5.TENERIFE

Départ de Lanzarote le vendredi 28 Octobre vers 18h.Nous ne voulons pas trainer, du mauvais temps est annoncé pour le lundi suivant et nous voulons rejoindre nos « bateaux copains ». Houle de travers et pratiquement pas de vent, la nuit se fera au moteur jusqu’au petit jour, au nord de Las Palmas (Gran Canaria). C’est l’ile la plus laborieuse des Canaries et cela se voit du large : cheminées d’usines, énormes serres, et barres d’immeubles. Nous aurons du vent entre Gran Canaria et Ténérife. Arrivée vers 20h30 à la marina de San Miguel après pas mal de doutes : la marina est récente donc mal signalée sur 2 de nos cartes et Isailor (sur Ipad) qui avait les détails décide de planter 2h avant l’arrivée (merci Apple). Harry et son fils (bateau Ulys) sont là pour nous aider, heureusement car il a fallu que je m’y reprenne à 3 fois pour mettre le bateau cul à quai avec un vent de travers.

Le lendemain pluie toute la journée …le CNED avance. Getaway n’est pas loin, Gilles et Pacha viennent voir le grand prix (d’Inde) sur notre TV. Visiblement Gilles est plus intéressé que Pacha.

Monique nous préparera un super tajine le soir.

Le lundi 29/10 (seule belle journée prévue à la météo cette semaine !)nous partons à la découverte de l’ile.

Tenerife est la plus grande ile de l’archipel. Le Teide (point culminant de l’Espagne) avec ses 3717m est (parait il) parfois enneigé, c’est un vaste cône volcanique.

Une bâtisse me fait penser à la Savoie.

Un téléphérique permet de monter au sommet, mais nous nous dégonflons devant la foule (au moins 2hde queue) qui profite du seul jour où le Teide est dégagé.

Nous redescendons vers Puerto de la Cruz, petite ville au Nord de l’ile. Sur la route on s’arrête dans un restaurant local où on nous dégustons un excellent poulet à l’ail accompagné de papas arrugadas (petites pommes de terre cuites à saturation de sel) délicieux.

Puerto de la Cruz est réputé pour ses balcons en bois.

La ville a un très agréable front de mer (où Manrique a œuvré)

Retour de nuit par les routes sinueuses de l’ouest de l’ile où Gilles nous montre ses talents de pilote automobile et Adrien lui manifeste sa joie en lui rendant son 4h.

Jusqu’à vendredi il tombera des cordes avec du vent fort. On en profite pour faire des courses pour les 2 mois à venir Le Maroc et le Cap Vert sont pauvres en supermarchés et approvisionnement. Ici c’est l’Europe avec Lidl, Auchan, Décathlon etc.… prise de tête pour tout calculer et tout ranger (il y en a plein la cabine « invités »)

Le CNED avance et entre 2 averses Adrien retrouve Louis (de JAD) et d’autres enfants pour faire de la trottinette.

Une dernière ballade à la Laguna sous la pluie

Les dernières courses se font sous un orage mémorable et nous décidons lors d’un apéro-briefing de partir le lendemain vers midi pour Daklha (Maroc) .Nous sommes à saturation de l’ambiance un peu trop européenne et surtout du mauvais temps.

Nous sommes un peu à un carrefour, des groupes se forment. Ceux qui trainent encore un peu dans les Canaries (et la pluie) pour descendre directement au Cap Vert (les plus nombreux) ceux qui vont à Dakar, remonte le Siné Saloun puis Cap Vert et Getaway et nous qui nous arrêtons à Daklha avant d’aller au Cap Vert. De toute façon tout le monde devrait se retrouver au Cap Vert.

Les préparatifs pour le départ et notre voisin de port (belle bête, non ?)

Les responsables du port ont brillé par leur absence, ce qui ne nous a pas trop gênés sauf qu’au moment du plein de gazole les pompes étaient vides !! Tant pis nous partons avec les réservoirs au ¾.

4.LANZAROTE SUITE

Dimanche 21 Octobre toujours synchrones (Ulys, Getaway et Ylang Ylang) partons pour un mouillage au sud d’Isla de Lobos (Petite ile entre Lanzarote et Fuerteventura).

Juste avant de mouiller on croise une tortue. Nous en reverrons plusieurs sur ce mouillage, elles sont des habituées du lieu. Nous retrouvons les catamarans déjà rencontrés à Madère et à Graciosa. Il y a pas mal d’enfants mais Adrien est dans les plus âgés. Il retrouve Louis (11 ans) sur JAD (Just A Dream) un lagoon 400.Dimanche soir apéro. sur Ulys. Le lundi après un Cned rapide et efficace (la motivation ça aide) les deux garçons jouent dans les vagues toute l’après midi. Le soir pas de berceuse pour dormir

Le temps est nuageux, Martial commence à regretter de ne pas avoir mis d’éolienne (nos panneaux ne rechargent pas assez, on est obligé de faire du groupe). Le temps aux Canaries me surprend : il fait frais le soir et la nuit on a souvent besoin d’une petite laine.

L’eau est « fraiche-bonne » et on ne traine pas. J’ai nagé une bonne heure mais j’étais en shorty. Le soir on dine sur Getaway. J’ai oublié de vous dire que Gilles et Monique ne naviguent pas seuls : ils ont Pacha un chat-chien que Gilles ballade à terre (il adore monter dans l’annexe) suit les nageurs dans l’espoir qu’ils lui ramènent du poisson (qu’il affectionne particulièrement) bref un personnage…. qui aime prendre de la hauteur

Pacha sous notre Bimini.

Le lundi matin, on a appelé un concessionnaire Raymarine sur puerto Caléro qui a le gros avantage de parler Français et rdv est pris pour mardi matin 10h pour qu’il diagnostique notre radar qui s’arrête toujours d’une façon aléatoire.

Départ donc le mardi au lever du jour pour Puerto Calero pour nous les autres bateaux continuent la route, rdv au sud de Tenerife. Mr Raymarine (Jan de son petit nom) restera de 10h à 14h pour tout tester. Bilan : il faut commander une pièce pour le radar (sous garantie et en express) quand à notre AIS qui n’émet pas à plus de 2M ,c’est plus compliqué ,il faut retourner l’appareil chez le fabriquant (Raymarine) ….bref c’est 15 jours d’immobilisation et le transport aller –retour à notre charge. Notre revendeur Lagoon ne pouvant nous aider (!!) nous gardons notre AIS en l’état (il marche très bien en réception) pour l’instant.

Mercredi 24 Octobre, journée au mouillage devant la plage de Quemada (1.5M au sud de Puerto Calero). CNED, orages, eau fraiche (seul Martial ira à l’eau et très rapidement).

Le lendemain on s’offre une nuit au port pour profiter de l’internet et de la superette.

Jan de Raymarine arrivera vers 16h le vendredi (ouf on a évité le retard qui « reporte à lundi ») et nous montera la pièce.

Jan est un homme très sympa . (et très compétant) qui en plus de parler 4 langues couramment a beaucoup navigué. Il nous parle de son expérience du Brésil et de la mer …une belle rencontre en plus d’une bonne réparation (notre radar fonctionne normalement maintenant)

Nous partons dans la foulée (vers 18h) directement pour Ténérife.

3.LANZAROTE

Le 17 Octobre les 3 bateaux (Ulys, Getaway et nous) lèvent l’ancre avec un très beau synchronisme direction le sud de Lanzarote. Le vent est faible voir nul, nous naviguons en parallèle avec Getaway cela nous permet de faire des photos de leur bateau (….et vise versa)

Mouillage devant la marina Rubicon et apéro. sur Getaway, rencontre avec Matmat un autre Amel.

Le lendemain nous décidons de renter dans le port. La marina décide elle-même de la longueur des bateaux  (pour nous ce sera 0.80cm de plus que la longueur indiquée sur l’acte de Francisation ! pour certains c’est pire).Heureusement que leurs tarifs sont favorables aux catamarans.

Le vent monte, on a des trombes de pluie le restant de la journée (le guide indique : c’est l’ile où il ne pleut jamais !).Cned à fond (on a déjà 2 jours de retard sur les premiers devoirs). Getaway (Supermaramu rouge) viens nous rejoindre, on décide de louer une voiture ensemble pour visiter l’ile. Soirée avec les 3 équipages dans la pizzéria du coin.

Le vendredi 19 les premiers devoirs du Cned sont bouclés à 12h (Ooouf !) et la pluie s’est arrêtée. L’après midi et le lendemain nous visiterons l’ile avec Gilles et Monique (de Getaway)

Plutôt basse par rapport aux autres iles de l’archipel, composée d’une multitude de cônes volcaniques arrondis Lanzarote dégage un charme particulier. Impossible de visiter Lanzarote sans (re)découvrir César Manrique. C’est un enfant de l’ile, artiste et architecte dont la préoccupation était la conservation du patrimoine naturel de l’ile .Son idée maitresse est l’intégration de l’art dans la nature et est à l’origine d’une réglementation harmonisant toutes les constructions et limitant la croissance urbaine.

La visite démarre par une vue magnifique sur des marais salins

puis le Lago Verde les eaux, verdies par une importante concentration de phytoplancton, sont retenues par un banc de sable au creux d’un ancien cratère effondré.

Ensuite la route traverse une vaste étendue couverte de cendres volcaniques et constellée d’alvéoles, les zocos. Des milliers de murets de pierres sèches disposées en arc de cercle qui protègent les plantations de l’alizé. Beaucoup de champs sont recouverts de lapilli (fragments de lave) qui ont la particularité de retenir l’humidité de l’air (sur une ile où paraît-il il ne pleut pratiquement pas)

Sur la route Gilles gagne le cœur d’Adrien avec un « moustache bien grasse » (muchas gracias) désormais célèbre. Fou rire assuré.

Après une dernière averse nous découvrons un point de vue magnifique sur Grasiosa

La soirée se finit à Arrecife dans le restaurant du musé du vin : nous y dégustons du fideua (paëlla où le riz est remplacé par des pates type vermicelles) arrosé de Malvoisie (vin produit sur l’ile : excellent)

Le lendemain direction le parc de Timanfaya

En 1730 Lanzarote est ébranlée par une énorme secousse. Le massif montagneux nait prés de Timanfaya. Durant 6 ans les « montagnes de feu » ne cessent de vomir des flammes submergeant d’une mer de lave le tiers de l’ile. En 1824 nouvelle éruption qui détruit qui ravage l’ile.

Un bus nous fera découvrir sur un parcours de 14km des champs de lave et de très beaux points de vue.

Rencontre insolite : une caravane de chameaux destinée à faire visiter le volcan aux touristes.

Retour au restaurant du volcan (dessiné par Manrique)

Si les volcans se sont endormis depuis 2 siècles, les entrailles sont encore en feu.

Les petits cailloux au sol sont (très) chaud ….n’est ce pas Adrien ?

Volcan Timanfaya CLIC CLIC  le monsieur explique qu’en jetant de l’eau froide en 2 secondes elle est passée en vapeur d’eau , tellement le sol est chaud.

La viande du restaurant est cuite directement avec la géothermie

Nous déjeunons au restaurant mais à la fin du repas les pieds nous chauffent

L’après midi visite des Cueva de Los Verdes. Ce sont des galeries formées par la lave où les premiers habitants des Canaries (les Guanches) trouvaient refuge contre les pirates et les chasseurs d’esclaves.

Attention Martial ……

Le fantôme est un dessin naturel

On finit la ballade par la visite de la maison de César Manrique. A l’entrée un mobile qui tourne au vent et sa voiture

En sous sol César Manrique a créé des salons dans des galeries naturelles .

Les salons sont au frais dans des bulles de laves formées lors des éruptions du 18eme s.reliés entre eux par des couloirs perçés dans la roche.

une petite piscine au soleil

La visite se termine par cette magnifique fenêtre en trompe l’œil.

1.SELVAGEMS


Voilà notre route au départ de Madère. On voit notre route (en violet) passant devant les iles désertas et le tout petit point en bas où notre route fait un angle ce sont les iles Selvagems

Départ de Madère aprés le repas 14h30 . La lumière est magnifique ,cela fait du bien de reprendre la mer


Une demi-heure après le parasailor est en place. On avance à 6 – 7 noeuds . Le radar s’arrête au bout de 20mn malgré le changement de cable !!! Navigation calme, cned houleux .La nuit le vent tombe, on garde le parasailor appuyé au moteur.

Les Selvagem qui dépendent de Madère sont une réserve naturelle et un sanctuaire pour les oiseaux. Selvagem Grande est la plus grande des iles avec 2.5 Km². L’ile est un plateau encadré par d’abruptes falaises .Bien qu’elle paraisse sèche est aride l’ile a en fait un peu de végétation et abrite de grandes colonies de pétrels de Madère et des puffins cendrés .En l’absence de prédateurs naturels, les oiseaux sont peu craintifs. Jadis les pêcheurs venaient sur l’ile pour récolter les œufs.

 

On arrive le lendemain samedi 13 vers 19h sur Selvagem Grande


Le mouillage est travers à la houle avec peu de protection. Là on apprécie d’avoir un catamaran. La vue à terre est un peu décevante mais il y a effectivement beaucoup d’oiseaux qui tournent en mer. On s’apprête à apprécier le coucher du soleil (aux couleurs magnifiques avec en fond sonore le cri des oiseaux) quand arrive un bateau de pécheurs qui mouille à coté, laisse son moteur et ses phares allumés toute la nuit : YESSS!!! . On apprendra le lendemain que la pêche est autorisée au delà des 200m de profondeurs et comme on se trouve à 155 Miles de Madère les pêcheurs ne rentrent pas tous les soirs.

Le lendemain on décide de faire un tour à terre

 

 

A droite de la photo la maison des gardiens (ils sont en permanence 2 sur l’ile : un mois sur l’ile ,un mois à terre ) est blanche . A gauche la maison des « propriétaires » de l’ile. Martial décide de partir en annexe sans moteur ….heureusement car l’arrivée sur le débarcadère est sportive avec le ressac et même avec l’aide d’un

 

 

 

 

gardien nous galérons pour remonter l’annexe

 

 

Petit café pour nous remettre de nos émotions. Nous attendons les autres équipages présents pour faire le tour de l’ile avec un gardien. Cela nous laisse du temps pour discuter avec 4 scientifiques présents pour 3 semaines. Les scientifiques sont des gens qui nous rendent passionnants des choses dont vous n’aviez pas l’idée 5mn plus tôt. Une des femmes s’occupe des parasites contenus dans les poissons et on apprend qu’il y a de la cigutera sur l’ile (moi qui croyais que c’était une spécialité tropicale). Un autre qui en plus parlait bien français nous explique qu’il étudie la radioactivité naturelle (et pas dangereuse s’empresse-t-il de rajouter) présente sur l’ile (poussières d’étoiles).

Et surtout ils nous parlent de l’ile : il y a 7 sortes de pétrels ici, vous allez voir des petits partout, ce sont des oiseaux qui une fois adultes reviennent à terre qu’après 7 ans pour procréer à leur tour. Les parents font l’aller retour dans la journée jusqu’ aux Canaries pour nourrir leur petit (ils leurs ont mis un petit capteur pour les suivre) et parfois jusqu’ au Cap Vert en 72 h. Ce sont des oiseaux magnifiques qui volent vite

Il y a aussi présent un couple d’anglais qui nous sont présentés comme les propriétaires de l’ile. Le père du Monsieur est tombé amoureux de cette ile et a voulu la protéger en y faisant une réserve. Il a commencé par acheter les droits de chasse (les puffins étaient chassés par les pêcheurs pour être vendus aux Canaries). Puis ils ont obtenu l’interdiction de pêche au dessus des 200m. Profitant d’un désordre politique sur Madère, les pécheurs par vengeance ont tout détruit sur l’ile, les maigres installations et des milliers d’oiseaux. Finalement en 1982 il a réussit à racheter l’ile pour 7500€ (à une banque) et avec l’aide du gouvernement de Madère à maintenir la réserve. Son fils poursuit ses efforts en demandant en 2003 une inscription au patrimoine Mondial de l’Unesco mais cela n’a pas encore été accepté.

La balade démarre par une bonne grimpette pour arriver sur le plateau. Et effectivement ils y a beaucoup de petits.

 



Nous sommes en balade avec deux c couples: un Belge et l’autre Québequois. Les 2 sont très sympas et naviguent sur des bateaux d’une dizaine de mètres beaucoup plus spartiates que le nôtre.

 

 

La vue est magnifique d’en haut



Notre mouillage est bien surveillé !!

 

 

 

 

 

Joli nez non ?

 


Un nouveau né ….(à droite…non pas à gauche J)


 

On a fait toute la balade avec Selvagem le chien permanent qui porte le nom de l’ile. Retour au bateau et pendant que je cuisine Martial et Adrien repartent à la nage (malgré la houle) acheter des T- shirts et offrir une bouteille de rouge aux gardiens. Ils font l’admiration de tous à terre, Martial se voit offrir un verre de blanc.

Dans l’après midi on invite pour le café nos partenaires de balade. On fait un peu plus connaissance. Un bon moment passé ensemble.

Nous levons l’ancre vers 18h30 de cette ile bien attachante.