88.HUAHINE

Adrien et moi sommes de retour sur Ylang Ylang après presque 2 mois d’absence, bien contents de le retrouver avec son capitaine fatigué du carénage.

Reste un Pb à régler : l’électronique. Suite à une onde électromagnétique à Nuku Hiva, nous avons des appareils électroniques en panne. L’expert nous a imposé de venir à Papeete (nous devions aller directement à Raiatea) car « c’est là seulement qu’est le spécialiste en qui il a confiance ». En fait son « spécialiste » est un électricien qui ne veut pas toucher à l’électronique !! Nous nous retrouvons seuls et c’est Martial qui en suivant les fils, branchant et débranchant les appareils, a fait le diagnostique : AIS , Pod (partie non aérienne) de l’anémomètre ainsi que les batteries sont touchés. Nous avons commandé les appareils avec beaucoup de difficulté : il n’y a pas de représentants Raymarine (marque de notre électronique) en Polynésie. Bref nous avons attendu 15jours après mon arrivée notre paquet, pour suivre ensuite le parcours de combattant du dédouanage !…

Au final, notre écran n’affiche toujours pas de données, il est touché lui aussi !! baisse de moral pour l’équipage…Mais grâce à Michel du ship de la Marina Taina, nous pouvons commander un nouvel écran en Nouvelle Zélande et il arrive en 7 jours et est directement dédouané par le transporteur. Nous sommes enfin prêts !!

Nous sommes dans le lagon de Papeete et nous voyons passer tous les jours des va’a, des paddles, qui s’entrainent et parfois même des compétitions.

Le va’a est le sport national ici (plus important que le foot !!) et le soir à la TV nous avions les résultats et les commentaires en direct. Les polynésiens sont parmi les meilleurs rameurs au monde !

Après une journée de pause à Moorea, nous partons à la tombée de la nuit pour la première des îles sous le vent : Huahine située à 170km.

 

Nous arrivons le lendemain en fin de matinée, sous la pluie. Nous repartirons le lendemain pour Raiatea, car nous avons des copains qui y atterrissent 3 jours plus tard. Mais dès leur départ, 3 semaines plus tard, nous reviendrons sur cette île qui a gardé son mystère pour nous.

Huahine se compose de 2 îles reliées par un pont. Enchâssée dans un lagon unique, Huahine s’étale sur 75km².

On ne connait pas avec certitude l’origine du nom de cette île. « Hua »  signifierait sexe et « hiné » femme, comme dans vahiné. L’importance des femmes dans l’histoire de cette île calme et fière conforterait cette hypothèse.

 

La ville principale est Fare. Elle n’a pas de charme, mais c’est le port, le centre administratif et regroupe les banques, loueurs de voitures et un supermarché qui m’a étonnée par sa superficie et son achalandage ! beaucoup plus important que ceux de Raiatea. Il y a quelques bouées de mouillage(gratuites J) réparties dans la baie.

Le lendemain de notre arrivée le ciel se dégage et nous en profitons pour naviguer à l’intérieur du lagon jusqu’au sud de l’île. (mouillage 2).

Nous avons à droite la barrière de corail et à gauche l’île. C’est un peu au sud de Fare sur la barrière que des hommes s’affairent à déséchouer un bateau ! cela fait mal au cœur de voir un bateau comme ça L ….inconsciemment nous regardons mieux la carte…

Nous avons une vue magnifique sur Raiatea et Tahaa.

 

Nous pénétrons ensuite dans la baie qui sépare les 2 îles.

Au fond de la baie, un pont qui relie les deux îles.

L’île est très verte, avec des petites plages de sable blanc.

Nous descendons jusqu’au « mouillage2 », il faut dire qu’au-delà de ce point le fond remonte et ne nous permet pas de passer.

Nous descendons à terre pour nous dégourdir les jambes et nous partons vers un Marae (ancien lieu de culte)

Le soir nous nous offrons un apéro à l’hôtel, en face de notre mouillage et un repas typique dans le petit resto local voisin. Grand bien nous en a pris : nous récupérons les 2 codes internet et nous en profiterons largement car le lendemain il pleuvra à seaux toute la journée !

Dans le resto « chez Tara » j’admire la patronne en train de confectionner des couronnes de fleurs pour « l’anniversaire de la pharmacienne ». Nous discutons, elle me parle de la difficulté pour les jeunes de vivre au fenua (au pays), de trouver du travail, elle est inquiète car un de ses petits fils s’est engagé dans l’armée, dans l’espoir d’avoir une formation et un travail… Pas toujours simple la vie au paradis…Elle déposera dans mes cheveux un bouquet odorant, qui parfumera ma salle de bain une bonne semaine !!

Le lendemain quand nous remontons sur Fare, nous voyons un hydravion atterrir non loin de la barrière…décidemment il s’en passe des choses sur cette barrière….

Revenus à Fare nous décidons de louer des vélos pour faire le tour de Huahine Nui (Nui= grand en Tahitien pour parler de la grande île).

Nous partons vers le nord de l’île où se trouve l’aéroport. Nous continuons tout droit sur une langue de terre qui sépare la mer du lac Fauna Nui. Ce lac est en fait un long bras de mer, une extension du lagon. C’est une zone agricole.

Nos vélos ne sont pas de première jeunesse et celui d’Adrien a une chaine qui saute à chaque instant…

Nous arrivons à un Marae construit en bordure de mer.

Ce site cérémonial de 2m de haut s’étend sur 40m de longueur sur prés de 7m de large. Il est constitué de blocs de basalte et de dalles de corail. On y honore et invoque les dieux, intronise les chefs, prépare des guerres…les arbres qui les entourent, notamment le banian, étaient sacrés.

Au bout du lac un petit pont nous permet de rejoindre le village de Maeva. Là encore un Marae qui se situe au bord du lac. Mais ici la case des chefs a été reconstituée.

J’ai du mal à imaginer quelle était leur vie au quotidien…

A partir du pont, le lac devient un étroit canal s’étendant sur 3km jusqu’à la baie de Faie. Des parcs à poissons sont aménagés dans ce canal, disposés en forme de V, construits avec des blocs de coraux, ils sont repérables grâce aux petites cabanes où prennent place les pêcheurs. Ces parcs, qui ont plusieurs siècles d’existence, sont encore utilisés de nos jours pour piéger les poissons.

Dans le village, Martial s’arrête dans une maison et demande une clef de 12 pour retendre la chaine…ouf on peut rouler J. Nous arrivons à Faie, un village blotti au fond d’une étroite baie. La particularité de ce village est qu’il a une rivière où évoluent des anguilles sacrées aux yeux bleus.

Des personnes sont là avec des boites de thon. Ils déposent de miettes de thon sur les rochers et nous voyons les anguilles sortir de l’eau et « grimper » sur les rochers.

 

Au fond du village, nous remontons au belvédère : pieds à terre la montée est très raide (15%) et mon vélo semble peser 1 tonne.

Du belvédère nous avons une vue sur la baie qui sépare les 2 îles.

A la descente nous sommes debout sur les pédales, pas de freins sur ces vélos à rétropédalage. Mais à mi descente Martial pousse un cri : cela commence à fumer !!nous finissons la descente à pied pour éviter l’incendie !!

Sur la route de retour nous nous arrêtons devant les « souvenirs » du séjour mouvementé du dieu Hiro sur l’île. Selon la légende, il a fendu l’île en deux avec sa pirogue (j’aimerais avoir le secret de fabrication de la pirogue…solide non ?). Il a laissé une marque avec sa pagaie :

Et sur le rocher l’empreinte de ses attributs phalliques (son kokoro) !!!

C’était pas un dieu pour rien J.

Pour compléter notre tour d’île nous louons une voiture pour 3H dès le lendemain.

Retour sur le pont

Nous avons une vision sur la baie qui donne coté est de l’île.

Nous repassons aussi par un marae qui reste mystérieux pour moi…

Mais aussi sur la baie coté ouest que nous avions sillonné avec Ylang.

Au mouillage à Fare nous avons une journée avec des rafales à 35 noeuds . Le courant lui ne faiblit pas, ce qui fait que dans les rafales nous sommes souvent travers au vent, et Ylang se dandine comme il peut sur sa bouée !

Nous profitons d’une accalmie pour retourner sur Raiatea. Notre sail drive tribord a une fuite d’huile, malgré le changement de joints effectué sur le chantier à Papeete. Nous devons voir un mécanicien.

Nous quittons cette île si belle et sereine avec le sentiment qu’elle ne nous a pas livré tous ses secrets.

 

 

 

 

 

 

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