77. TOAU et APATAKI

Nous quittons Fakarava par la passe nord pour l’atoll voisin Toau. Le vent est nord est, la sortie de la passe nord mouvementé. Nous longeons Toau par le sud pour nous rendre à l’anse Amyot.

 

Située à la pointe NW de l’atoll, c’est une fausse passe avec un seuil à moins de 8 m qui donne accès à un bassin fermé de 200 m de large avec des fonds de 25 m.

L’anse Amyot est un bon mouillage.

 

 

A terre on trouve la maison de Gaston et Valentine.

 

La douzaine d’habitants de ce motu, d’ailleurs tous membres de la même famille, vivent du coprah, de la vente de leur pêche et des voyageurs de passage. Ils ont installé des bouées, pour les bateaux, qui sont gratuites pour ceux qui viennent manger à la table de Valentine.

 

Mais voilà, nous sommes samedi et Valentine ne « travaille » pas le weekend. Elle nous accueille dès notre descente de l’annexe, nous fait assoir. Elle parle Valentine, de son enfance, de ses croyances, de sa vie. Elle nous explique que 200 bateaux passent devant chez elle chaque année ! C’est un personnage, une femme assez forte, sans fioritures. Gaston lui est mince, tatoué, très occupé, il ne parle pas, va et vient. Il a un Pb : il manque d’huile pour démarrer son groupe…Martial lui offrira un bidon et Gaston retrouve son sourire. Ils nous autorisent à nous balader sur leur île qu’ils entretiennent et décorent avec les moyens du bord.

Ils ont même construit des petits bungalows qui servent de gites à l’occasion.

La cuisine….avec vue sur le lagon

 

Leur « jardin » est une cocoteraie.

La lumière est magnifique.

Ici rien ne se perd, mais ceux qui sont maitres en matière de récupération sont les Bernard l’Hermite : ici toutes les coquilles sont habitées…

Ils sont à 1 heure à 2 heures de bateau de la première « civilisation » (Fakarava nord, ou Apataki) où ils vendent leur poisson et où ils se ravitaillent. Malgré la beauté sauvage de l’endroit, je me rends compte que ce ne doit pas être toujours facile de vivre là, isolés…

Pour lui par contre tout va bien…

 

Les pièges à poissons de Gaston (et un peu partout dans les Tuamotus) sont des sortes de gros d’entonnoirs, où le poisson rentre avec le courant de marée et ne retrouve jamais la sortie. Le gros avantage est que les poissons sont conservés vivants, le piège peut servir de vivier.

Les bouées de mouillage sont sur 15 à 20m de fond, et sous Ylang Ylang la vie marine est très riche : dés que nous jetons quelque chose à la mer, des dizaines de poissons se précipitent.

Nous feront plusieurs séances de snorkling, où nous pouvons voir en plus des poissons colorés de lagons, des Napoléons, des requins pointes nord et des raies !! magique !! Adrien fera une plongée bouteille avec son moniteur de père.

Martial et moi feront une plongée, à l’extérieur de la passe, (tombant de 12m à ??? en centaines de mètres) à l’endroit où Laurent Bourgnon disparaitra moins d’une semaine plus tard. Nous seront secoués par cette nouvelle.

Nous reprenons notre route vers l’ouest, vers l’atoll d’Apataki. La distance est parcourue en 4h sous les grains…

Ouf ! L’entrée de la passe est calme, nous nous croyons « sauvés ».

Cela ressemble à une ballade fluviale, nous dépassons des petites maisons de pêcheurs sur pilotis

 

Puis nous passons devant le village

Nous devons continuer notre route pour atteindre la zone de mouillage…c’est là que cela se gâte.

Le courant devient violent, Ylang devient difficile à contrôler, Martial est tendu, mais nous passons avec les moteurs quasi au max ……en « serrant les fesses ».

La passe d’Apataki se finit à l’intérieur en une sorte d’entonnoir, où le fond remonte de 25m à 7m et évidement le courant s’accélère à plus de 4 nœuds juste avant d’arriver dans le lagon.

Pratiquement toute la vie de cet atoll se concentre sur une petite île qui est bordée par une petite piste d’aéroport.

A notre visite à terre nous découvrons le village : toutes les maisons sont réparties de part et d’autre d’une « grand » rue.

Toute la vie passe par cette rue : les enfants jouent, des femmes promènent leur bébé, il y a un tournoi de pétanque au milieu de la route…le stress ne semble pas être arrivé jusque là J

J’évalue la longueur de cette rue (et du village) à 500m d’où mon étonnement quand nous découvrons qu’il y a des voitures !! des voitures qui n’existent plus chez nous…le contrôle technique n’est surement pas arrivé lui non plus.

 

L’atoll vit essentiellement de l’huitre perlière. Nous n’avons pas vu de fermes perlières (plus loin dans le lagon) mais pas mal de « collecteurs » à huitres en train de sécher.

Vu de prés cela ressemble à des sacs poubelles déchiquetés attachés sous forme de mèches de rastas. Le but est d’avoir un maximum de surface pour fixer les larves d’huitres perlières : les naissains. Un peu plus tard on nous expliquera que ce n’est pas possible partout (il faut un lagon assez fermé). Apataki semble être spécialisé dans cette récolte et revend ses larves d’huitres à des fermes un peu partout dans les Tuamotus.

Au bout de La rue, il y a un terrain dédié au sport et ce soir là, il y a entrainement au lancer de javelot : une noix de coco est fixée sur un mat de 9.50m et le but est de viser et planter le plus grand nombreux possible de javelots.

C’est impressionnant et l’ambiance est bon enfant.

Le vent et la houle sont assez forts de sud-est et la barrière de corail ne nous protège pas assez. Nous reprenons donc notre route vers l’ouest, mais avant de partir le capitaine ira jauger à plusieurs reprises le courant de la passe pour choisir le moment optimum.

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