trinidad-et-Tobago est l’un des états les plus dynamiques de l’espace Caraïbe grâce à son secteur énergétique.

 

Nous approchons de Trinidad par le nord (le sud étant trop proche du Venezuela réputé à risque) nous nous dirigeons vers Chagaramas à la pointe nord ouest de Trinidad. Le paysage a complètement changé pour nous : l’eau est bleue et ce sont de grandes falaises vertes avec de jolies maisons et des « caisses à boulons » aux moteurs rapides qui nous accueillent


 

Et puis des groupes de pélicans qui pêchent : et le pélican quand ça plonge ça déménage plus qu’une mouette de chez nous : deux à trois fois j’ai sursauté quand un spécimen a plongé derrière moi.


 

Excusez moi mais la seule photo potable de pélicans en vol, je l’ai faite de l’intérieur du bateau à travers la vitre.

Après le dernier virage, nous pénétrons dans la baie de Chagaramas et le paysage change. C’est un vaste chantier à bateaux entouré de petits ilots verdoyants avec de jolies maisons.

Des chantiers pour les bateaux de plaisance j’en ai vu pas mal mais là ce qui est surprenant c’est que c’est aussi un lieu de réparations pour les cargos.

 


 

Une plate forme pour sortir les cargos de l’eau, des zones de sablage etc.…. avec au loin une plateforme pétrolière. C’est une baie où il y a toujours un mouvement : c’est là aussi que les gens qui travaillent sur les plateformes embarquent et débarquent. La contre partie de cette activité c’est un bruit incessant de sableuse, de disqueuse, de moteur etc…

 


 

Le lundi matin nous nous mettons en règle avec les autorités et nous faisons le tour des chantiers : il y en a essentiellement deux :Peake et PowerBoat. Peake est pensé à l’américaine : tout est clean mais tu n’a le droit de ne rien faire (à part payer…et visiblement on te prend pour un américain idiot). Nous choisissons Power Boat car en plus du fait que c’est un peu moins cher, nous y voyons deux avantages : ils nous laissent travailler sur notre bateau et ils ont un chariot pour sortir Ylang et non pas un travel lift (une grue étroite). C’est moins clean que chez Peake mais l’ambiance y est bon enfant. Nous y retrouvons Sea Rose (notre voisin de Joa Pessoa ) un grand catamaran avec un couple charmant australienne/canadien. Ils nous proposent naturellement leur aide pour la sortie d’Ylang.

Ce ne fut pas une mince affaire, ils ont dû atteler 2 tracteurs pour y arriver.

 


 

Ylang Ylang va rester deux mois à terre (bien sage) pendant que nous rentrons en France et à la Réunion. Il est bien installé face à la baie entre la superette et …les toilettes.

 


 

 

Nous sommes contents de retrouver nos familles, nos copains, le travail (si, si à petite dose c’est super) mais nous seront contents de quitter la morosité ambiante, le froid et les soucis administratifs.

 

Le vol de retour sera épique : nous n’étions pas enregistrés pour la dernière partie de notre voyage de la Bardade à Trinidad (mauvaise communication entre les compagnies British Airways et la Liat ). Finalement nous finissons par embarquer dans un coucou qui atterrit dans un aéroport qui n’avait rien en commun avec celui de notre départ de Trinidad. Cela nous interpelle (un peu) mais il est tard et le voyage a déjà été long. Nous débarquons donc, bien contents d’en finir. Heureusement à l’entrée de l’aéroport il y avait un gros « Bienvenu à St Vincent » : demi-tour, on court et on remonte dans notre avion, qui redécolle pour Trinidad ouff !

A l’arrivée il nous manque un bagage (le plus important évidemment) et il faudra se battre pendant une semaine pour le récupérer. Les secrétaires de Power Boat ont gentiment passé pas mal de coups de fils et pas mal de palabres pour nous aider.

A notre arrivée au chantier nous avons eu des « lang lang is back » avec de grands sourires.

Nous sommes contents de retrouver Ylang qui est tout crotté par les oiseaux : Martial pense que le blanc du pont a un effet laxatif sur les oiseaux locaux !!

 


 


L’intérieur est investit par les insectes : fourmis, fourmis volantes, mouches et moustiques. Le capitaine s’est fait un copain


 

Un grand ménage s’impose avant de se lancer dans les travaux.

A la sortie de l’eau Ylang ressemblait à ça

 


Une « jolie » pelouse verte : on est contents d’avoir payé un supplément pour avoir une (soit disant) meilleure sous marine au départ.

Après karcher et surtout grattage de Martial, Ylang était déjà plus présentable

 

 


 

Après une couche de primaire et 3 couches de sous marine, il est beau…non ?


Nous avons choisit la Trilux 33 comme sous marine réputée sans métaux car nous avons des embases en alu qui ne souffrent d’aucune concurrence métallique à l’entour.

Nous avons amélioré notre système électrique en rajoutant un gros chargeur, un moniteur de batteries et une éolienne

 


Nous l’avons commandé directement chez le fabriquant, et en temps que bateau en transit nous n’avons pas eu de taxes.

La fabrication du support inox a été faite par un rasta qui ne commençait pas sa journée avant 10h le matin …et encore pas les lendemains de dimanches et fêtes où il fallait qu’il se repose L . Bref cela lui a pris une bonne semaine de plus que prévu mais il a bien travaillé


L’annexe aussi s’est améliorée : petit banc (ramené dans les bagages de France) pour protéger la nourrice (et accessoirement pour que Madame ne soit pas mouillée), une toile (jaune !) pour la protéger des UV, et des roues pour la tirer sur les plages (qui s’avèrent très pratique)….elle est parée.

 


 

Nous avons aussi maintenant pour le confort du petit dej’ des ombrières


 

C’est David (de Power Boat) qui s’est occupé de nos toiles (ombrières et taud d’annexe). Nous l’appelions Bisounours : un peu rond, un peu timide toujours gentil et souriant. Il a bien travaillé, pour pas très cher avec un retard très acceptable pour la région. David est d’origine indienne et a gardé le gout du travail bien fait.

A l’abolition de l’esclavage, Trinidad en manque de main d’œuvre a « importé » des indiens. Leur présence est très visible par les gens mais aussi dans la cuisine de Trinidad. Beaucoup d’épices, de piment et de riz dans les supermarchés et dans les restos.

Les travaux ont durés 2 semaines et demi après notre retour. Le temps nous a paru long : le bateau à sec n’était pas dans le sens du vent dominant, donc grosse chaleur et beaucoup de moustiques et de poussière. Nous étions proches d’un port a sec et les bateaux étaient mis ou sortis de l’eau avec un tracteur très bruyant particulièrement tôt le matin ou tard le soir (sinon c’est pas rigolo !).


Nous étions contents de remettre Ylang à l’eau. L’opération a été photographiée par Adrien (futur grand reporteur ??)


 


 

On y est presque :


 

Ca y est Ylang flotte (enfin)

 


 

Nous avons amélioré pas mal de choses pendant ce stop mais nous gardons nos 2 Pb (boulets ?) récurrents : le groupe (malgré le démontage et tarage de l’injecteur) et le téléphone satellite (malgré les 3 interventions d’un spécialiste mandaté par Iridium !!) ne marchent pas. Nous attendrons Grenade pour essayer de résoudre nos dernières pannes.

Nous nous octroyons deux jours de pause pour visiter l’île. Nous louons une voiture (un vrai tacot mais c’est pas cher…) et Martial se coltine la conduite à gauche (Attention pas de ce coté !!! le conducteur doit rester au milieu de la route….dans quel sens je prends ce rond point ?) et il s’en sort comme un chef (anglais évidement !)

Le premier jour nous partons pour la cote Nord de Trinidad : il faut traverser Port of Spain (et ses bouchons rougnougnou) puis la seule chaine de montagnes de l’ile et nous nous retrouvons sur une jolie côte découpée.


Il y a de jolies plages où toute la capitale vient se détendre le weekend


 

Surveillée par un constant va et vient d’un garde cote en scooter des mers : interdiction de dépasser la zone où on a pied !


 

L’autre coté de la route est bordée de « fish and chips » : tu choisis ton poisson et les sauces et légumes sont à volonté.

Nous poursuivons notre route vers des zones plus sauvages avec des plages et des petits villages très authentiques.



Le lendemain nous restons dans le parc naturel juste derrière Chagaramas. C’est là que les iliens viennent se détendre et faire du sport après leur journée de travail (qui se termine en général à 16h !)

Nous y verront un Golf (il faut ce qu’il faut) une très jolie bambouseraie (avec son parcours de santé)

Il y a un nombre incroyable de termitières

 

Un peu plus loin une erre de picnic est aménagée sous de magnifiques arbres centenaires

Nous ferons une jolie ballade dans la verdure vers « Edith’s falls » cascade anémique en cette saison.

 

 

 

 

 

 

 

Il y a de jolies fleurs sauvages tout le long du sentier qui sont vendues assez cher chez nos fleuristes

 

 

Et plus loin au bout de la route une jolie petite plage

Adrien inaugure son skimboard , se fait des copains locaux (le language des signes est plus efficace dans ce cas là que les 3 ans d’anglais scolaire…) et moi je vois ma première tortue en apnée malgré des eaux troubles.

Nous ferons un dernier repas au resto local où nous avions pris nos quartiers, quelques courses à la marina

Un dernier au revoir aux stars de la région

Et nous pointons nos étraves vers Grenade.

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