25.ILES DU SALUT

Le jeudi 14 Mars nous quittons Fortaleza, en fin de matinée après avoir aidé Birabao et La Julienne à se décrocher.

Le parasailor est mis en place, nous partons Nord ouest jusqu’aux premières plateformes pétrolières que nous atteignons en début de nuit. A partir de là nous pouvons partir plus à l’ouest (abattre pour les voileux) et du coup avoir une mer plus confortable trois quart arrière. Le jour suivant nous avançons pas mal (183milles) toujours sous parasailor. Les deux jours suivants sont plus compliqués : on a l’impression (qui est sûrement une réalité) de traverser la ZIC (Zone Intertropicale de Convergence….pour ceux qui ont du mal à suivre, revoir mon chapitre « la traversée » J ). Les changements de temps se succèdent, petit temps au prés, grains, vent plus fort, du coup aussi pour nous changements de voiles fréquents.

La joie de Martial :les grains cela rince le bateau ….et son capitaine.

Nous croisons des dauphins le dimanche après midi. Avec Adrien on en remarque un qui a une grande balafre sur le dos, et on essaye d’imaginer de quel genre Pb il est rescapé. Le lendemain, dans l’après midi de nouveau nous sommes entourés d’une bande de dauphins. Et nous retrouvons notre balafré !!!Ce jour là nous avons parcouru 180milles (1 mille=1.85km …je vous laisse calculer) .Comment ont-ils fait pour nous retrouver dans cette immensité qui semble vide ? Est ce qu’ils ont voyagé avec nous ? A quelle distance ?

Nous sommes portés par un courant et le dernier jour nous battons notre record de distance sur 24h : 211milles. Nous arrivons de nuit aux iles du Salut…cela devient une habitude les arrivées de nuit ! L’approche est bien balisée par des feux mais l’arrivée au mouillage vers 1h du mat, sans lune, nuit noire je n’aime pas, mais pas du tout, du tout. Heureusement on a un phare très puissant qui nous permet de nous situer par rapport au rivage et aux autres bateaux. (Cela fait une éternité que ce phare me suit de bateaux en bateaux …et dans ces moments je l’aime, je pense que cela devrait être un équipement obligatoire)

Le lendemain à 8h Adrien nous réveille : Birabao nous tourne autour : lui n’a pas osé mouiller dans la nuit noire et a tourné autour des iles. Christian est fatigué, ne veut pas s’arrêter et s’en va directement à Kourou.

Nous sommes mouillés dans le creux de l’ile royale. Nous découvrons l’écrin de verdure où nous sommes. L’eau semble claire : cela nous change du Brésil !

L’ambiance est calme sereine et on a du mal à imaginer toute la souffrance que ces îles ont portées. Nous décidons de passer la journée là pour visiter l’Ile Royale.

Les épidémies de fièvre jaune dues à l’insalubrité du climat guyanais, au manque de nourriture et d’eau potable, ainsi que les installations précaires avaient décimé la plus grande partie des colons d’origine française, convoyés en Guyane pour peupler le territoire. Les survivants, qui trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, les rebaptisèrent alors « Îles du Salut ».
Mais ce « salut » est de courte durée et la réputation de « triangle maudit » et de « terre d’enfer » allait être confirmée. Sous le Second Empire, à partir de 1854, l’administration pénitentiaire y instaure un des bagnes les plus durs au monde, où passeront 70 000 prisonniers.

L’île Royale accueillait l’administration ainsi que l’hôpital, l’île Saint-Joseph servait pour les « fortes têtes » et l’île du Diable pour les espions, les détenus politiques ou de droit commun. Alfred Dreyfus (1894) et Guillaume Seznec (1923) en furent les prisonniers les plus célèbres, ainsi qu’Henri Charrière (1933) qui décrivit dans son livre Papillon son séjour et ses tentatives d’évasion (souvenirs en fait souvent « empruntés » à ses codétenus).

Nous descendons à terre , après une courte montée nous arrivons sur un plateau où étaient concentrées la plupart des installations de l’île.

A l’entrée du plateau….

Du coton, sur pied…moi qui avait toujours vu ça dans une salle de bain…la citadine que je suis encore s’émerveille.

Puis nous passons par un genre de poulailler où les animaux sont en liberté : il y a bien sûr des coqs et des poules (pour respecter la forme !) mais aussi un paon magnifique

Des haras

 

Et surtout des agoutis (sorte de rongeur intermédiaire entre la marmotte et le ragondin…)

 

La visite est libre sur l’ile, seules quelques plaques nous expliquent l’usage des bâtiments. Certains sont en cours de rénovation mais beaucoup sont en ruine.

La plupart des cellules n’ont pas d’ouverture sur l’extérieur…


L’hôpital (bâtiment devant Martial) est interdit d’accès, trop dangereux, prêt à s’écrouler.

Le phare, construit après la fermeture du bagne, nous a bien aidé la nuit précédente.

L’église où des bagnards ont peint quelques scènes de la vie quotidienne.

Il y a un contraste saisissant entre la lourdeur du passé et une belle nature luxuriante et sereine qui a repris ses droits.

Nous partons faire un petit tour d’ile : les vues sont magnifiques

Une petite rencontre au milieu de l’ile

Une belle piscine naturelle.

Vue sur l’ile au diable. Interdit de s’approcher du bord : attention courants violents, danger !!!

Adrien devant l’ile St Joseph

 

Après une journée revigorante nous repartons pour Kourou.

 

 

 

24.FORTALEZA

Nous avons (enfin) reçu le paquet-cned, nous avons attendu deux jours supplémentaires que l’ARC un gros rallye qui occupe tout le port de Fortaleza où nous devons nous rendre s’en aille et un beau jour c’est le départ. Le temps presse nos visas de 90 jours arrivent à terme et nous avons encore de la route à faire pour sortir du Brésil. Il y a deux jours de navigation pour rejoindre Fortaleza, Adrien fera le voyage sur Birabao. Christian est ravi d’avoir de la compagnie pendant sa navigation et Adrien est content de prendre des « vacances » de ses parents.

Le 6 Mars à 9h c’est Birabao qui lâche les amarres le premier et cela fait tout drôle de voir Adrien sur un autre bateau

C’est notre tour, Mr aide Mme à monter

Un dernier sourire à Giorgio et Gisèle (grâce à qui nous avons ces photos)

Et c’est parti

Navigation paisible d’une heure trente pour sortir du Rio Paraiba cette fois ci de jour. Nous pouvons apprécier le paysage.

A l’embouchure, à tribord il y a Cabedelo un port de commerce

Et juste en face, l’autre rive contraste avec des petits villages et des plages de sable blanc

Juste devant les cargos des dauphins escortent notre sortie. Un dernier coucou à la VHF à Giorgio, une dernière photo de Birabao

Et nous montons le parasailor, nous avons un vent de 17noeuds trois quart arrière et une houle un peu pénible de travers. Nous avons un email de Birabao : Adrien est malade (comme d’hab’), mais tout va bien. Le lendemain le vent monte dans l’AM, changement de voile, nous remettons le génois moins rapide mais plus sécur’. De nuit nous croisons une plateforme pétrolière et son lot de remorqueurs et pas mal de pécheurs. Mon Iridium (téléphone satellite) fait des siennes, j’ai une réception difficile et plus aucune nouvelle de Birabao !!

L’arrivée à Fortaleza est peu engageante : d’un coté les buildings avec une grosse épave devant

De l’autre les quartiers défavorisés

Nous jetons l’ancre vers 12H30 le 8 Mars à coté de la Julianne partie deux jours plus tôt. Nous étions persuadés que Birabao serait déjà là, à nous attendre, son bateau étant plus rapide. Mais Christian a préféré tirer très au large pour évider les dangers (pécheurs et plateforme) se rallongeant la route. Sans nouvelles (nous apprendrons par la suite que son téléphone satellite a été coupé faute de recharge) nous n’en menons pas large quand une voile apparait au loin….vite les jumelles …ouf c’est eux.

Adrien à la barre, Christian au guindeau

Les trois bateaux sont mouillés devant le port de Fortaleza et nous sommes tous contents de se retrouver.

Nous apprenons que la Julianne a eu des Pb : ils ont cassé leur étai (c’est le câble qui tient le mat à l’avant). Heureusement ils ont un étai largable qu’ils ont pu mettre en place, et leur mat a tenu bon.

On est vendredi début d’AM et nous sommes pressés d’aller voir les autorités avant le weekend (surtout Christian dont le visa expire lundi). Pas le temps de débarquer avec l’annexe qu’Armando le responsable du port nous dit qu’il ne faut pas rester au mouillage, « la marine va débarquer demain à 6h » (en fait on ne verra jamais de marine), il faut rentrer dans le port…oui oui tout de suite …de toutes les manières c’est trop tard pour les autorités.

Ce n’est pas un port facile : il faut jeter l’ancre et reculer tout droit vers le quai, avec un vent et un courant de travers, le bateau a tendance à partir sur le coté. Nous aidons en poussant avec notre annexe pour maintenir les bateaux copains. On se prend les amarres, on renforce, les quais sont flottants et en mauvais état. Heureusement que nous sommes à trois bateaux pour s’entraider parce que le personnel brille par son absence. Pour l’eau et l’électricité, il faudra attendre leur retour le lendemain.

Pour se remettre de nos émotions nous dinons tous ensemble sur Ylang.

Le lendemain, nos copains négocient et obtiennent de super tarifs avec des nuits gratuites en prime. C’est déjà ça.

Martial a des désordres intestinaux qui le fatiguent…

Et petit à petit les ancres ne suffisent plus à tenir les bateaux et nous sommes obligés de tirer une amarre sur le quai en face.

«Les hommes forts » font des allers retours avec l’annexe.

Il y a des paquets de mer qui passent par-dessus la digue. La situation devait être exceptionnelle car elle a été filmée par la TV locale.

Si au niveau des bateaux ce n’est pas terrible, pour les enfants c’est super. En effet la marina est à l’intérieur d’un grand hôtel et nous avons accès à la piscine, table de ping pong , billard, etc.….

Les enfants en redemandent

Les mamans aussi

Et les hommes n’ont pas boudé les caïpis devant la piscine le soir.

Mais L’Attraction de Fortaleza c’est Le Pirata. C’est une des plus grandes boites du pays et les gens viennent de tout le pays pour y passer une soirée.

C’est un genre de tout petit village décoré, en plein air

Il y a des spectacles

Les chanteurs et danseurs sont maitres dans la façon d’enflammer une salle et même si nous ne connaissons pas toutes les chansons par cœur comme les brésiliens, nous sommes pris par l’ambiance et le spectacle.

Pour sa première sortie en boite Adrien a « kiffé à mort » et ne voulait plus rentrer….

En plus des courses alimentaires nous avons eu le temps de nous promener un peu jusqu’au marché artisanal : c’est immense sur 3 étages que des boutiques artisanales

6 jours après notre arrivée nous prenons notre dernière caïpi. Au bord de la piscine en élaborant un plan de départ.

Défaire le maillage de bouts mis en place pour tenir nos bateaux …on s’entraide.

La Julianne est la première à partir

Un dernier regard sur l’épave sentinelle

et nous quittons le Brésil pour la Guyane.

Nous avons l’impression d’avoir seulement effleuré ce pays immense (15 fois la France). Du fait de cette superficie, l’avion est le meilleur moyen de visiter ce pays, mais il faut prévoir le budget et le temps. Le bateau est un moyen beaucoup trop lent.

Nous avons eu de grandes difficultés de communications du fait que très très peu de gens parlent anglais. Le pays par des taxes de douanes pratique un protectorat exacerbé qui empêchent même dans les grandes villes l’entrée de la plupart des produits et pièces étrangers.

Nous avons croisé de très grandes disparités sociales, on sent le pays en pleine croissance.

Comme la moitié du pays n’est pas imposable, le pays taxe la consommation. Les prix dans les magasins ne sont que peu différents de ceux pratiqués en France.

Même si nous n’avons jamais eu l’ombre d’un PB, l’insécurité est présente : nous n’avons jamais vu autant de policiers armés (gilets parre- balles et chacun deux à trois armes à feu !!) et surtout tout le monde nous en parle.

Nous rêvons aussi d’eau bleue où nous pourrions nous baigner sans crainte.

Mais bizarrement nous ne regrettons pas notre escale :

Les brésiliens se préparent toute l’année pour le carnaval et il faut reconnaitre que la fête est grandiose. Les gens ont le sens de la fête. A Fortaleza nous avons suivit une rue dont tous les magasins vendent des articles de fête. Ce sont des professionnels de la fête.

Nous avons une foule de souvenirs de super soirées. L’ambiance nous a charmée. Nous avons fait des rencontres qui resteront longtemps en nous.

Et petit détail mais qui a fait notre quotidien : les ananas et les mangues sont excellents (nous n’en avions jamais mangé d’aussi sucrés) Nous avons fait des cures de fruits

23.JACARE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes à la marina Jacaré. Le lieu est très sympa (il faut croire car nous y sommes restés un mois !) Situé sur le rio Paraiba , qui donne son nom à l’état , proche de la ville de Jaoa Pessoa , la marina est constituée de deux pontons en bois.

Il y a là une quarantaine de bateaux, beaucoup de Français qui se sont déjà croisés, certains au cap vert, à Salvador, en Afrique du sud….le monde est petit finalement.

Voici le « club house » juste en face des pontons de l’autre côté du chemin de terre sablonneuse avec : son grand espace central où quelques tables sont à disposition, et de chaque côté sa pièce wifi, salle de muscu, laverie, bureaux, atelier de Philippe, sanitaires-douches, et bien évidement le plus important…LE BAR qui fait aussi resto le soir.

A marée basse on peut même caréner son bateau si on n’a pas peur de la vase …et des crabes

Tous les jours il y a des gamins à cheval sans selle et sans étriers qui poussent un troupeau de vaches : impressionnants


La première particularité de l’endroit c’est que tous les jours à la tombée de la nuit les notes apaisantes du Boléro de Ravel nous parviennent. Comment ? Vous ne connaissez pas Jurandy Sax ? Il parait qu’il est dans le livre Guiness des records ! Pourquoi ? Parce que tous les soirs à la tombée du soleil Jurandy Sax tout de blanc vêtu monte dans une petite barque, menée par un piroguier, son saxophone à la main et se met invariablement à jouer sa version du boléro de Ravel et ce depuis 15 ans.

Jurandy est célèbre dans tout le Brésil et attire des centaines de gens tous les jours. Les lanchas arrivent de Cabedelo(petite ville à l’entrée du rio) tous les soirs, frôlent les pontons de la marina déversant une musique saturante et agaçante pour nos oreilles européennes.

Autour de cet « événement » s’est créé un petit village très touristique : des bars, des restaurants et des boutiques de tee- shirts et de souvenirs.

Celle-ci plaisait particulièrement à Adrien…

Un Jacaré est un type de crocodile et c’est l’emblème et le nom de l’endroit.

 

 


Apéro dans un bar dans les arbres où des pneus peints servent de poufs

Au bout d’un mois avec l’aide de Mr Pavloff , nous avions un reflex : boléro de Ravel = douche= apéro= caïperinhas

Je ne crois pas que Ravel s’imaginait tout ça en créant son boléro….

  • Un matin nous avons pris une petite barque qui nous a conduits sur la rive opposée.

 

Les rives sont couvertes de mangroves

Nous débarquons dans un tout petit village où tout est calme, serein

Le chemin est de sable.

Nous démarrons une ballade champêtre d’une heure et demi sous un soleil de plomb.

Arrivée à l’embarcadère

Juste le temps de déguster des brochettes de crevettes panées avec une eau de coco vert et notre navette arrive

C’est un bus qu’ils ont posé sur une barque

Je ne sais pas si le chauffeur (le capitaine ?) a son permis bateau ou transport en commun…

 

Retour par Cabedelo (à l’entrée du rio)

  • Un dimanche la moitié de la marina s’est retrouvée sur la plage de Cabedello pour un repas typique : crabe et caïperinhas (évidemment).

Passage d’un confrère

  • Et puis il y a eu les soirées faites en commun à la Marina.

Soirées barbecue avec Christian (Birabao) en maitre feu

Evidemment les discutions vont bon train : tournées sur les voyages, les parcours de vie, les femmes échangent des recettes de cuisine-bateau (cad avec ce que l’on trouve sur place), de gestion de CNED pour certaines et les hommes des points de vue sur tel ou tel matériel, telle ou telle panne…

Il y a eu aussi deux soirées où Bernard a pris sa guitare pour nous jouer du Brassens ou du Brel

Quentin un équipier suisse de passage qui jouait et chantait parfaitement en anglais , espagnol et français.

Et puis il y a Christian (un français embauché le temps de son visa) au bar de la marina, qui nous sert les caïpis et nous met de la musique qui débloque toutes les jambes

Christian à l’occasion de ses 60 ans a organisé une super fête

Et puis comme on se connait de mieux en mieux, on s’invite en soirée plus privées : rougail saucisses sur Ylang

Lors d’un apéro (caïpis à la cajou concoctées par Martial) Christian (Birabao) et Martial ont pris leur guitare et Giorgo sa clarinette …encore une soirée mémorable.

Christian a déliré sur la guitare électrique d’Adrien…

Nous avions l’intention de partir au bout d’une quinzaine de jours mais nous avons dû attendre un paquet du CNED. Les journées étaient consacrées (en dehors des jours de sorties) aux taches administratives, ménage, courses, bricolage ….et CNED bien sûr.

Martial part faire les courses avec le vélo de Christian

Nous nous sentions bien dans cette marina, qui donnait l’impression d’être plus un club associatif qu’une marina classique.

Et à défaut de beaucoup voyager nous avons fait beaucoup de belles rencontres (ce qui est aussi une forme de voyage….)

A chaque départ ou arrivée Francis (responsable de la marina) et les « bras forts disponibles » sont sur le quai pour prendre (ou larguer) les amarres

Aidés sur un stand up paddle local du marin (désolée j’ai oublié son nom) pour les bouts dans l’eau

Merci à eux pour leur compétence, leur disponibilité et leur gentillesse.

Nomadéous, un grand catamaran avec une famille dont les deux filles ont 11 et 12 ans qui a permis à Adrien de passer des soirées plus ado. Ils venaient directement du Cap Vert et ont continué leur voyage vers le sud Salvador.

Ils sont arrivés avec deux équipières de choc Virginie et Julie qui prendront l’avion pour le Mexique, but de leur voyage.

« Bande à Part » le plus petit bateau de la marina (Un sangria de 8 mètres). A son bord Pantxo et Arantxa deux basques qui ont une joie de vivre permanente. Ils forcent l’admiration de tous et prouvent qu’un voyage comme cela, tient plus de la volonté que de moyens financiers.

Nous faisons tous un voyage différent même si nous passons par les mêmes endroits.

Chacun a son rythme et nous devons trouver le notre…

Il y a Adrien et Capucine qui font un tour du monde en moins de deux ans sur un bateau rapide.

Il y a Gisèle et Giorgio nos voisins de ponton dont le bateau est au Brésil depuis deux ans et eux alternent 3mois au Brésil avec 3 mois de voyages (avion) en Amérique du sud ou en France. Eux ont trouvé leur rythme et ont un sourire à toute épreuve : « ta bon … »

Leur connaissance de la région nous a beaucoup aidé. A notre départ ils nous offrent des bracelets de leur propre fabrication : petits chefs d’œuvres de matelotage, uniques et originaux.

Nous leur souhaitons bon vent dans leurs projets et pensons à eux.

Il y a aussi tous les autres : Microbe un catamaran qui est déjà passé pas mal de temps sur les Antilles et qui nous donnent toutes sortes d’infos, Iris un bateau construit par Philippe il y a 21 ans qui est comme neuf alors qu’ils ont déjà fait un tour d’Atlantique avec leurs enfants….mais je ne peux pas citer tout le monde et leur histoire.

Nous continuons notre voyage avec « Birabao » et Christian que je n’ai plus besoin et présenter et « La Julianne » un bateau (petit prince pour les connaisseurs) en acier mené par un couple redoutable

et leurs parents….

Un grand merci à Francis et son épouse Cristina qui malgré son travail (elle passe un doctorat de français) a souvent été avec nous, nous expliquant son pays avec passion et une grande gentillesse

22.JAOA PESSOA

Situé sur le rio Paraiba , qui donne son nom à l’état , la ville de Jaoa Pessoa, 800000 habitants, au sud de la marina Jacaré s’ étale le long de la mer.

Nous y avons fait quelques sorties.

La sortie du samedi c’est le SABADINO POP.

Nous partons tout un petit groupe guidés par Gisèle et Giorgio nos voisins de ponton.

D’abord prendre le train :

Le train, une seule voie, pas de première jeunesse mais très pratique et vraiment pas cher : 0.5réals soit 0.20€. Nous l’utiliserons souvent.

Nous débarquons au centre du vieux Jaoa Pessoa. Nous découvrons une rue entière dédiée à des boutiques de mécanique et de bricolage. Martial est au paradis….

Puis découverte du marché central

Petit test pour voir si vous avez retenu les épisodes précédents : quels sont ces fruits ?

Eh oui des pommes de cajou…il y en a 2 qui suivent !! comme dirait Coluche, et j’ai les noms des autres…. J

Il y a des « porteurs à brouettes » tout autour des marchés qui patientent intensément


Nous arrivons sur une petite place où tous les samedis une estrade est montée et un groupe de musiciens vient se produire gratuitement.

Les musiciens sont super, de la vraie bonne musique, je suis sous le charme. Les gens dansent

Tri-recup’ pour les décors : « ça le fait » dixit Adrien

Evidemment on peut manger sur place

Vendeurs de brochettes :

Ou bien des bonnes soupes chaudes (idéal par 35°c à l’ombre !) ou encore des barquettes de viandes riz, purée, grains un peu à la manière réunionnaise.

Après le concert tout le monde se rejoint dans un petit bar dans la rue adjacente. C’est une cachaçaria : il y a toutes sortes de bocaux de cachaça arrangées.

Il y a une atmosphère dans cet endroit : les murs sont couverts de peintures, de photos de musiciens, il y a des objets de brocante un peu partout, un grand comptoir en bois. Il y flotte une odeur de feijaos mélangée à l’odeur du rhum. Il parait que l’on peut alterner une soupe de feijaos (sorte de haricots rouges) avec un verre de cachaça. Je dis « il parait » parce que je n’ai vu passer que des tournées de cachaça….qui a dit que j’ai de mauvaises fréquentations ? L’ambiance est bon enfant.

Un groupe de musiciens se met à jouer sur le trottoir d’en face, et la rue se remplie petit à petit. Tout le monde danse et cela dure jusqu’à la nuit.

Je me suis éloignée un peu dans la rue pour respirer et je rencontre Cristina, la femme de Francis venue faire le « capitaine de soirée ». Tolérance 0 pour l’alcool au volant au Brésil.

Elle me parle de ce vieux quartier de Jaoa Pessoa (qui malheureusement est peu rénové) et nous partons visiter une des plus vieilles églises baroques du Brésil. Ils l’ont éclairée et décorée en vue d’un mariage.

Son autel est entierement peint à l’or.L’ensemble m’a touché malgré mon manque d’intérét pour les vieilles églises.

Le soir tout le monde était bien fatigué et la marina est restée très calme ce soir là.

La sortie au zoo a été plus calme et plus classic


Nous avons fait quelques balades en ville pas de doute, nous sommes bien au Brésil

Si vous avez besoin d’un certificat de casier judiciaire vierge, j’ai gardé l’adresse pas de Pb :

Il y a deux sortes de restaurants assez typiques du Brésil : la comida a kilo et la churrascia. Nous avons fait pas mal du premier (sortes de buffets, où on se sert et on paye au poids son assiette. Certains sont très bons et en général ce n’est pas très cher, mais ce sont des restaurants plutôt de midi)

Nous sommes allés un soir, dans une Churrascaria avec nos guides préférés Gisèle et Giorgio.

En général il y a des buffets (salades, sushis…etc) où l’on se sert à volonté

Une fois assis on vous donne 2 jetons : un vert, cela veut dire que vous avez encore faim, que vous en voulez encore

Un autre jeton rouge, qui veut dire que vous en avez assez

Et vous avez des serveurs qui passent sans arrêt avec toutes sortes de viandes présentées sur des piques et il vous coupent des tranches (on a chacun une pince pour attraper la tranche)

Les viandes sont délicieuses fondantes et Giorgio est admiratif

L’endroit est assez classe et nous avions un pianiste, qui ayant compris que nous étions Français, nous a joué des grands classiques français (Piaf, Brel…)

Nous avons passé une super soirée, demain on se met au régime ….enfin après l’apéro. J

 

 

 

 

 

 

 

 

21. VOLUPIA

 

Le lundi 18 Février Francis nous a organisé une journée découverte de l’intérieur.

Départ de Joao Pessoa à 7h pour Alagoa et Areia. Les cartes montrent ce que l’on peut faire en une journée de bus par rapport à l’état le Paraiba(carte en haut ), par rapport au Brésil (carte en dessous)…le pays est gigantesque.

Premier arrêt sur la route pour se dégourdir les jambes dans un genre de ferme.

Dégustation de jacquier surprenant mais pas mauvais


Nous arrivons en fin de matinée à Alagoa Grande. Visite du marché :

Ici on peut même acheter du tabac…au mètre ! C’est une sorte de boudin qui est découpé à la demande.

Visite de la ville

Jackson do Pandeiro a été le plus grand rythmiste de l’histoire de la musique populaire brésilienne et a beaucoup fait pour faire connaitre la musique du Nord-Est brésilien . Il a vécu dans cette ville, nous visitons son mémorial.


Il a donné son nom à un petit instrument de percussion et pour entrer dans la ville, nous passons sous un ….Pandeiro. Original et très sympa pour une entrée de ville.

Vers midi nous arrivons dans une « fabrique » de cachaça.

La visite démarre par « la broyeuse de cannes »

La machine est actuellement arrêtée, faute de matière première : pendant notre voyage en bus nous n’avons vu que des cannes beaucoup trop jeunes pour être ramassées et cela s’ajoute à une importante sécheresse.

Les cuves pour stocker le « jus » avant de le passer à l’alambic

 

Et enfin les futs de bois

Rien qu’à l’odeur Martial est heureux

Nous passons (enfin) à la dégustation. Ils ont préparé des énormes bocaux avec des rhums arrangés à la manière Réunionnaise. On a envie de tout gouter…je crois que Martial l’a fait

Heureusement le repas est prévu juste à l’arrière de la maison

On s’est régalé et ils ont même prévu des hamacs pour la sieste.

La maison est un havre de paix dans la verdure, je serais bien restée un peu.

L’après midi visite de Areia. A 650 m d’altitude, cela permet de se faire une bonne idée des différents paysages de l’intérieur du pays, en passant par des zones arides parsemées, et d’autres vertes et vallonnées, des plantations de canne à sucre… Nous visitons une ancienne demeure coloniale qui montre le style de vie au 17° siècle dans la fazenda (grosse ferme).

Passage de grosses enceintes, on est au Brésil tout de même.

Retour au bateau après une journée bien pleine

 

 

 

 

 

 

 

 

20.CARNAVALS

Départ d’Itaparica le 1 février en compagnie de Birabao, direction nord, nord est.

Les deux premiers jours sont pénibles, on est au prés avec de la houle, un peu malade. Les moyennes journalières ne sont pas terribles. La suite sera plus agréable , le vent ayant tourné plus est.

Dans l’après midi de 4éme jour Martial pêche un petit thon pour la première fois (il faut dire que c’est assez rare que

l’on mette les lignes à l’eau).On fera deux repas de 4 personnes avec ….pas mal pour un début.

On arrive après 3 nuits et 4 jours devant Joa Passoa

Comme on n’a pas trop envie de tourner en rond devant l’embouchure toute la nuit, la remontée du rio Paraiba se fera de nuit. Martial à la barre, moi les yeux sur l’écran : tu dois avoir une rouge sur tribord (pour les marins :les couleurs de balisage sont inversées par rapport à chez nous), non je vois rien…ah ? T’es sur ? Ça y est je la vois…ouf !!

On finit par jeter l’ancre pas très loin de la marina Jacaré. La pression retombe.

On se met à quai le lendemain matin. Christian nous y attends, il est arrivé à la tombée de la nuit.

Ici tout le monde (enfin presque) parle Français, il faut dire que la marina appartient à deux Français : Philippe et Francis. Comme c’est agréable (après un mois de flou), on a les infos …et en plus on les comprend !!! La boulangerie est derrière, le supermarché pas loin, les autorités il faut…etc….

On arrive au bon moment. Francis a organisé 3 sorties Carnaval. On s’inscrit aux 3, on ne veut rien rater…

La première se fait à la ville toute proche : Joa Passoa. 30 minutes de mini bus on y est.

Il y a là de grand bus réaménagés : sur le toit un orchestre et un ou une chanteuse, quelques danseurs. Dessous, le restant du bus ce sont des enceintes gigantesques.

La foule est assez compacte et au premier bus j’étais assez proche de son passage : j’ai eu peur de perdre mes dents tellement tout vibrait …comme dans un dessin animé j’avais l’impression que mes tympans se touchaient et que mes cheveux étaient tout droit sur ma tête. Les bus défilent lentement et le principe c’est d’en choisir un et de le suivre en dansant. Peu importe lequel ils jouent tous les même morceaux que tous les brésiliens connaissent par cœur.



Il y a énormément de policiers armés au milieu de la foule. Choquant au début, rassurant ensuite.

Mais peu à peu on se laisse gagner par l’ambiance (j’ai appris à rester à distance des enceintes très vite) aidé par les autres équipages, on fait connaissance très vite dans ce contexte.

Nous avons passé une bonne soirée mais je reste un peu sur ma faim : les gens sont très peu déguisés et il n’y a pas de spectacle…ce n’est pas comme cela qu’on m’avait vendu le carnaval Brésilien.

Deux jours plus tard, nous prenons un bus à 7H du matin pour le Carnaval d’Olinda. 4h plus tard après un bouchon et une pause café on y est. C’est un carnaval de jour (il parait que la nuit ça craint plus) sous un soleil de plomb.

Là les gens sont déguisés


On arrive à une place décorée

Il y a des groupes qui défilent en dansant et en fanfare :

Il y a toujours une présence militaire mais beaucoup moins qu’à Jaoa Pessoa.

Je vous laisse vous mettre dans l’ambiance….





Les riverains ont le droit de vendre des boissons pendant le carnaval



La foule commence à être dense, nous montons, vers une église pour souffler un peu. La vue est magnifique sur Récife la ville voisine.

Pause souvenir

Olinda est une ville pleine de charme

 

L’après midi en redescendant, nous perdons Martial (je le soupçonne d’avoir voulu retrouver les femmes policières …), heureusement tout le monde se retrouve au bus en fin de journée.

Nous rencontrons des petits orchestres et tout le monde danse…Adrien n’est pas en reste


 

Christian n’a plus mal aux genoux….

Maman j’ai jamais fait une teuf comme ça !!!!…il a un sourire jusqu’aux oreilles…

L’ambiance a été bon enfant toute la journée. Les gens viennent s’amuser tout simplement (et nous avons fait comme eux). Il a fait très chaud (en plus des caïpirinhas J ), nous rentrons tard très fatigués mais très content de ce carnaval.

Juste le temps de se reposer (c’est trop dur J ) et nous repartons cette fois ci en début d’après midi pour le Carnaval de Récife où nous arrivons à la nuit tombante.

Récife a un Carnaval où des familles entières viennent, avec des déguisements assortis.



Il y a aussi des « blocks » ce sont des groupes (non professionnels) qui passent sur des scènes. Ils y a des gens touchants dans leurs costumes.


Une grand mère et sa petite fille :

Et puis tous les gens dans les rues :

 



Et puis il y a NOUS !!



Au cas où vous seriez inquiets, ils y a partout des stands où on peut manger des brochettes et boire des CaÏperinhas


Retour au bus à 1h du matin. J’ai un petit rhume et avec la soirée je me suis écroulée, ils ont été obligés de me réveiller à la marina.

Le carnaval de Récife a été mon coup de cœur : super ambiance, des spectacles, des déguisements….

Un très grand merci à Francis et son épouse Christina de nous avoir organisé et « encadrer » ces sorties

 

 

 

 
 

19.ITAPARICA

Notre remontée de Barra Grande à Itaparica se passera sur 2 jours avec une nuit à Gamboa.

Nous passons ensuite une semaine et demi au mouillage d’Itaparica .C’est la plus grande des iles de la Baie de tous les Saints. Tout est calme en semaine, mais dès le jeudi soir les bateaux et habitants de Salvador débarquent pour profiter de l’ile.

Le temps passe entre CNED, bricolage / ménage et ballades à terre .Les soirées sont souvent occupées par les apéros-bateaux, et un soir Christian(Birabao) nous a même fait un BBQ de langoustes achetées à un pécheur local !!…ROYAL.

Ce qui fait le charme du mouillage d’Itaparica c’est une langue de sable blanc qui se découvre à marée basse.

Et là le temps d’une marée la vie s’anime : certains pèchent

Certains profitent de la marée pour caréner

 

Pour d’autre c’est une plage idéale

La petite ville à son charme aussi

La brouette reste une valeur sûre….

La promenade des Anglais locale

Mais il y a un peu moins de circulation…. J

Ylang au mouillage

Le weekend nous fuyons le bruit et l’agitation, nous partons pour Bom Jésus

Pendant la traversée de la Baie nous croisons des Saveiros. Ce sont les embarcations traditionnelles de la baie. Grands voiliers de bois de 15 à 20 mètres, aux formes ventrues ils servaient autrefois au transport de marchandises dans la baie.

 

 

Plus modestes des barques de pêche :

L’ile de Bom Jésus est pleine de charme et abrite un village typique

Et sur un ilot juste en face un superbe hôtel

Notre mouillage est entouré de verdure

 

Et à marée basse les oiseaux viennent pêcher

 

Il y a des oiseaux rouge sang (ibis rouge), magnifiques en vol…mais trop rapides pour que j’arrive à faire une photo correcte L

 

 

 

 

 

 

Mais il n’y a pas que les oiseaux qui pêchent à marée basse

Ouille le dos….

Le lendemain nous faisons le tour des iles environnantes

Ile privée avec une résidence de luxe qui fait face à des maisons plus modestes.

Puis retour dans un autre mouillage de Bom Jésus

On assiste à un magnifique lever de lune

Ca change des « traditionnelles » photos de coucher de soleil, non ?

Après cette escapade en solitaire de deux jours nous retrouvons Christian et Itaparica avec plaisir.

En attendant une météo favorable pour remonter plus au nord on se console dans une fabrique de chocolat artisanale

Rien à voir avec nos tablettes de supermarché, mais je me suis bien habituée au gout et je ne lui ai pas laissé le temps de moisir…

Quand on change d’état au Brésil il faut repasser par les autorités. Cela se passe à Salvador, nous décidons d’y aller en navette et Christian nous accompagne.

Nous commençons à connaitre le quartier autour du port et nous avons été d’une grande efficacité : en plus des papiers, nous avons pu trouver (dans le désordre) des accordeurs pour les guitares, de l’huile de sail- drive, des tongs pour Adrien, poster les devoirs de CNED…et flâner au marché artisanal

Martial et un vendeur d’instruments (locaux) de musique.

Nous quittons Salvador après une journée bien remplie, de cette « magnifique » gare maritime

 

Deux jours plus tard nous levons l’ancre pour Joa Passoa.

A suivre….

 

 

18.CAMAMU

Après un départ matinal à marée descendante et une petite navigation de 40 milles au sud nous(Toccata, Birabao et nous) rentrons dans le rio de Camamu. Nous naviguons suffisamment proche avec Birabao pour faire des photos de son magnifique bateau

Et vice versa

Nous arrivons à marée montante sous voile à 9 nœuds sans forcer…magique les courants quand ils sont dans le bon sens.

Le mouillage prévu était derrière une petite ile. C’est très joli, ce serait idyllique si il n’y avait pas des lanchas qui poussent leur sono à fond, qui hurlent une musique typiquement brésilienne. Jet ski, « caisses à boulons » rapides et courant rajoutent à notre envie de fuir.

Amiral tu as un plan B ? Finalement nous remontons nous mouiller devant la plage des pousadas. Les trois équipages finiront la journée sur Ylang : achards, boudins blancs à l’orange, gâteau …et avec le digestif Martial et Christian nous font un « concert » improvisé. La TV et son 20h ne nous manquent pas….

Le lendemain (après notre séance de cned évidemment  J ) nous descendons à terre pour découvrir qu’il n’y a rien (pas grand-chose pour être plus exact) si ce n’est que quelques résidences luxueuses au bord du rivage.

 

Nous partons tous (Pascale et Régis de Toccata, Christian de Biarabao et nous) explorer la baie en annexe.

Nous nous offrons même un suco (jus de fruit) local, délicieux avec une vue qui pousse à la sérénité :

Nous finirons la journée sur Toccata où Pascale nous prépare une délicieuse cachoupas (recette cap verdienne).

Christian
a un ami
commun
avec un français qui tient une pousada dans la baie. Nous partons tous le lendemain à bord d’Ylang à sa recherche. Nous mouillons devant Barra Grande, station touristique de la baie. C’est un joli village aux rues sablonneuses, très touristique mais très agréable. Nous y retrouvons Didier dans sa pousada

Accueil chaleureux et wifi à volonté (nous découvrons que la France est sous la neige…)

L’après midi nous remontons le rio jusqu’à la petite ville de Marau. Comme nous avons le tirant d’eau le plus faible, nous passons devant un œil sur le sondeur (il y a des bancs de sable partout) et la main sur la vhf pour prévenir les copains.

Belle navigation, ou nous croisons de belles plages de sable blanc (dommage que l’eau soit opaque)

Nos copains nous suivent toujours, les blagues fusent à la vhf

A l’arrivée à Marau, l’amiral entonne : c’était un catamaran , tous derrière , tous derrière et lui devant ( sur l’air du petit cheval blanc de Brassens pour les plus jeunes ) de circonstance . Bien trouvé l’amiral !

Ce qui frappe en arrivant c’est la très jolie fresque, avec la faune locale qui est en cours de rénovation

Nous descendons à terre en fin de journée dans une petite ville où tous se préparent à une fête. Visite du marché forain et tournée de caïpirinhas. Quel contraste avec Salvador, les gens sont plus tranquilles, plus souriants et beaucoup moins typés africains, impression de ne plus être tout à fait dans le même pays.

Nous nous installons à une table du seul restaurant ouvert, sous un haut parleur qui diffuse (pendant deux heures) la messe ! pour la musique d’ambiance il faudra repasser. De retour sur le bateau c’est l’orchestre local qui nous « berce »…vive les boules quies.

Le lendemain, petite visite à terre du cybercafé : tout se passe par cables (le wifi n’existe pas encore ici !!), quelques courses et quelques photos

Nous repartons en fin de matinée sous un ciel de plombs.

Nous nous arrêtons devant une plage qui était magnifique sous le soleil .Petite ballade à terre

Nous avions prévu de faire un barbecue sur la plage, mais faute d’avoir trouvé de la viande à Marau et surtout une petite pluie nous nous « contenterons » d’un apéro chez Christian le maitre en caïpirinhas.

Le lendemain, pluie, orages et ciel plombé une bonne partie de la journée. Les brésiliens attendent ça depuis 4 mois,pas nous. En fin de journée nous retournons au mouillage des pousadas.

Le jour suivant nous partons tous sur Ylang à Barra Grande : nous retrouvons Didier dans sa pousada (encore merci pour le wifi)

Il nous indique un bon resto. pour midi. C’est un joli endroit, où nous nous régalons de poissons et fruits-légumes à la plancha avec de délicieuses sauces et accompagnements

Puis une grande ballade sur la plage pour digérer

 

Retour à la pousada où Didier nous fait des crêpes brésiliennes. Discussion avec un marseillais installé ici depuis un an. C’est toujours intéressant de voir leur vision du pays. Retour de nuit sur nos bateaux respectifs.

Le 19 janvier nous avions rdv chez Didier pour une journée quad, mais il pleut des cordes et malgré la tristesse d’Adrien, nous restons à bord. Martial et Christian vont aider Régis pour son moteur qui chauffe. Le soir repas sur Ylang et Christian nous passe les photos de la construction de son bateau. Il a mis 5 ans pour tout finir …impressionnant, quel boulot, et quel résultat !!

Le 20 janvier mauvais temps, on ne bouge pas .Nettoyage de la coque pour Martial et cned pour Adrien. Les lanchas nous frôlent, musique à fond.

Certaines ont même des fumigènes

D’autres offrent un spectacle à nos capitaines

La météo est prise via le satellite. Le temps est favorable pour aller au sud. Toccata décide de partir dès le lendemain.

Le 21 janvier, faux départ pour Tocata (son moteur chauffe) et tout le monde se retrouve au mouillage à Barra Grande. (Nous, on est trop contents de retrouver Régis et Pascale). Comme leur moteur doit refroidir, on retourne tous à terre. Au grand désespoir d’Adrien impossible d’avoir des quads.

Repas sur la plage et retour sur les bateaux. Martial devenu mécanicien en chef avec Christian aide Régis, ils démontent le circuit de refroidissement et après 2h de boulot, tout semble aller (Tocata nous confirmera par mail plus tard qu’ils ont pu naviguer sans chauffer). La soirée se termine par un grand apéro. sur Ylang : Didier nous rejoint ainsi que François et Francisco (qui sont mouillés pas très loin). C’est un couple de français qui vit à Itaparica depuis 2 ans, qui monte des spectacles de musique classique. Intéressant de voir Didier et François échanger des points de vue sur la politique intérieure du Brésil. Vers 21h un orage éclate et des trombes d’eau nous obligent à nous réfugier à l’intérieur du bateau.

Nous mettons cap au nord le lendemain matin après une nuit de pluies intenses. Nous quittons Régis et Pascale qui partent vers Rio.

Merci à vous pour votre sens de l’humour et de la répartie, pour tous ces bons moments passés avec vous et bon vent pour la suite de vos aventures

 

17.GAMBAO

A notre rencontre avec les 3 bateaux français, Toccata, Birabao et Laurence, à Cachoeira, ils nous avaient dit qu’à Itaparica le dimanche suivant il y aurait une fête pour l’indépendance de l’ile. On n’allait pas rater ça !! Tous les bateaux se retrouvent au mouillage la veille.

Nous descendons à terre à la rame (notre moteur d’annexe chauffe et s’arrête) pour découvrir la petite ville. Elle est touristique (c’est un lieu où les habitants de Salvador viennent passer le weekend) et tout est plus « mignon » qu’à Salvador.

On tombe sur les équipages de Toccata (Régis et Pascale) et Birabao (Christian seul à bord !) au bar de la marina. On fait plus ample connaissance devant une caiperinha et le rdv est pris pour le lendemain : apéro sur Ylang avant la procession. L’apéro était plus réussit que la procession qui nous a laissé sur notre faim…

Ici aussi c’est un carrefour pour les bateaux : les nordistes et les sudistes.

Petite parenthèse : savez vous avec quel pays la France a la frontière la plus longue ? Eh bien c’est le Brésil, avec la Guyane (vous y aviez pensé ?? moi pas !). Il y a eu beaucoup de passages clandestins par la forêt Amazonienne, la France a « resserré les boulons » et les visas sont maintenant de 3 mois. Par mesure de réaction le Brésil accorde aux Français des visas de 3 mois alors que pour le reste de l’Europe c’est 6 mois (mais en cours de révision parait il). Les sudistes sont les personnes qui ont de la famille en France et profitent des vacances d’été pour voir enfants, petits-enfants etc…Et à leur retour ils redémarrent un visa de 3 mois. Après il y a beaucoup de versions différentes : 2éme visa payant, gratuit ? Il faut rester au moins (cocher les mentions inutiles J ) 15 jours, 3 mois, 6 mois … en France . Rien n’est clair c’est le Brésil, tout dépend de l’état où vous faites vos papiers mais surtout du fonctionnaire qui est en poste ce jour là….

Les nordistes (nous) sont ceux qui ne veulent pas rentrer en France ou comme nous n’ont pas envie de se (re)prendre la tête avec les autorités brésiliennes.

Ah j’oubliais une petite minorité : ceux qui déclarent leur arrivée que 1 à2 mois après et comme il n’y a pas de contrôles (si ils ne rentrent pas dans les ports), ils sont tranquilles …et vive le Brésil.

Revenons à nos nouveaux bateaux copains : Toccata descend au sud et Christian sur Birabao part au nord après une petite virée au sud. Il nous propose de le suivre, l’idée fait son chemin… Mais dans l’immédiat on se retrouve tous à Salvador (suivant les bateaux papiers, réparations ou courses sont nécessaires)

Nous on a besoin d’un thermostat pour le moteur de l’annexe et d’une clé 3G car c’est difficile de trouver du Wifi.

Certains nous ont dit : Yamaha 9.9cv (c’est notre moteur) tu n’auras pas de Pb, il y en a partout dans le monde…sauf au Brésil !!! Martial a fait toutes les boutiques qui font du moteur marin : nada. Rougnougnou le Brésil et son protectorat. Heureusement il trouve une turbine équivalente (qui fait tourner l’eau de mer pour le refroidissement du moteur) Finalement, le changement de cette turbine suffit à « réparer », on se passera du thermostat jusqu’au prochain pays « civilisé »

Pour la clé 3G c’est un autre parcours de combattant : il faut un N° (fiscal) que nous n’avons évidemment pas, pas non plus de brésilien super copain avec nous pour nous donner le sien… les bruits de pontons nous disent qu’à Barra dans un centre commercial de luxe ,il y aurait , dans une certaine boutique , une possibilité…Trouver le bon bus , descendre à l’arrêt où toutes les jeunes femmes « coquettes » descendent (idée de Martial qui s’avère très juste) et nous voilà dans un centre commercial, immense et très luxueux (type cap 3000 pour les niçois).

 

Il faut acheter la clé dans une boutique et les recharges dans une autre (c’est simple) et comme personne ne parle anglais (je ne vous parle même pas du français) c’est sur les traducteurs des ordinateurs que nous démarrons, douloureusement. Heureusement arrive un étudiant français en commerce international qui abrégera nos souffrances. Rencontre sympa, chemins de vie croisés.

Il s’avèrera que cette clé marche très mal en dehors des grandes villes où il y a du wifi …rougnougnou.

Ici Adrien accepte de passer chez le coiffeur

Ah les ados, il leur faut leur standing…

De retour sur le bateau, Martial veut faire le plein d’eau. La pression est telle (genre pipi de chat) que l’eau n’arrive à « monter » d’un mètre pour arriver à l’entrée de nos réservoirs. Il passera la soirée à remplir des sceaux et à transvaser….rougnougnou. Je vous passe les détails de l’employé qui à la fin de son service ferme la vanne d’arrivée d’eau, heureusement qu’elle est extérieure au bureau et que sur le quai tout le monde connait « l’adresse »…et vive le Brésil.

Enfin on est prêts et contents de changer d’air, nous suivront Birabao et Toccata.

Départ matinal après le plein de gazole pour arriver marée montante (on est en train de devenir des débutants confirmés en marées, gros progrès depuis la méditerranée !) 30 miles au sud de Salvador à Gamboa.

Pécheurs croisés sur la route.

 

 

Soirée sur Toccata avec des pates au Gorgonzola. Nous découvrons le sens de l’humour de Christian (Birabao) Régis et Pascale (Toccata) et nous passons une très bonne soirée.

Le lendemain l’amiral (c’est comme ça que l’on appelle Régis, car c’est à lui que revient la corvée de gérer le planning, de lire les guides et nous le suivont) nous a prévu une petite ballade à pied de Gamboa à Morro de Sao Paulo par la plage. Nous passons par des plages magnifiques

 

A quelle heure est la marée haute?…nous on est prêts….

 

 

 

 

 

 

Superbe ballade, mais il faut se dépêcher à la fin, la marée monte et l’eau submerge certains passages.

La porte d’entrée de la ville, lieu d’arrivée de très nombreuses navettes (ici lanchas)

Morro de Sao Paulo est un genre de St Tropez local. Plages et fêtes pour les « teuffeurs » de Salvador.

A l’entrée il y a même une pancarte « Ibiza, esquena  Ibiza » (Ibiza c’est quoi Ibiza ?)

Les voitures y sont interdites

Le moyen de transport est la brouette, elles sont magnifiques, en couleur et très propres.



 

 

 

 

Panneau (et vue) magnifique qui devrait être utilisé plus souvent.

En face de l’église un magnifique flamboyant où il fait bon s’assoir à l’ombre.

Un arbre qui soutient le mur ou l’inverse ?

Ici pousseur de brouette est un métier d’avenir…

 

 

Il y a de jolis magasins, dont voici une très belle devanture.

On mange dans un genre de bar à pates : on choisit ses ingrédients, ses pates, le chef nous fait cuire tout ça de manière spectaculaire. Tout le monde aime forcément et ce qui ne gâte rien la vue est superbe sur

des piscines naturelles coté océan où l’eau est beaucoup plus claire.

 

Après le repas petit tour à la plage, tout y est : surf, tyrolienne gigantesque

ET…..

Merci Christian pour la photo qui n’est évidemment pas de moi.

Retour en navette à Gamboa. A la sortie de l’embarcadère, il y a un français Jean Bruno qui tiens une lanchonette (=snack) où nous nous gavons de délicieux jus de fruits : abaccaxi (ananas) pour Adrien, mangue pour Martial et goyave pour moi.

Nous profitons de la marée montante pour aller mouiller à Bom Jardin. Nuit tranquille devant une petite plage idyllique.

Mais nous sommes attendus par Jean Bruno à Gamboa pour un super repas : il nous a fait un échantillon de tous les plats locaux, différents de ce que l’on trouve partout.

Nous ferons une ballade ensuite dans la « ville » qui vient d’être goudronnée.

Tout est propre et vert


A Gamboa il y a 2 rues : la rue de devant et la rue de derrière, par rapport à la mer. (C’est écrit comme cela sur les courriers !!) Ambiance familiale, tranquille.

Nous repasserons à notre remontée sur Salvador à Gamboa. Nous essuierons un gros orage où une chauve souris atterris dans notre cockpit. Martial tend un bout (une corde pour les terriens) et la suspend pour qu’elle retrouve sa position favorite. Nous la laissons se reposer, elle repartira d’elle-même.


Le voyage est fait de rencontres improbables…..

16.PARAGUACU

 

Nous partons avec Getaway vers midi le samedi pour arriver 3h après dans la baie d’Aratu au nord de Salvador. Nous sommes passés par des zones très industrialisées pour arriver à un chenal qui débouche dans une petite baie intérieure. L’endroit est agréable, et entouré de verdure et c’est calme : j’ai bien dormis et sans mes boules quies ! (je ne les quittais plus à Salvador)

Le lendemain après la traversée de la baie nous remontons le rio Paraguaçu.

A l’entrée du rio nous découvrons de belles plages de sable blanc …c’est promis au retour on s’arrête.

Puis c’est le calme du rio

Le paysage défile tranquillement avec de jolies maisons

Certaines avec piscine et accès privé à la plage

 

 

Nous naviguons au fil de la marée montante ainsi pendant 2h pour arriver à Sao Francisco do Iguape

 

 

 

 

Nous mouillons pour la nuit devant le monastère qui parait il est en rénovation ( ?!)

Nous descendons à terre : c’est un village de pêcheurs et d’employés agricoles aux rues sablonneuses. Il y a pas mal de poubelles qui traînent, mais c’est le weekend et les gens sont assis devant leur maison… on échange des sourires.

Nous allons boire « un coup » au seul bistrot local :

Là quand on demande un coca, on nous sert une bouteille d’un litre au prix de la cannette ailleurs ! Juste à coté, il y a une voiture coffre arrière grand ouvert et entièrement occupé par de gigantesques baffles : volume du son à fond, on ne tiens pas plus du quart d’heure, et même de retour sur le bateau on ne peut pas l’oublier.

Heureusement tout s’arrête vers 22h et on peut dormir profondément jusqu’à…5h30 où toc, toc toc il faut dégager : les pécheurs jettent des filets, qu’ils laissent dériver avec la marée montante jusqu’au village où ils le récupèrent . Pb on est sur la trajectoire, et pour corser le tout : il pleut. Cela m’a permis de faire une jolie photo

 

 

Puisqu’on est debout et que la marée monte, on part pour Santiogo de Iguape qu’on atteint au bout d’une petite heure.

Santiago signifie Saint Jacques et vient des Jésuites portugais. Iguape est un mot indien qui signifie « au bord de l’eau ». Comme souvent au Brésil, les deux cultures se mélangent.

Une église baroque se découvre lentement au détour du dernier méandre de la route. La simplicité de l’environnement et du village est sans rapport avec cette grande construction religieuse.

 

Il y a 2 mètres (approximativement) de marnage, ça change les paysages

Matmat nous rejoins dans l’après midi, on est le 31 et nous passons la soirée tous ensemble. Nous démarrons par un apéro sur Ylang au champagne : Adrien pour son 13ieme anniversaire aura ses 2 coupes. Il est euphorique.

Au coucher de soleil nous descendons à terre (merci à Xavier pour la photo)

Nous finirons la soirée chez Jean Pierre un Français installé au Brésil depuis 27 ans. Il passe la moitié de l’année dans le sud de la France et l’autre ici à Santiago. Mais il s’est séparé de sa femme et maintenant il cherche à vendre ses biens brésiliens pour recommencer une autre vie ailleurs. Jean Pierre a une pousada (sorte de petit hotel local) où il nous reçoit.

Menu brésilien avec moquéca de crevettes et raie avec riz et légumes : un régal

Adrien soufflera même ses bougies

Nous avons un vieux feu d’artifice que nous allumons fusée après fusée, artisanal mais ça met de l’ambiance. Au retour sur le bateau on assiste au feu d’artifice municipal sympa (surprenant même au vu de la taille du village) en arrière plan de l’église.

BONNE ANNEE

à tous avec beaucoup de santé, des rêves à n’en plus finir
Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns
……

Le lendemain nous assistons à des scènes de vie sur le fleuve : il y a évidemment, les pêcheurs qui partent en pirogues,

mais on vient aussi laver les chevaux

Et les gens se baignent aussi (nous on n’ose pas trop encore : l’eau est opaque)

Matmat s’en va (ils doivent réparer leur moteur de propulseur d’étrave). Peu après son départ, Martial et Adrien sont allés se balader en annexe et j’ai l’impression qu’on m’appelle sur la vhf : je crois reconnaitre la voix de Xavier de Matmat et je réponds. Là s’installe un quiproquo : en fait ce sont 3 bateaux Français mouillés un peu plus loin en aval ! Que je ne connais pas ! Cela ressemble à une blague…

Nous descendons à terre pour organiser avec Jean Pierre la journée de demain : il doit nous faire visiter la région.

Nous tombons sur l’entrainement du club de foot local des minimes : échauffement, 3 tours de place du village

Jean Pierre nous emmène sur son terrain où nous ramassons des …..


Alors vous reconnaissez ? Mais siiii … vous en avez tous déjà mangé….qui a dis je donne ma langue au chat ?

Eh oui ce sont des cajous. C’est le petit « accent » en bas du fruit que l’on fait chauffer, la coque de la noix fond (certains récupèrent l’huile) et c’est l’amande que l’on mange.

Jean Pierre nous parle un peu de sa vie au Brésil, des difficultés de ce pays.

Le lendemain on part pour Cachoeira dans sa voiture. Santiago est maintenant (depuis 6 mois) relié par une route goudronnée à la « nationale » c’est plus facile.

Cachoeira a connu des heures de gloires du temps où tous les transports se faisaient par le fleuve (elle est en amont de Santiago) elle est en déclin depuis qu’ils ont construit une route qui passe un peu plus loin de la ville. C’est une ville aussi chargée d’histoire : c’est de là qu’est partie la révolte des Brésiliens qui se sont soulevés pour obtenir leur indépendance (sur les Portugais).Les portugais ont abdiqué sans trop de violence si ce n’est la mort, par accident du joueur de tambour. Une peinture a été réalisée sur ce moment historique et en est le symbole.

Nous visitons la prison où étaient « entreposés » les esclaves à leur arrivée, avant d’être vendu, puis la maison d’un notable de l’époque. Il se dégage une impression de passé lourd et de déchéance de cette ville

 

 

 

 

 

 

 

La petite ville de l’autre coté du fleuve Sao Félix

 

Le repas se fera dans un restaurant typique du Brésil  « comida a kilo » : il y a des buffets où l’on se sert et on paye au poids de son assiette : plus on mange et plus on paye. On y retrouve les équipages des 3 bateaux français que j’ai eu à la vhf la veille. On fait un peu plus connaissance.

L’après midi on visite une fabrique de cigares

 

 

 

 

 

 

 

Finition main

Il y a des ateliers de sculpteurs de bois dans la ville


Un grand merci à Jean Pierre pour cette journée et sa gentillesse, un belle rencontre qui nous a permis de mieux comprendre un petit bout de Brésil.

En rentrant Martial se prépare une caipérinha à base de pomme de cajou selon la recette de Jean Pierre : on remplace le citron par un cajou, c’est moins acide et plus acre, mais Martial sait apprécier en connaisseur averti

.

 

 

 

 

 

 

Le lendemain nous redescendrons le fleuve. Une page se tourne :

Getaway s’arrête Marogipé pour voir le marché, et restera dans la baie pour réparer son arbre d’hélice.

Matmat est déjà à Salvador où ils rejoignent leur fils. Ils partent ensuite vers le sud, Rio de Janero et nos routes divergent. Merci à tous les deux (Xavier et Dominique) pour votre énergie positive, bon vent …et de l’eau sous la quille J

Nous nous trainons dans des petits mouillages sympas de la baie.

Un matin, on a à nouveau un pêcheur qui a pris son filet dans notre ancre. Un peu agacé il est obligé de le couper.

Martial lui offre un paquet de garcette (= petite corde pour les terriens) pour le dédommager, il a un sourire jusqu’aux oreilles et nous offre un crabe (à moitié mort) que nous acceptons pour ne pas le vexer.

Nous nous quittons bons amis.

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons la tranquillité du Paraguacu pour retourner dans les parages de Salvador …suite des aventures dans le prochain épisode …quel suspense J

 

 

 

 

 

15.SALVADOR

 

Nous arrivons le Samedi 22 Décembre à Salvador de Bahia.

Il y a beaucoup de mouvements dans la baie pour les « solitaires » que nous avons été pendant 12 jours.

Malgré nos appels à la vhf personne ne nous répond, nous nous approchons d’une belle place restante à quai. Là surgit un marinero qui ne parle quebrésilien mais qui est très suggestif avec ses bras : il faut dégager ! La place est prise. Boonn ! On va jeter l’ancre dans l’avant port bondé. On éteint les moteurs, on va pouvoir se reposer….enfin on espère. Notre premier contact c’est qu’il y a toujours au moins un (c’est un moindre mal) souvent plusieurs (là on serre les dents) transistors, ou sonos, bouton du son poussé à fond qui nous envoie une musique de (très) bas de gamme (et là je suis polie) qui vu la qualité des appareils sature….

Nous sommes mouillés très proche de locaux de la marine brésilienne. Chaque personne qui rentre ou sort des locaux est annoncé au porte voix suivit d’une série de sifflets stridents.

Première impression du Brésil : SONORE. Malgré cela nous dormirons comme des masses sans pouvoir poser pied à terre.

Le lendemain nous réussissons à nous mettre à quai un peu aux forceps : un bateau argentin sympa a accepté de se décaler et Xavier de Matmat (rentré dans la nuit d’une ballade dans la baie) nous prête main forte. Ouf on est à quai. L’état du quai (le deuxième quai est inutilisable par manque d’entretien) laisse à désirer : les taquets s’arrachent, et chacun y va de son système pour amarrer son bateau. L’eau est payante et donc les robinets sont cadenassés. Le Pb c’est que c’est dimanche que demain lundi c’est Noel ….et le responsable de l’eau n’est pas là jusqu’à mercredi !!! Notre bateau est confit au sel de la traversée et cela énerve Martial. Heureusement la solidarité entre marins fonctionne et nous pourrons « acheter » de l’eau à un voisin (merci à Tongua).

Je « lance » une machine, elle lave très bien mais refuse de vidanger….Martial vérifie ce n’est pas bouché. Peut être un Pb de puissance…il lance le groupe, qui refuse de démarrer rougnougnou

  Le tout dans une ambiance étouffante et toujours très bruyante et…..sssifflante.

Il faut dire que nous sommes devant l’embarcadère pour les iles de la baie de Baia dos Santos et que beaucoup de monde profitent du weekend prolongé pour partir sur les iles .C’est l’été ici

Le lundi matin nous allons à la police fédérale pour « faire notre entrée » au Brésil. Une demi-heure de marche dans un quartier…moche (je ne peux pas dire mieux sinon je serais désobligeante). Nous ne connaissons pas l’endroit exact et nous nous rendons vite compte que les brésiliens ne parlent QUE brésilien ! Dur dur pour nous qui ne le parlons pas mais nous finirons par trouver.

Sur le retour je cherche une salade et des fruits (je suis en manque de verdure) …nada. On trouve une boulangerie, c’est déjà pas mal.

A notre arrivée au port Getaway vient d’arriver, juste pour Noël. Eh oui c’est Noël, drôle d’impression, Noël au soleil d’été. On nous avait dit que Noël était festif à Salvador, en fait la ville est calme.

L’apéro se fait sur Ylang-Ylang : Matmat , Getaway et nous soit 10 personnes. Nous décidons d’aller au resto. pour fêter ça.

Le lendemain Martial part aux douanes. Gros Pb pour eux on n’est pas propriétaires de notre bateau (ce qui est vrai puisque temps que nous payons un leasing le bateau reste la propriété de la banque) et ils nous donnent 8 jours (royal !!) pour régulariser ou dégager du territoire brésilien !!

Heureusement Mickael (informaticien de son état, grâce à qui ce blog existe) nous fournit le papier manquant par mail (amélioré par Xavier de Matmat) et imprimé par Getaway (notre imprimante est aussi en panne !!) Ca marche le lendemain on est en réglé avec les autorités Brésiliennes.OUF et merci à tous.

Martial passe une bonne ½ journée à démonter la machine à laver, dans son emplacement exigu…il ne trouve rien.

Il la remonte et s’attaque au groupe. Là ça va mieux il connait (depuis Mindelo) son point faible et le remet en route assez rapidement, c’est déjà ça. Par acquis de conscience on relance la machine et….elle marche très bien !!!

En fait au Brésil l’électricité est en 60Hrz (contre 50Htz en Europe) et cela dérègle les synchronismes et autres électroniques. Beaucoup de temps et d’énergie perdus mais on est contents que tout marche.

Adrien est parti avec Matmat à la piscine du Yacht club voisin et nous en profitons pour faire les courses. Il faut prendre un bus pour arriver au supermarché qui n’a rien à envier aux nôtres :

On remplit un chariot, arrivés aux caisses, faute d’avoir assez d’argent on est obligés d’en laisser un bon tiers. Les prix sont au niveau de la France, voir plus chers ! Encore beaucoup d’énergie perdue.

On nous expliquera (plus tard) qu’au Brésil, la moitié de la population est pauvre et ne paye pas d’impôts. Donc l’état brésilien taxe à la consommation. Tous les produits sont extrêmement taxés à l’importation (300 % suivant les rumeurs et les produits) et tout est cher. Ils sont extrêmement protectionnistes et ne parlent que brésilien…et dire qu’on critique les Américains….

Un de nos sujets de discussion de nos apéros.(depuis les Canaries) est l’heure : en TU (temps universel), en local, en France…pour nous en plus à la Réunion. Et ici à Salvador, la fameuse pomme (certains ne jurent qu’à travers elle) se trompe d’une heure !!L’heure n’est pas identique dans tous les états du Brésil et certains adoptent l’heure d’été d’autres pas. Du coup à Salvador le jour se lève à 5H et à 6H la vie (et la « musique ») démarre. Les nuits sont courtes et on dort mal.

Vue du bateau au réveil :

Nous sommes montés manger au Pelourinho , c’est la ville historique , la ville haute. On prend l’ascenceur (qui est devenu l’emblème de Salvador)

Arrivés en haut c’est un décor d’opérette, tout est mignon, parfaitement peint et entretenu. C’est un ensemble de vielles bâtisses coloniales restaurées avec de jolies couleurs pastels. C’est un endroit très touristique, avec ses restaurants, ses musiciens. Mais il y a aussi un nombre impressionnant de policiers équipés de gilets pare balles et d’armes. Dès le premier soir (soir de Noël) nous avons assisté à une fouille en règle avec arme sur la tempe…ambiance…Pour l’instant nous n’avons pas eu de Pb de sécurité au Brésil mais nous ne portons pas de bijoux et cachons tout ce qui a de la valeur.

Les deux équipiers de Matmat , Eric et Danielle rentent en France le 30/12 et se sont gentiment proposés de poster le devoir de cned d’Adrien là bas.

Ils passent quelques jours dans le quartier de Barra (quartier riche avec ses grattes ciel) où nous les rejoignons pour passer une soirée et leur remettre les « précieux » devoirs. Jonction difficile : notre taxi ne connait pas l’adresse et les sms mettent 3-4h pour arriver : rien n’est simple dans ce pays !! Mais nous finirons par passer une soirée très agréable ensemble. Merci à eux et bon courage pour le retour dans le froid et le travail.

Quelques vue du port avec son fort :

Une semaine après notre arrivée nous quittons Salvador avec soulagement.Nous espérons que Salvador n’est pas représentatif de tout le Brésil.

14.TRAVERSEE

Le 10 décembre cela fait un an jour pour jour que nous avons réceptionné Ylang-Ylang et pour anniversaire nous lui « offrons » la traversée de l’atlantique ! J’ai un petit flash back sur cette année : que de chemin parcouru ….

Petite baignade et nous décollons pour Salvador à 11h locale pour Salvador.

La descente le long de Brava est sympa avec du vent ¾ arrière, nous sommes accompagnés au début par un groupe de globicéphales : ils sont noirs, sans rostre et surtout moins joueurs que les dauphins.

Une heure plus tard c’est un groupe de joyeux dauphins qui nous escortent …ouah ça démarre bien

Mais le vent tombe assez vite et à 13h30 local on est sous le vent des iles dans une bulle de pétole.

Getaway décide de partir à l’est pour aller chercher le vent. Nous nous trouvons que la route à faire est trop longue par rapport au gain de vent donc nous restons sur notre trajectoire, nous nous perdons de vue.

Le lendemain matin sur le pont nous « récoltons » 4 poissons volants et 2 grillons.

Nous commençons à prendre le rythme : je relève mes mails par satellite dans la matinée, je gère les urgences et surtout les mails des 2 bateaux-copains. Matmat est partis 3 jours et une nuit avant nous et ses informations nous donnent une idée de ce qui nous attend. Le premier mail de Getaway les situe 35milles derrière nous, et même si Gilles ne le reconnaitra jamais je pense que nous avons choisit la bonne option.

Les 3 jours suivants nous avançons avec le parasailor, vent constant, nous faisons en moyenne 160 à 170 milles par 24H. Le cned avance

Pythagore et la révolution française accompagnent notre voyage

De temps en temps un oiseau venu de nul par tourne autour de nous…peut être est il né sur les Selvagems ?

Au matin du 4éme jour à 5h du mat pluie et le vent monte. On affale le parasailor. L’hydrométrie passe de 75/80° à 93° avec une température de 28°c ambiance sauna. Ca y est nous sommes dans la ZIC

La ZIC (zone intertropicale de convergence) : est la zone de basse pression où se rencontrent les alizés NE de l’hémisphère nord et ceux SE de l’hémisphère sud, le tout dans une température d’une trentaine de degrés. Les vents y sont faibles et de directions variées. La convergence de ces airs chauds et humides crée une grande instabilité qui se

caractérise par des grains orageux visibles de jour comme de nuit, accompagnés de rafales de vents dépassant rarement 35 nœuds durant quelques dizaines de minutes.

En pratique, la ZIC est une zone en forme de doigt pointé vers le nord du Brésil depuis la côte africaine. La taille et la position de ce doigt varient. La ZIC est plus basse en hiver qu’en été. La stratégie de traversée est de partir sud pour traverser la ZIC à l’endroit le plus étroit (en fonction des fichiers météo gribs du moment) et à la sortie de la ZIC profiter des vents et coutants venants(en principe) de nord est.

Nous avons de la chance à 11H il fait beau à nouveau, et nous avons l’impression que c’est déjà finit ! (cadeau du père Noel avant l’heure ?)

C’est le moment que choisissent les bananes pour murir …toutes en même temps

Je me lance dans la fabrication d’un gâteau bananes : résultat 2000 cal à la bouchée, idéal en ration de survie ! Nous n’arriveront jamais au bout.

Heureusement je sauve mon honneur de cuisinière avec un chutney bananes-mangue.

En fait nous ne sommes pas tout à fait sortis de la ZIC, après les étoiles de la nuit le petit jour sera pluvieux et la matinée nuageuse. Ce jour là nous feront notre meilleur score de la traversée : 187.23 milles mais les conditions deviennent plus dures : la houle est ¾ avant le bateau tape nos estomacs s’accrochent, nous mangeons moins, les activités se ralentissent

Le bateau continu de taper dans la mer jusqu’au lendemain.

Nous passons l’équateur, admirez la latitude à 0°00. Nous aurions dû suivant la tradition remercier Neptune en lui faisant une fête (qui permet d’avoir une raison supplémentaire de boire un coup) mais le cœur et surtout l’estomac n’y est pas

Stress du jour : la pompe de cale se déclenche à plusieurs reprises, l’eau est salée, voie d’eau ? Martial finit par comprendre que le joint du hublot avant qui est pincé ne fait pas son office et laisse rentrer l’eau. On sera quitte pour un grand nettoyage à Salvador. Nous abattons (direction plus ouest) pour rendre la route plus confortable au bateau et à son équipage. Nous sommes quasiment au prés sous génois et un ris dans la GV (pour les voileux).

Heureusement petit à petit le temps se calme, le vent tourne plus Est, nous pouvons reprendre une route plus Sud. Le cned redémarre, l’appétit aussi.

10 jours après notre départ le vent tombe et nous sommes obligés de faire route au moteur, nous sommes à 40 milles de Macéo au nord de Salvador. Nous croisons pas mal de barques de pêche qui n’ont pas d’AIS mais plus ennuyeux invisibles au radar.

Le lendemain nous naviguons au milieu des plateformes pétrolières….et des dauphins que nous retrouvons avec plaisir

Les couchers de soleil sont magnifiques

Au matin du dernier jour de traversée la cote est en vue et nous avons un passager sur le balcon avant

A l’arrivée à Salvador contraste est saisissant :

Nous rentrons dans le port après 12 jours et 1h de traversée, en ayant parcourus 1900 milles vers 13h local. Nous sommes un peu fatigués, un peu sonnés, mais contents d’être arrivés.

On la faite cette traversée mythique. Certaines des mes illusions sont tombées …mais je ne suis pas la seule : échanges de mails entre filles

Monique de Getaway : J’essaye péniblement d’assurer le quotidien, je suis en train de faire de la compote de banane, en attendant le vent d’Est !>En effet les conditions de nav ne sont pas sympa, bon plein réduit la nuit. Hey Xavier je croyais qu’une transat ça se faisait les doigts dansle nez, bon j’ai enlevé les doigts

MOI : Monique tu as raison, à moi non plus on ne me l’avait pas vendue comme ça la transat ….on ira toutes les deux se plaindre à l’arrivée au voyagiste :-)

Dominique sur Matmat : …oui, ns déposerons plainte auprès des grdes instances pour non respect des conditions exposées … transat cool ,balade tranquille , faim / soif et libido surmultipliées , mer d ‘ huile ,vent constant ,sourire et décontraction d ‘un bout a l ‘autre …et ns paierons les frais d ‘ avocat avec le bouquin de cuisine acrobatique…..

Restent de belles images dans nos têtes