14.TRAVERSEE

Le 10 décembre cela fait un an jour pour jour que nous avons réceptionné Ylang-Ylang et pour anniversaire nous lui « offrons » la traversée de l’atlantique ! J’ai un petit flash back sur cette année : que de chemin parcouru ….

Petite baignade et nous décollons pour Salvador à 11h locale pour Salvador.

La descente le long de Brava est sympa avec du vent ¾ arrière, nous sommes accompagnés au début par un groupe de globicéphales : ils sont noirs, sans rostre et surtout moins joueurs que les dauphins.

Une heure plus tard c’est un groupe de joyeux dauphins qui nous escortent …ouah ça démarre bien

Mais le vent tombe assez vite et à 13h30 local on est sous le vent des iles dans une bulle de pétole.

Getaway décide de partir à l’est pour aller chercher le vent. Nous nous trouvons que la route à faire est trop longue par rapport au gain de vent donc nous restons sur notre trajectoire, nous nous perdons de vue.

Le lendemain matin sur le pont nous « récoltons » 4 poissons volants et 2 grillons.

Nous commençons à prendre le rythme : je relève mes mails par satellite dans la matinée, je gère les urgences et surtout les mails des 2 bateaux-copains. Matmat est partis 3 jours et une nuit avant nous et ses informations nous donnent une idée de ce qui nous attend. Le premier mail de Getaway les situe 35milles derrière nous, et même si Gilles ne le reconnaitra jamais je pense que nous avons choisit la bonne option.

Les 3 jours suivants nous avançons avec le parasailor, vent constant, nous faisons en moyenne 160 à 170 milles par 24H. Le cned avance

Pythagore et la révolution française accompagnent notre voyage

De temps en temps un oiseau venu de nul par tourne autour de nous…peut être est il né sur les Selvagems ?

Au matin du 4éme jour à 5h du mat pluie et le vent monte. On affale le parasailor. L’hydrométrie passe de 75/80° à 93° avec une température de 28°c ambiance sauna. Ca y est nous sommes dans la ZIC

La ZIC (zone intertropicale de convergence) : est la zone de basse pression où se rencontrent les alizés NE de l’hémisphère nord et ceux SE de l’hémisphère sud, le tout dans une température d’une trentaine de degrés. Les vents y sont faibles et de directions variées. La convergence de ces airs chauds et humides crée une grande instabilité qui se

caractérise par des grains orageux visibles de jour comme de nuit, accompagnés de rafales de vents dépassant rarement 35 nœuds durant quelques dizaines de minutes.

En pratique, la ZIC est une zone en forme de doigt pointé vers le nord du Brésil depuis la côte africaine. La taille et la position de ce doigt varient. La ZIC est plus basse en hiver qu’en été. La stratégie de traversée est de partir sud pour traverser la ZIC à l’endroit le plus étroit (en fonction des fichiers météo gribs du moment) et à la sortie de la ZIC profiter des vents et coutants venants(en principe) de nord est.

Nous avons de la chance à 11H il fait beau à nouveau, et nous avons l’impression que c’est déjà finit ! (cadeau du père Noel avant l’heure ?)

C’est le moment que choisissent les bananes pour murir …toutes en même temps

Je me lance dans la fabrication d’un gâteau bananes : résultat 2000 cal à la bouchée, idéal en ration de survie ! Nous n’arriveront jamais au bout.

Heureusement je sauve mon honneur de cuisinière avec un chutney bananes-mangue.

En fait nous ne sommes pas tout à fait sortis de la ZIC, après les étoiles de la nuit le petit jour sera pluvieux et la matinée nuageuse. Ce jour là nous feront notre meilleur score de la traversée : 187.23 milles mais les conditions deviennent plus dures : la houle est ¾ avant le bateau tape nos estomacs s’accrochent, nous mangeons moins, les activités se ralentissent

Le bateau continu de taper dans la mer jusqu’au lendemain.

Nous passons l’équateur, admirez la latitude à 0°00. Nous aurions dû suivant la tradition remercier Neptune en lui faisant une fête (qui permet d’avoir une raison supplémentaire de boire un coup) mais le cœur et surtout l’estomac n’y est pas

Stress du jour : la pompe de cale se déclenche à plusieurs reprises, l’eau est salée, voie d’eau ? Martial finit par comprendre que le joint du hublot avant qui est pincé ne fait pas son office et laisse rentrer l’eau. On sera quitte pour un grand nettoyage à Salvador. Nous abattons (direction plus ouest) pour rendre la route plus confortable au bateau et à son équipage. Nous sommes quasiment au prés sous génois et un ris dans la GV (pour les voileux).

Heureusement petit à petit le temps se calme, le vent tourne plus Est, nous pouvons reprendre une route plus Sud. Le cned redémarre, l’appétit aussi.

10 jours après notre départ le vent tombe et nous sommes obligés de faire route au moteur, nous sommes à 40 milles de Macéo au nord de Salvador. Nous croisons pas mal de barques de pêche qui n’ont pas d’AIS mais plus ennuyeux invisibles au radar.

Le lendemain nous naviguons au milieu des plateformes pétrolières….et des dauphins que nous retrouvons avec plaisir

Les couchers de soleil sont magnifiques

Au matin du dernier jour de traversée la cote est en vue et nous avons un passager sur le balcon avant

A l’arrivée à Salvador contraste est saisissant :

Nous rentrons dans le port après 12 jours et 1h de traversée, en ayant parcourus 1900 milles vers 13h local. Nous sommes un peu fatigués, un peu sonnés, mais contents d’être arrivés.

On la faite cette traversée mythique. Certaines des mes illusions sont tombées …mais je ne suis pas la seule : échanges de mails entre filles

Monique de Getaway : J’essaye péniblement d’assurer le quotidien, je suis en train de faire de la compote de banane, en attendant le vent d’Est !>En effet les conditions de nav ne sont pas sympa, bon plein réduit la nuit. Hey Xavier je croyais qu’une transat ça se faisait les doigts dansle nez, bon j’ai enlevé les doigts

MOI : Monique tu as raison, à moi non plus on ne me l’avait pas vendue comme ça la transat ….on ira toutes les deux se plaindre à l’arrivée au voyagiste :-)

Dominique sur Matmat : …oui, ns déposerons plainte auprès des grdes instances pour non respect des conditions exposées … transat cool ,balade tranquille , faim / soif et libido surmultipliées , mer d ‘ huile ,vent constant ,sourire et décontraction d ‘un bout a l ‘autre …et ns paierons les frais d ‘ avocat avec le bouquin de cuisine acrobatique…..

Restent de belles images dans nos têtes

13.BRAVA

Partis à 13h de Mindelo, on arrive à 8h30 au mouillage à l’ouest de Brava. La traversée a été un peu pénible avec une houle de travers, rendant le bateau inconfortable, mais le mouillage à Faja da Agua est magnifique :

Il y a du monde au mouillage, Gilles de Getaway trouve que c’est pas sécur’ , dommage….

On reprend une heure de mer de face pour aller se mouiller dans le « port » de l’ile Furna au Nord Est

Ils sont en train de refaire le quai pour les cargos et nous sommes dans les marteaux piqueurs et autres tracte au-pelle merci Gilles

Le Cap Vert a un très grand nombre d’expatriés et ils envoient des cadeaux pour Noël : ils attendent l’arrivée d’un cargo et se dépêchent de finir-sécuriser le quai. Ils travaillent jusque tard dans la nuit 1H du mat !!) et nous profiteront de cette ambiance sonore ….merci Gilles

Brava est la plus au sud ouest de l’archipel et c’est la plus petite (64km²) à être habitée en permanence. Elle a un relief élevé et pour beaucoup c’est la plus belle ile, verte et fertile de l’eau et des cocotiers d’un coté et aride et désolée au sud.

Le coté positif c’est que c’est plus facile de débarquer et qu’à terre il y a Albert un Cap Verdien qui nous a aidé à amarrer nos bateaux mais surtout qui parle très bien Français. Il nous servira de guide tout le lendemain …merci Gilles

Albert nous attends le lendemain avec un aluger. Il a l’habitude de balader des touristes en bateau ou en randonnées.

La ballade démarre par la capitale Vila de Nova Sintra construite par des portugais avec ses grandes maisons et ses grandes rues, pleines de verdure

La ballade continue

Ils ont taillé la route directement dans la montagne

Impressionnant non ?

Notre premier mouillage vu du haut

Albert explique à Martial que pour 10000€ on a un terrain et pour 20000€ on a la maison ici….ça vous dit ? vue mer imprenable….

On passe par une piscine naturelle, couleur de l’eau ….translucide, turquoise…on en boirait !

la vie s’écoule paisible…..

Sourires d’enfants à qui on a offert des petits jouets et de leur maman qui brode des nappes pour les vendre

Visite d’une fromagerie : je suis impressionnée par la propreté. On leur achète des petits fromages de chèvre en toute confiance

Après un repas dans une auberge locale, retour aux bateaux. Avec regrets je quitte Albert notre guide du jour, j’aurais bien passé quelques jours de plus pour qu’il nous fasse faire des randonnées et encore mieux comprendre son ile ….mais nous voulons être à Noel au Brésil et nous avons encore de la route.

L’eau est tellement belle que nous décidons de prendre une journée de repos-baignade avant le grand saut.

Nous décidons de partir pour une crique aux fonds de sable que nous a indiqué Albert. Nous arrivons à la tombée de la nuit dans une crique occupée par des pécheurs.

Le lendemain, PMT (Palmes, Masque, Tuba) : les fonds sont très poissonneux, on peut même observer des tortues.

Les pécheurs veulent nous vendre du poisson, des fruits : j’achète des bananes et des papayes qui accompagneront notre traversée. On est dimanche et les enfants du village voisins descendent dans la crique pour se baigner . Evidemment nous sommes l’attraction du jour, ils viennent à notre rencontre à la nage

Nous avons vite un attroupement à l’arrière du bateau

Martial gonfle le stand up paddle, les plus grands essayent de tenir debout, les petits s’en servent de plongeoir.

La bonne humeur et les rires d’enfants nous envahissent. Adrien qui d’habitude a du mal à communiquer avec des étrangers se jette à l’eau (dans tous les sens du terme) et échange des rires, des sourires, deux mots espagnols et 3 anglais.

Un grand moment de bonheur partagé

Les tous petits qui ne savent pas encore nager n’ont pas résisté : ils arrivent tout nus avec en guise de bouées un bidon d’eau et des bouteilles vides

Dans l’excitation générale ils laissent s’échapper leurs flotteurs. Au moment du retour on n’a pas le cœur de les laisser se débrouiller seuls et Martial va les raccompagner à la plage

Mais le « bus de ramassage » se chargera au fur et à mesure très discrètement ….

Martial a du mal à finir le voyage.

C’était un moment de joie et d’échanges qui restera dans nos cœurs

Nous retournons dans notre tout premier mouillage pour préparer notre traversée.

Adrien est fier d’avoir su créer un contact

Le régime de bananes est à poste, nous sommes prêts pour la traversée

Nous quittons le Cap Vert avec des regrets : nous serions bien restés plus longtemps, le temps de faire des randonnées, des plongées, mieux découvrir leur musique, de prendre des cours de guitare pour Martial, d’échanger encore des sourires …. « Petit pays je t’aime beaucoup » chantait Césaria …nous aussi

12.Mindelo

Nous décollons de Santa Luzia en début d’après midi pour rejoindre Mindelo par le Nord de Sao Vincente.

CARTE mindelo

Nous galérons moteur à fond contre le vent et le courant pour remonter jusqu’au nord de Sao Vincente heureusement que la route est courte.

Arrivée au mouillage de Mindelo vers 17h

En démarrant ces lignes je me rends compte que j’ai peu de photos, que ce sera difficile de retranscrire Mindelo. Ce n’est pas un endroit magnifique mais quelle ambiance, que de beaux souvenirs dans cette petite ville.

Après une journée passée au mouillage, nous nous mettons à quai. La marina est construite sur des pontons flottants reliés entre eux avec aucune protection face à la houle de la baie. Plus on s’éloigne du point d’attache à terre, plus le mouvement des pontons est amplifié, associé à une météo assez mouvementée …il y a eu des jours où j’ai eu du mal à marcher droit sur les quais (état biture avancée++ dès le matin !). Cette marina a été crée par des allemands : l’organisation est efficace et sans concession.

Au fur et à mesure la marina s’est remplie, c’est LE coup de feu de l’année pour eux : que les bateaux aillent sur l’arc Antillais ou en Amérique du sud tous ceux qui sont dans les parages veulent passer les fêtes de fin d’année de « l’autre coté ». C’est une ambiance que je n’avais jamais rencontré sur des quais (et pourtant cela fait longtemps que je traine mes bottes dans des ports). Tous les bateaux ici sont de passage. Tous ont déjà fait un long voyage depuis l’Europe (80% sont Français, les 20% restant sont Autrichiens, Norvégiens, Anglais etc.…). Tous ont une histoire, une anecdote à raconter. Tous (ou presque) ont quelque chose à réparer, à améliorer en vue de la traversée. Tout le monde à un copain ou un voisin pour lui donner un tuyau ou un coup de main. Il règne une joyeuse effervescence. On est loin de la crise économique, des problèmes politiques, de l’hiver et du froid qui rentre en France.P1010537.JPGP1010536.JPG

Ca c’est la vue que l’on a du bateau à quai sur la ville.

 

 

 

 

 

 

  •  Nous n’échappons pas aux réparations :

-A Tarrafal Martial s’est rendu compte que notre hélice bâbord bouge. Avec l’aide de Gilles il la démonte sous l’eau : un boulon de l’axe s’était débloqué, entrainant un jeu. Tout est remonté et tient bien maintenant.

– Le réparateur Raymarine (qui est aussi le fondateur de la marina) est installé dans la marina. Comme à Lanzarote il vérifie tout, tout est bon …il va demander à Raymarine par email…nous n’aurons jamais la réponse (coupure de jus, perte de ses emails etc…et surtout débordé). Pour les non marins, Raymarine est la marque de notre AIS que nous cherchons toujours à faire réparer.

-L’électricité du port est faible : la machine à laver a du mal à tourner sans faire sauter le disjoncteur. On décide de lancer le groupe pour enfin finir la machine. Rien à faire .Gilles et Martial démontent, nettoient, remontent, redémontent…rien à faire. On fait appeler l’homme le plus demandé de la Marina « César », LE mécano. Il recommence : démonte, nettoie remonte… rien. Il part avec un injecteur pour le nettoyer « à l’atelier ». Le lendemain son emploi du temps de ministre lui permet de tout remonter qu’en fin de journée. Et très péniblement le groupe se remet en route. Nous partons 2 jours sur Sao Antao avec un doute …et au retour le lundi matin le canard était toujours vivant et le groupe en panne ! César ô César est dépassé et appelle donc un copain qui vient après son propre boulot. Et oh miracle, il trouve qu’un ressort de l’ouverture de gazole reste bloqué, n’alimentant pas assez le moteur ! Là seulement on pousse un ouf de soulagement, on a vraiment trouvé le Pb. Il faut savoir que sans le groupe on n’est pas autonome en énergie, les panneaux ne suffisent pas.

  • Du coté des femmes on se refile les adresses : une bonne boulangerie, marché aux légumes, marché aux poissons… tu as vu du beurre quelque part ? Je suis très agréablement surprise de tout ce que l’on trouve à Mindelo.

P1010528.JPG P1010529B.jpg

Bien sûr on ne trouve pas de baguette à l’ancienne à la boulangerie mais on s’est régalé de petits pains à la farine de mais. Contrairement à ce qui est annoncé dans les guides on trouve des yaourts (avec toutes sortes de parfums, morceaux de fruits, 0%, etc.….) délicieux qui ont le gros avantage d’être de longue conservation (comme chez nous le lait) même pas besoin de les garder au frigo !! J’en fais un gros stock en me demandant pourquoi ils n’existent pas dans nos pays modernes.

Au marché aux poissons j’ai acheté une grosse tranche de thon rouge (2 repas à trois) pour 4€ !! Évidemment péché le matin même.

J’ai aimé aller acheter les légumes : on trouve là aussi beaucoup de produits (j’ai acheté des avocats magnifiques, des radis roses, pommes, poires etc.….) Les vendeuses sont assises sur les trottoirs, avec leurs bassines débordantes de couleurs, le tout dans une délicieuse odeur de coriandre et dans une ambiance bon enfant.

Même l’achat de la bouteille de butagaz a été un plaisir : je repense à notre dernière bonbonne achetée en France avant notre départ à 26€, tout en payant 5.80€ avec en prime le sourire d’un beau cap verdien.

  •  Les soirées- resto. : on y a surtout mangé du poisson, langoustes. Les prix sont très abordables.

P1010535B.jpg P1010534B.jpg

Un des incontournables Pica-Pau dont les murs sont recouverts de petits mots de compliments de convives venus des 4 coins du monde.

Le nautical club à la sortie de la marina où tous les soirs un petit orchestre vient jouer. Nous y sommes allés pour manger, et nous y sommes retournés pour boire un verre en écoutant la musique …cela vaut bien tous les programmes de star académie.

La veille du départ on mange chez Loutcha qui organise 2 fois par semaines des soirées cap verdiennes.

P1010654B.jpg

Le repas était très bon mais ce qui m’a impressionnée c’est la qualité musicale. C’est largement du niveau de certains concerts sur la cote d’azur où l’entrée est payante.

Après le repas nous discutons avec un couple d’habitués : des Français installés à Mindelo. Ils sont venus pour la musique, sont devenus amis avec Césaria Evora. La larme à l’œil en nous parlant de l’hommage qui va lui être rendu à l’occasion de l’anniversaire de sa mort. Ils nous confirment ce que nous avions déjà compris : la qualité de vie, de la musique, la gentillesse des gens . Eux en tous cas ne veulent plus repartir.

  •  La vie sur les quais : Adrien se ballade sur les quais avec les autres enfants. Ils sont invités à visiter les bateaux dès qu’ils posent des questions.

P1010672B.jpg Visite de Thétys (magnifique bateau) par les enfants

P1010679B.jpg

P1010678B.jpg

P1010676B.jpg

Visite du « bateau de pirates »

P1010671B.jpg

P1010681B.jpg

Adrien et Alexis de Tiplouf

Un petit groupe se forme et ils s’organisent une soirée spéciale ados (pendant que les parents sont au resto.) pizza-coca !! La fête.

Je retrouve avec joie le couple de Québécois rencontrés aux Selvagems : on se prend des nouvelles, on se raconte les difficultés, les escales.

P1010651B.jpg P1010652B.jpg

Des pécheurs nous vendent même des langoustes sur le quai.

  •  Le départ : Le tempsest propice au départ. On est plusieurs à partir le même jour : Ulys et Jad pour les Antilles, Getaway et nous pour Brava (escale avant le grand saut pour le Brésil), Matmat nous a précédé de 24h sur Brava.

Sur le quai l’effervescence est à son comble, on échange les adresses (mail), derniers conseils, anecdotes, on s’embrasse, les larmes commencent à couler…

Au départ de Jad chaque enfant à une corne de brume dans la main et c’est sous un concert de klaxons qu’ils larguent les amarres

P1010664B.jpg P1010670B.jpg

Que de bruit, que d’émotions, que de souvenirs ….

Voila c’est à notre tour

P1010682B.jpg

Les derniers sourires d’enfants et nous pointons nos étraves vers le sud

Adrien a les yeux rouges ……

11.SAO ANTAO

Samedi matin on est 3 bateaux (Getaway avec Gilles et Monique, Matmat avec Xavier, Dominique et leur équipiers de passage Eric et Danielle et nous trois) soit une belle équipe de 9 personnes à prendre le ferry à 8h pour San Antao. Xavier qui a déjà fait le voyage sera notre guide pour une randonnée.

San Antao seconde ile de l’archipel par la superficie culmine à 1979m : grâce à des précipitations plus importantes qu’ailleurs Sao Antao a la plus importante production agricole. Je pense que c’est la plus belle avec à son Nord de profondes vallées spectaculaires et luxuriantes, contrastant avec un sud plus sec et peu élevé.

Après une petite heure de ferry, un aluguer (durement négocié) nous dépose au bord du cratère de Cova. Nous avons froid et nous sommes dans un brouillard épais (dommage pour la vue)

Nous commençons une longue descente.

Peu à peu le brouillard se lève et nous découvrons une vue digne de la cordillère des Andes.

 

Martial explique : Papayes, mangues, nèfles, manioc, cannes à sucre, maïs, haricots, café etc.…. al

 

Sur la descente on croise des paysans (pas ceux de la photo de gauche…regardez plutôt en bas) à qui on a acheté des beignets, des accras, des oranges et des bananes.

Super le snack sur la randonnée !

Et la ballade continue…

Notre aluguer est un beau pickup rouge.

Sur Sao Antao ils ont des bâches pour la pluie.

Il vient nous chercher au bout de 3h de marche et les plus sportifs (Xavier, Dominique et….ADRIEN) finiront la descente soit une bonne heure supplémentaire.

Il nous emmène le long de la cote nord vers notre hôtel

Notre hôtel (maison blanche face au port) est à Ponta del Sol pointe le plus au nord de Sao Antao. On a payé 30€ une chambre (simple mais propre et suffisante) pour 3 avec les petits déjeuners (copieux).

C’est une petite ville qui est le point de départ de randonnées d’où la présence d’hôtels et de restaurants dans ce coin du bout du monde.

Son petit port de pèche

Ils ont gardé de leur dernier carnaval un immense plongeur qu’ils ont mis sur un rocher à coté du port.

Un peu partout au Cap Vert on trouve des « salles »de sport ouvertes à tous et il n’est pas rare de voir des locaux (et parfois même des touristes !) s’y entrainer

Martial a beaucoup apprécié l’eau cap verdienne.

Le lendemain on se sépare : l’équipe de Matmat refait une randonnée (c’est beau d’être jeune et sportif), Getaway et nous reprenons un nouveau aluguer pour faire le tour de l’ile

Les arches que l’on voit sur cette photo sont celles d’un canal d’irrigation.

Les vallées sont profondes et escarpées, la lumière est changeante, c’est magnifique. La route passe à plusieurs reprises sur des crêtes de la largeur de la route : impressionnant

On repasse par le haut du cratère et on peut admirer le début de la ballade qui était sous le brouillard la veille.

Je suis toujours impressionnée par le travail que représentent toutes ces routes pavées.

Dans le ferry de retour (dimanche soir) on croise pas mal de cap verdiens venus passer le weekend sur Sao Antao.

En effet c’est une ile qui ressource, qui fascine, authentique. Et je comprends qu’on aime y revenir.

Et comme dirait Dominique : soignez vous bien, nous on s’occupe de nous !

10.SANTA LUCIA

Départ de Tarrafal à 8h pour Santa Lucia avec Getaway. Matmat reste sur Sao Nicolau encore quelques jours ce qui permet des vérifications d’AIS : on n’émet pas mieux qu’un mille alors qu’on réceptionne très bien et très loin. Curiosité : on réceptionne un cargo dont l’AIS est noté « échoué ». Et effectivement en arrivant vers 12h sur Santa Luzia il ya bien un cargo qui semble en état de marche, posé sur la plage Sud-est de l’ile ! On se pose mille questions…sans réponse….

Le mouillage se situe sur la cote sud ouest de l’ile, dans une baie peu profonde, devant une plage de sable blanc. C’est une ile de 35km² en forme de botte, inhabitée. Son sommet culmine à 395m. Quelques pécheurs campent de l’autre coté de la baie.

On se plonge avec délices dans l’eau (à 24°C) pour découvrir des poissons tropicaux : poissons flutes, poissons chirurgiens, papillons, murènes, etc.…

Le soir : barbecue sur la plage. Monique nous fait des brochettes de wahoo, délicieuses. On peut admirer le coucher du soleil, superbe. Nous sommes seuls au monde, sereins .

Il y a un petit rocher au milieu de la baie : on fait une expédition PMT (palmes, masque, tuba) le lendemain. La faune est riche et ayant une apnée déplorable je regrette de n’avoir pas pris de bloc.

Beau poisson coffre

Photos faites en apnée par Martial à 15m de fond !!

Il retrouve sa forme le capitaine.

 

 

L’ile que vous voyez derrière est Sao Vincente, capitale : Mindelo. Nous la rejoindrons avec regrets en début d’après midi.

Nous apprendrons plus tard que Santa Luzia est devenue une réserve et que certains bateaux qui sont passés après nous se sont fait virés par la police maritime ! Nous avons eu de la chance de pouvoir profiter de cette très jolie plage.

L

9.SAO NICOLAU

 

Départ de Boa Vista le lundi 19 vers 21h pour Tarrafal sur Sao Nicolau. Nous arrivons le lendemain vers 10h précédant de peu Getaway.

Sao Nicolao est très montagneuse, culminant à 1300m .Elle est donc plus humide et plus agricole que les iles précédentes. L’essentiel des cotes est formé de falaises escarpées. Notre mouillage, devant une plage de sable noir est magnifique.

Porto do Tarrafal est devenu une petite ville. L’économie locale est essentiellement tournée vers la pêche et on a vu des thons et d’autres grands poissons salés sur le quai. L’ile est moins touriste que les deux précédentes, les gens plus sympas.

Le soir de notre arrivée nous fêtons l’anniversaire de Michel (équipier sur Getaway pendant un mois).

Monique nous régale avec des lasagnes au thon (péché entre Dakhla et Sal) et on finit avec une tarte au coco et du champagne !

Ah !on vit une vie difficile J !!
Le lendemain nous prenons un bus local pour aller visiter Ribeira Brava, chef lieu de l’ile. Sur la route nous découvrons des paysages à couper le souffle.

Notre mouillage vu de la route

 

 

 

 

 

 

 

 

Place principale de Ribeira Brava centre de vie de la petite ville de 5000 habitants enclavée dans les montagnes.

Ne touchez pas à mes femmes !!

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la salle des fêtes ouverte sur un très joli jardin, la musique est très présente, sur le mur des photos d’artistes (Césaria Evora entre autres…)

 

 

 

 

 

 

 

Nous ferons un repas typique (sorte de ragout viande et de pommes de terres) mais dans cadre décalé :

Nous reprenons un bus pour aller visiter un village de pécheurs Préguiça sur la cote sud Est

 

 

Le bas du village est délabré mais c’est là que se concentrent la vie au moment où nous passons

 

 

 

 

 

 

 

 

Je distribue des ballons en échange de sourires…je suis largement gagnante.

 

I l y a quelques Cap Verdiens qui ont des yeux d’un vert improbable….ils sont magnifiques.

 

 

 

Retour aux bateaux. Le temps est bien dégagé et nous voyons les iles au loin : ilots Raso et Branco, Santa Luzia et même Sao Vincente .

 

La lumière est magnifique, il fait vraiment chaud et beau et on a l’impression que c’est la première fois que nos panneaux solaires peuvent travailler à fond.

Le soir on est invités pour l’apéro sur Matmat (super maramu comme Getaway et Ulys) et on fait mieux connaissance avec Dominique et Xavier. Nous passons une soirée sympa à parler de la suite de notre voyage : ils vont aussi au Brésil.

Le lendemain on prend un aluguer pour faire le tour de l’ile. On commence par l’Ouest

La route (comme la plus part au Cap Vert) est pavée et on découvre qu’elle n’est pas finie, obligés de faire demi-tour.

Des kilomètres de routes dont chaque pavé est posé à la main, un travail de mosaïque qui m’impressionne.


C’est une maison bleue accrochée à la montagne…

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain repos /cned. La mer s’est transformée en lac, on en profite pour se baigner

A midi après une balade en « ville »

Nous nous offrons un repas de langoustes arrosé de vino verde (vin blanc légèrement petillant)

 

Le tout nous a couté 20€/pers!!!!

Quand je vous dis que l’on a une vie difficile J

 

 

 

Nous partiront le lendemain de cette ile merveilleuse où nous avons découvert un Cap Vert authentique.

Un grand merci à Michel pour ses photos.

8.BOA VISTA

 

Le mouillage de Santa Maria étant assez agité, et comme on avait déjà fait le tour de l’ile, nous décidons de partir le vendredi pour Boa Vista l’ile au sud de Sal. Petite nav’ , nous arrivons en début d’après midi.

Le mouillage est agité, mais nous y retrouvons presque tous les bateaux rencontrés depuis notre départ de Madère : Jad, Reine de Sabat, Ulys, Matmat…et ceux qui ne sont pas encore là arriverons les 2 jours suivants. Certains viennent en direct des Canaries, d’autres du Sénégal.

Le mouillage étant assez agité, avec du vent, nous ne descendrons pas du bateau jusqu’au dimanche : nous ne laissons pas Ylang tant qu’il ne se tient pas tranquille

Boa Vista est une des iles la moins développée de l’archipel avec ses 3500 habitants. C’est la plus africaine par la situation (la plus à l’est) par son ambiance (c’est là que l’on rencontrera le plus de Sénégalais). Ses kilomètres de plages de sable blanc, ses excellents spots de planche à voile et kite attirent un nombre croissants de touristes.

Le dimanche matin nous descendons à terre mais tout est désert, tout est fermé.

Nous croisons les propriétaires de Thétys un grand catamaran. C’est un couple très sympathique qui a déjà fait un premier voyage jusqu’en nouvelle Zélande où ils ont vendu leur bateau précédent. Ils ont écrit un blog que je suivais dans mes moments d’évasion après mes journées de travail . Et c’est à ce moment là seulement que je réalise que je fais maintenant partie des navigateurs-voyageurs !

Nous finirons par trouver un restaurant (pour touristes) sur la plage où nous passons un bon moment.

Les bateaux au mouillage

Le soir Adrien retrouve Louis sur Jad et partent avec tout un groupe sur une plage pour faire du Skimboard. (planche en bois sur laquelle ils surfent les vagues qui repartent).Il en revient fou de joie et avec des courbatures.

Le lendemain après avoir cherché à louer des quads sans succès, nous prenons un « aluger » (se prononce alugueur) au grand désespoir d’Adrien. L’aluger au cap vert est une voiture que l’on peut « louer » avec son chauffeur. Dans le cas présent c’est un pickup avec 5 places à l’intérieur et des bancs aménagés dans la benne à l’arrière. L’ile est assez déserte et sèche mais ils font de gros efforts pour conserver et canaliser l’eau.

Nous partons pour un phare désaffecté sur la cote ouest d’où la vue est époustouflante.

Nous irons ensuite dans un village où il n’y a pas grand-chose à part un restaurant famillial avec menu unique et typique : poulet ou poisson accompagné de légumes ,riz et de « patatas fritas » pour le bonheur de Gilles et d’Adrien . Un régual

L’après midi Martial , Monique et moi passont dans la benne tandis que Gilles ,Michel et Adrien s’installent encore poussièreux de la matinée à l’intérieur.

Un oasis

Il faut savoir que toutes les routes sont pavées et qu’une benne de pick up c’est très mal suspendue . Martial a eu trés peur pour ses bijoux de famille ce qui a déclenché un fou rire mémorable. Ajoutez à cela qu’au milieu d’un désert avec une seule route on croise des panneaux improbables …et complexes.Martial est au bord de la syncope : sans les panneaux ,on serait perdu , obligé de demander aux chèvres (il n’y a que ça dans les parages). Et comme si cela ne suffisait pas tout au long de la route (unique je le rappelle) il y a des gros galets avec une flèche rouge indiquant que c’est bien tout droit…des fois que l’on ait des doutes . Je descends du pick up la téte pleine de poussière et mal au ventre du fou rire .

Retour à Sal del Rei la « ville » , ambiance africaine où les prix sont à la téte du client (avec notre couleur de peau on part avec un handicap) . Tout est très cher je ferais les courses au minimum

Nos annexes sont « gardées » par des enfants , leur nombre rend compliquée la distribution des pièces au retour.

Martial et Gilles en pleine négociation.

7.SAL

Dakhla

Sal

Départ du port de Dakhla Samedi à 8h, sortie de la baie en compagnie de Getaway et de quelques bateaux de pêche. Nous ne pouvons pas nous empêcher d’emmener 4-5 mouches en souvenir … que nous remercierons sur la route.

Parasailor monté vers 10h, affalé à la nuit. On croise pas mal de bateaux de pèche avec leurs centaines d’oiseaux tout autour.

Le lendemain on relance le parasailor, le vent forcit, la mer se creuse, les vagues sont l’ordre de 6 mètres heureusement par l’arrière.

Les surfs à 14noeuds deviennent banalité. Mais quand Martial voit s’afficher au GPS 19.6 noeuds là on serre les fesses, le bateau surfe dans des gerbes d’écumes au niveau des étraves de 2 mètres de haut : on n’est pas fiers. Ce jour là on a avalé 190 Milles.

La suite du voyage sera plus calme, la mer s’aplatie, le vent chute à 15 nœuds.

Le matin on ramasse les poissons volants, venus s’écraser sur le pont dans la nuit.

Arrivée à Sal notre

première ile du Cap

Vert (la plus au nord

Est)

L’archipel du Cap Vert est formé de 10 grandes iles et 4 petites, formant un fer à cheval ouvert à l’ouest de 4033km².Ce sont des iles volcaniques (la dernière éruption date de 1995 sur Fogo). Le Cap vert a toujours été pauvre (manque de pluie, déforestation etc.…) est aidée par la communauté internationale en particulier par l’Europe qui est son premier partenaire commercial. Le tourisme se développe aussi grâce à des plages magnifiques et des montagnes spectaculaires. L’archipel est en tête des pays d’Afrique de l’ouest en matière de qualité de vie.

Le Cap vert, anciennement portugais est indépendant depuis 1975, c’est un des rares pays d’Afrique à être devenu indépendant sans effusion de sang. C’est une démocratie stable.

Nous jetons l’ancre dans la baie de Palmeira le mardi à 17h, on est quasiment aussi collés que dans un port.

Pour info. le monsieur en bas de la photo a péché un petit requin.

Monique (de Getaway bateau rouge mouillé derrière nous) arrivée juste avant nous, prends une photo de nous 3 avant l’apéro.(il faut bien fêter notre arrivée )

Le lendemain matin les hommes partent à l’aéroport (très proche) pour faire les formalités d’entrée (heureusement beaucoup plus faciles qu’au Maroc)

L’après midi ballade au village .Les maisons sont joliment peintes

.

Les Cap Verdiens sont plus fins que les africains et sont très accueillants

Le taux d’alphabétisation est supérieur à 77% de la population surpassant de très loin ceux des pays voisins.

C’est l’ile qui se développe le plus au niveau touristique grâce à ses plages et ses amateurs de windsurf et kite surf (un championnat y est organisé chaque année)

Le lendemain nous décidons de faire le tour de l’ile en quad. L’ile fait 30 sur 12km seuls les 2/ 3 de l’ile est accessible.

Un grand merci à Michel qui fait équipe avec Adrien et qui le laissera conduire dans les coins déserts et grâce à qui Adrien a réalisé un de ses rêves.

Visite sur la cote est de Pedra de Lume village qui vit grâce à ses salines.

Les Salins du midi assuraient l’exploitation jusqu’à l’indépendance du Cap Vert. A l’époque on acheminait le sel jusqu’à la mer par un genre de téléphérique aujourd’hui désaffecté.

Tout est à l’abandon au bord de mer et hommes sont désœuvrés

Le sel se forme naturellement dans un ancien cratère volcanique par infiltration d’eau de mer

L’accès se fait par un tunnel creusé en 1804 à l’intérieur du volcan.

Ensuite très belle ballade sur la cote est déchiquetée et déserte

Et visite du St Tropez mode cap verdienne : Santa Maria au sud où nous avons loué nos quads

Notre première ile cap verdienne nous laisse de supers souvenirs et paysages dans la tête et …

Adrien est ravi de son expérience