78.RANGIROA

Après une nuit d’une douce navigation sous les étoiles, nous arrivons au petit jour devant l’atoll de Rangiroa.

 

Des dauphins nous escortent jusqu’à la passe, que nous passons sans problème…à notre grand soulagement.

Nous jetons l’ancre devant un hôtel de luxe…

en dérangeant une raie Manta !!

Cet atoll est celui des superlatifs : 75 km d’est en ouest et 25 km du nord au sud, il se classe le deuxième atoll du monde par sa superficie. Son lagon est si grand qu’il pourrait contenir l’île entière de Tahiti ! L’essentiel de la vie se situe entre les deux passes.

Nous sommes étonnés car il y a très peu de bateaux au mouillage : nous sommes 4 (quand nous étions plus d’une 20ene à Fakarava !) En discutant avec d’autres voiliers de voyage, nous nous rendons compte que la route « classique » passe de Fakarava ou de Tauo directement à Tahiti. C’est la plongée qui motive un détour sur Rangiroa. « Rangi » est un mot magique pour tous les plongeurs du monde.

A terre le coté Tiputa est « réservé » aux touristes (c’est là que l’on trouve la majorité des hôtels et des clubs de plongée), Avatoru est le village où vivent les locaux. Une route goudronnée presque rectiligne relie les deux villages distants de 10km.

Nous première sortie sera pour visiter « l’île ». La largeur de la ceinture corallienne n’excède pas 200m et parfois moins

Nous alternons vues sur l’océan,

 

et vue sur le lagon.

Le village d’Avatoru n’a pas d’intérêt touristique, si ce n’est le parvis de son église au bord de la passe.

 

 

A la sortie de village nous sommes étonnés : nous découvrons un entrepôt de vin ! Ils fabriquent du vin à l’ombre des cocotiers ? !!

 

 

 

Le pari a été osé et relevé par 2 Français passionnés de vin. Ils ont fait plusieurs tests en Polynésie et ont maintenant plusieurs hectares de vignes, 5km à l’ouest de la passe d’Avatoru. La production annuelle est de 60000 bouteilles.

La dégustation est fermée sniff !

Notre arrêt suivant sera pour visiter la dernière ferme perlière de Rangi.


Nous aurons une visite avec toutes les explications sur la culture des perles.

Cela commence par le collectage.

Aujourd’hui, en Polynésie, la récolte des huîtres adultes accrochées sur les pâtés de corail est strictement interdite. Le seul moyen légal pour se procurer des nacres est le collectage. La technique consiste à immerger des collecteurs à quelques mètres de profondeur, pendant la saison de reproduction et dans les zones favorables de regroupement des larves.

Les collecteurs sont constitués à partir de rideaux d’ombrières en polypropylène que nous avions vu à Apataki.

Les larves de nacres trouvent sur ces collecteurs un support idéal pour terminer leur vie larvaire et se métamorphoser
en jeunes nacres. Il faudra attendre encore au moins un an que les nacres aient suffisamment grossi et soient bien formées avant d’envisager de les manipuler. Efficace depuis les années 90, le collectage est très performant dans les petits atolls et toutes les fermes perlières s’approvisionnent à partir de ceux-ci.

 

Une fois les collecteurs transportés à la ferme, il est rapidement nécessaire de détacher les huîtres fermement fixées. C’est le détroquage puis la mise en élevage afin de les faire grossir jusqu’à la taille où elles pourront être
greffées. Les supports les plus souvent utilisés sont des cordes fines supportant 20 à 50 huîtres. Les cordes sont immergées à 8 ou 10 mètres de profondeur, suspendues par des bouées et accrochées sur le fond du lagon.

Le processus d’élevage peut durer deux à trois ans. Des nettoyages réguliers et des tris, faisant appel à une nombreuse main d’œuvre, sont effectués tous les 6 mois afin de retirer les animaux malades et de calibrer les élevages. On estime à environ 40% la perte du cheptel durant cette phase d’élevage, due essentiellement aux prédations et aux maladies.

L’huitre de Polynésie est la « Pinctada margaritifera » aussi appelée huître aux lèvres noires. Elle est célèbre pour la couleur de son manteau interne, teintées de reflets verts et noirs.

Les perles se développent à l’intérieur de mollusques producteurs de nacres (huîtres, moules, etc…), vivants en eau salée, ou en eau douce. Une perle naturelle naît de la lésion accidentelle du manteau, organe producteur de nacre, qui reconstitue par cicatrisation un sac perlier au niveau de la lésion (situation très rare en milieu naturel).

La différence essentielle entre la perle naturelle et la perle de culture provient de l’intervention humaine avec la greffe d’un nucleus en nacre. Le processus de minéralisation est quant à lui identique et la nacre produite similaire.

Le nucleus, sorte de bille parfaitement sphérique provenant de moules d’eau douce (moules du Mississipi). Ces moules ont la caractéristique d’avoir une coquille suffisamment épaisse et de consistance très proche de la nacre des huîtres perlières marines ( c’est un japonais qui a déposé un brevet et qui en a l’exclusivité mondiale).

Ce nucleus sera inséré dans la poche perlière de l’huître avec un petit bout de manteau appelé « greffon » (provenant d’une huître sacrifiée à cet effet). Ce greffon est à l’origine du sac perlier qui recouvrira totalement le nucleus et produira les lamelles de nacres comme dans le cas de la formation d’une perle naturelle.

Lorsque les huîtres ont atteint la taille adéquate, entre 10 et 12 cm de diamètre, il est possible de les greffer. L’acte chirurgical nécessite une propreté de la nacre mais aussi des outils de greffe ainsi que des nucleus et des greffons.

 

Immédiatement après l’opération qui dure environ 30 secondes, la nacre est placée dans un panier de rétention pendant 45 jours dans une zone protégée du lagon. Au bout de ce laps de temps, un contrôle de rejet du nucleus est effectué.

 

La formation de la perle nécessitera encore entre 18 et 24 mois de soins et d’entretiens avant de découvrir enfin le résultat de ce long processus.

 

La surgreffe, consiste à prélever délicatement la perle sans léser les organes de l’huître, en particulier son muscle adducteur, et à la remplacer par un autre nucleus de la taille de la perle récoltée sans avoir cette fois ci à insérer de greffon, le sac perlier étant déjà présent dans la poche perlière. Cette technique outre le fait de pouvoir utiliser la même huître pour produire plusieurs perles est aussi le moyen d’obtenir de très grosses perles, de diamètre exceptionnel.

4 ans séparent ces deux nacres et plus de 6 ans de travail pour obtenir une perle.

  • Collectage du naissains  (1an)
  • Décrochage et mise en élevage (2 ans)
  • Greffe
  • Contrôle des rejets (45 jours)
  • Elevage des nacres avec perle (2 ans)
  • Récolte et surgreffe
  • Elevage des nacres avec perle (2 ans à nouveau)

 

Les perles doivent présenter une couche perlière suffisante et continue sur au moins 80 % de leur surface, en ne faisant pas apparaître le nucléus, même par transparence. Tout produit ne répondant pas à ces critères, ne pourra avoir la dénomination « Perle de Culture de Tahiti». Les critères qui déterminent la valeur d’une perle de culture de Tahiti sont la taille mesurée en diamètre, la forme, la qualité dépendante de la pureté de la surface extérieure et du lustre et la couleur.

Cette visite a été très instructive (et gratuite) …ensuite il est bien vu de passer au magasin …

 

En dehors de cette ballade nous ferons 2 plongées.

Nous avons choisit le club Yaka Plongée et nous ne sommes pas déçus par l’accueil  et par le lieu: il règne une très bonne ambiance dans ce club

Les plongées nous ont moins émerveillés qu’à Fakarava, mais nous y avons fait de belles rencontres. Une des particularités de la passe de Tiputa, est que l’on peut observer régulièrement des dauphins qui jouent avec les vagues du mascaret. Ils ont d’ailleurs installé le long de la route un petit kiosque d’où on peut les observer, avec un panneau mettant en garde contre les maladies de peau des dauphins, transmissibles à l’homme par contact et des photos peu ragoutantes. On est loin de Flipper…

 

 

Furtivement nous apercevons des raies aigles, une raie manta et quelques requins pointe noire.

 

Sur une des plongées, grâce au courant, nous finissons à l’aquarium.

Nini notre monitrice fait un câlin en passant à la gardienne : une belle murène javanaise.

 

Et juste après nous sommes devant un banc de perches pagaies, côtoyant un banc de fusillés …j’ai rarement vu autant de poissons en même temps, je reste fascinée devant le spectacle.

 

Au retour sur Ylang, après chaque sortie de plongée, nous avions des « inspecteurs » qui attendaient un contre rendu précis sur les bancs de poissons :

Ce sont des Noddi brun, de la famille des sternes, mais contrairement à la plupart des sternes, le noddi se pose : sur l’eau, sur le dos des baleines…et sur Ylang (au désespoir du capitaine). Au moment de la reproduction, le noddi courtise sa partenaire en la saluant. Il pond un œuf à même le sol et le couple élève conjointement le jeune…un vrai gentleman ce noddi. J

Au niveau de l’avitaillement, on retrouve un petit choix, mais toujours lié à l’arrivée de la « goélette ». (Les bateaux ravitailleurs sont maintenant des petits cargos, mais la population a gardé le terme de « goélette » des premiers bateaux qui faisaient les navettes)

Par contre l’accès au wifi est toujours douloureux…

Nous reprenons notre route vers l’ouest et empruntant pour sortir la passe d’Avatoru.

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